Centre-ville

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C'est le cœur de la ville. Avant la conquète la ville était à peu près circonscrite à cet espace délimité par le Rocher.

Aujourd'hui le centre compte encore des quartiers anciens et des zones construites pendant la période coloniale au dépend du vieux bâti.

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Extrait d'un article paru dans le Soir d'Algérie.com du 29 octobre 2005

Entre la mystique des Aïssaoua et les vieilles pierres
Par Boubakeur Hamidechi

[...] Vieux centre de rayonnement religieux, le Constantine de jadis a laissé en legs un immense patrimoine de vieilles pierres que sont ses anciennes mosquées et dont certaines sont multiséculaires. Les restaurer pour en conserver quelques traces de cette mémoire citadine est justement une des missions de son ministère, que nul censeur des Habous n’osera contester l’utilité publique. C’est de cet art sacré dont il fallait s’occuper en priorité et non de ce cérémonial incantatoire. Celui-là est solidement inscrit dans l’architecture et l’urbanisme de la cité et ne contredit nullement la créativité profane de nos artistes. Il leur fournirait plutôt le bon levain pour réinventer une culture nationale. Lieux de culte d’un islam paisible, quand la spiritualité collective marchait d’un même pas avec la tolérance, ils incarnèrent longtemps les dernières citadelles d’une identité agressée. C’était à cette découverte qu’il fallait convier la ministre et dans ce voyage initiatique d’un autre genre qu’il fallait la guider. Hélas, les fonctionnaires de province, trop prompts à confondre le clinquant festif avec la nécessité de bien informer et de convaincre, ont eux-mêmes peur de l’austérité de ces lieux en ruines et du silence sépulcral de ces pierres perdues, pour les montrer et plaider leurs causes. Que faire, par conséquent, devant tant de faux-semblants artistiques et contre les infâmes escamotages de ces mauvais huissiers du patrimoine culturel ? Rien, si ce n’est donner quelques repères historiques de cet art sacré profondément inscrit dans la pierre avant tout… S’il l’on admet que la ferveur religieuse se mesure entre autres au nombre de minarets érigés, alors Constantine occuperait une place privilégiée. Qualifiée dans les chroniques d’il y a deux siècles de «ville aux cent mosquées», son nom est, depuis, resté associé à un certain rigorisme religieux. Souvent abusivement. Même si l’on fait abstraction de l’état actuel de pratiques religieuses, identiques un peu partout avec ses hérésies et ses tartufes, il reste que par le passé Constantine avait connu un épanouissement très grand de la diffusion de celle-ci. Il suffit pour cela de faire le recensement de génération en génération des grands bâtisseurs de mosquées. A la gloire de Dieu pour leur postérité personnelle, les beys de la cité se sont, chacun à sa façon, illustrés durant leur règne en parrainant un ouvrage. Plusieurs de ces mosquées ; aujourd’hui disparues, portaient la marque d’un goût artistique sûr, affirment les mémorialistes. Leur disparition fut essentiellement le fait de la barbarie des Français qui saccagèrent les lieux de culte avec souvent l’onction de l’Eglise. Il est vrai que la conquête coloniale ne fut pas seulement l’apanage des soudards. Placée sous le signe du «sabre et du goupillon», elle s’inscrivait dans l’esprit des croisades avec son cortège de profanations. Constantine et ses mosquées subirent tous les outrages de cette intolérance. Et, si une infime partie du patrimoine cultuel en réchappa, cela ne fut dû qu’à la résistance des populations locales excédées. De djâmaa el Kebir à la mosquée de Souq El Ghezal en passant par Sidi Abderahmane El Qaraoui, la ville garde de cet âge d’or quelques édifices pour témoigner de l’art musulman dans la région. Mais ce patrimoine se trouve aujourd’hui en piteux état, subissant régulièrement des «outrances» architecturales suggérées par des gestionnaires des habous remarquables surtout par leur ignorance crasse. Cependant, à côté de ces mosquées patinées ayant survécu au temps, combien d’autres ont elles définitivement été rasées ? Constantine à la veille de la colonisation en comptait des dizaines. Au hasard de la lecture des archives, nous avons retrouvé les traces de leur implantation. La «carte du culte» de la cité ayant été profondément modifiée sous l’incessante pression des urbanistes européens, il ne restait qu’à imaginer… ... Constantine, deuxième ville du pays en 1830 et capitale d’une province non encore soumise, sera dès 1837, date de son occupation, érigée en place forte. Les remparts seront renforcés et pourvus d’un chemin de