Le palais du Bey
Le palais de la division

 

Pour une description très complète du palais je vous propose un document datant de 1877 écrit par Charles Féraud et intitulé "Visite au Palais de Constantine".
Ce texte est illustré de nombreuses et très belles gravures.

Le palais du Bey en cartes postales

Une série de photos prises en mai 2005 par Jean-Michel Pascal et montrant
les travaux de rénovation du Palais

Une série de photos de Noui Kamel prises le 24 avril 2010


Plan du Palais
(extrait du livre "Constantine, une ville, des héritages)

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Ce palais est la trace vivante de la civilisation Ottomane. Sa construction fut entreprise en 1826. Inauguré en 1835 et ne tarda pas à être occupé par l'armée française et visité par Napoléon III.

Le palais Ahmed Bey (appelé aussi palais de la Division) occupe tout un côté de la place Foch (ancienne place du Palais, aujourd'hui place Si Haous). Ce vaste édifice (5609 m2) fut construit sur l'ordre du dernier Bey à l'emplacement de vieilles maisons accolées les une aux autres. Il fut terminé peu de temps avant la prise de Constantine par les Français.

Pour sa construction, Ahmed Bey eut recours à deux artistes réputés, El Hadj el-Djabri, originaire de la ville et le Kabyle El-Khettabi.
Les bâtiments d'ordonnance assez irrégulière s'organisent autour de deux jardins spacieux et de deux cours plus petites. Au milieu se trouve le kiosque du bey qui, éclairé de tous côtés par des fenêtres, permettait une active surveillance. C'est dans ce palais que le harem était logé.
Pour construire son palais, Ahmed Bey n'hésita pas à utiliser des matériaux de toutes provenances. Les colonnes et autres pièces de marbre furent achetées en Italie et transportées, par l'entremise du Génois Schiaffino, de Livourne à Bône, où les attendaient des caravanes de muletiers et de chameliers. Le bois de cèdre fut demandé aux tribus de l'Aurès et de la Kabylie. Les pierres de taille furent prélevées sur les ruines de l'antique Cirta. Cela ne suffit pas, et le bey réquisitionna tout ce que les principales habitations de Constantine possédaient de remarquable comme marbres, colonnes, faïences, portes et fenêtres. Le palais devint ainsi comme un musée des pièces les plus curieuses et les plus riches de la menuiserie et de la sculpture.

Guy de Maupassant en parle en ces termes :
"Mais nous voici devant le palais d'Hadj-Ahmed, un des plus complets échantillons de l'architecture arabe, dit-on. Tous les voyageurs l'ont célébré, l'ont comparé aux habitations des Mille et Une Nuits.
Il n'aurait rien de remarquable si les jardins intérieurs ne lui donnaient un caractère oriental fort joli. Il faudrait un volume pour raconter les férocités, les dilapidations, toutes les infamies de celui qui l'a construit avec les matériaux précieux enlevés, arrachés aux riches demeures de la ville et des environs."

Le peintre Horace Vernet, nous en a laissé, après sa visite de 1837, cette évocatrice description " Figurez-vous une délicieuse décoration d'opéra, tout de marbre blanc et de peintures de couleurs les plus vives, d'un goût charmant, des eaux coulant de fontaines ombragées d'orangers, de myrtes... enfin un rêve des Mille et Une Nuits ".

Le palais servi ensuite de résidence au général commandant la division de l'état-major et abrita les services de la direction du Génie, du bureau arabe divisionnaire, du conseil de guerre et du bureau arabe subdivisionnaire.
Un buste en bronze de Napoléon III rappelle le séjour que fit l'empereur dans ces lieux en 1865.

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Un article paru en mars 2004 (pdf)
Un article paru en avril 2005
Un article du 29 novembre 2006
Un article paru le 16 mars 2008
(pdf)
Un article du 18 mai 2008
Un article du 29 mai 2008
Un article du 16 juillet 2008
Un article du 22 janvier 2012

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Une présentation du palais du Bey de mai 2013

Le Temps d'Algérie - 7 février 2014

La polychromie du palais Ahmed Bey à Constantine : un voyage à raconter

La polychromie du beylicat de l'Est algérien orne, sur plus de 2.000 m2, les murs du somptueux palais d'Ahmed bey, situé en plein cour de la ville de Constantine.

Cette fresque constitue un authentique document de référence qui relate le récit d'un long périple du maître des lieux. Un lieu à même de servir de référence aux chercheurs universitaires, aux hommes de culture et aux historiens, estime Mlle Chadia Benkhalfallah, directrice du musée national public des arts et expressions populaires qui a pour siège le palais.

Selon cette responsable, cette polychromie, qui n'a pas encore livré tous ses secrets, permet la datation et la lecture des différents événements historiques tels que les batailles auxquelles avait pris part le Bey aux côtés du Dey d'Alger, ainsi que ses différents voyages au Moyen-Orient.

Elle constitue, en fait, un document à faire valoir et à mettre au service des universitaires, des étudiants, des historiens, des archéologues, des géographes, des urbanistes et autres architectes désirant acquérir des précisions en rapport avec l'époque et l'itinéraire parcouru et référencé par le dernier bey de Constantine, confie Mlle Benkhalfalleh à l'APS.

Sur cette étonnante fresque qui rend compte du périple entrepris par Ahmed Bey pour arriver aux Lieux Saints de l'Islam, l'on peut admirer Tunis et la Goulette, Tripoli, le port d'Alexandrie où mouillaient de luxueuses frégates et Le Caire avec ses mosquées.