ronde et toutes les constructions de la Casbah seront entièrement démolies pour faire place à une forteresse comprenant des casernes d’infanteries et d’artillerie ainsi que la prison militaire. Certaines demeures spacieuses telles Dar Ben Baba (actuellement Hammam Bencharif) et Dar Boubaaya encore existantes à ce jour seront réquisitionnées et serviront de casernement aux zouaves. Dans une région hostile où l’insurrection faisait partie du quotidien, les colonisateurs ne purent, pour s’installer, construire la ville coloniale en dehors des remparts à l’instar de beaucoup de villes du Maghreb. Et pour des raisons évidentes de sécurité, ils décidèrent de l’édifier à l’intérieur même des murs. Dès 1837, ils décidèrent la démolition totale de la moitié de la ville, c’est-à- dire tous les quartiers de la partie haute (la Casbah et Tabia) pour la construction de la ville européenne. Seuls le palais du bey Ahmed, qui servira de résidence au général de division, et la mosquée Hassan Bey, reconvertie en cathédrale échapperont à cette «conversion». Tout le tissu urbain (maisons, résidences, administrations) disparaîtra et même les zaouïas et mosquées par dizaines ne seront pas épargnées. C’est ainsi que l’on peut citer de nombreux lieux de culte qui ont disparu à jamais et dont quelques-uns font encore partie de vagues réminiscences des vieux Constantinois. Un peu plus d’un quart de siècle plus tard, vers les années 1860 – 1870, la colonie européenne, devenue plus importante et toujours cantonnée à l’intérieur des murs de la ville, se mit en quête de nouveaux espaces. Elle procédera alors à une deuxième série de démolitions ; dont la plus importante sera le percement de la rue qui porte aujourd’hui le nom de Ben M’hidi. Cela portera un rude coup au Vieux Constantinois. Cette voie, la plus importante de la vieille ville, partant de Bab El Oued pour rejoindre Bab El Kantara, coupant la grande mosquée (Djamaâ El Kebir dont il a fallu refaire la façade) et traversant la ville de part en part, nécessitera la démolition du quart de la cité et la population autochtone sera encore une fois refoulée vers ce qui reste ainsi de la vieille ville. D’autres quartiers, d’autres maisons, d’autres rues et d’autres mosquées et zaouïas disparaîtront à tout jamais. C’est ainsi que Sidi Abdelhadi (à l’entrée de l’ex-rue Nationale). Sidi El Khezri (près de la porte d’El Kantara) et Sidi Hidane (près d’Ech- Chatt) laisseront la place à des bâtiments européens. Ernest Mercier, un ethnologue local, poussera le cynisme jusqu’à écrire que des «hôtels à trois étoiles ont remplacé les mosquées délabrées ». Ainsi, la démolition des dizaines de mosquées n’était pas «purement mercantile» mais s’inscrivait dans une stratégie d’acculturation et de déracinement de la population. D’autres mosquées situées en dehors des quartiers démolis n’ont pas échappé, elles aussi, à la destruction. Il en fut ainsi de Djamaâ Rahbet Es Souf où l’on étudiait le droit et la théologie, démolie pour être reconvertie en hôpital civil puis en couvent de religieuses. Sidi M’Hamed El Djeliss sera transformée en école primaire (ex-école Jules Ferry), ainsi que Djamaâ El Djouza (ex-école Condorcet) et Sidi Chegfa (ex- école Arago). Sidi Remah et Sidi Saffar seront transformées en écoles de filles. Sidi Sebaini et Sidi Ali El Quafci subiront le même sort. Sidi Yasmine fera place au service médico-social et zaouiet Sidi Tlemçani servira de couvent aux sœurs du «Bon Secours». Près de la moitié des lieux de culte ont disparu à tout jamais en un laps de temps très court. Mais plus d’une cinquantaine ont survécu jusqu'à nos jours. Or l’état dans lequel ils se trouvent pose avec acuité la gestion du patrimoine et sa préservation. Autrement dit, les pouvoirs publics locaux sont-ils en mesure de les sauvegarder et les entretenir ? Il semblerait que la réponse soit non. Un exemple ? Un incendie avait ravagé un pâté de maisons au mois d’août 1984. Quelque temps après, les services techniques de l’APC vinrent démolir les carcasses des maisons brûlées sauf que dans leur zèle ils ont emporté le mausolée de Sidi Brahim Ben Maïza situé à quelques mètres du lieu du sinistre. Hier, cela se passait de tout commentaire amer et aujourd’hui encore, l’on se désole de moins en moins de la démission de la puissance publique. Pour Constantine, la messe était dite il y a de cela bien des lustres et Sidi Rached, son saint patron, n’y pourra plus rien pour elle désormais.

B. H.(1) Sur le sujet, citons le remarquable travail réalisé par Mohamed Bensegueni intitulé La barbarie des francs et dont nous nous sommes inspirés.

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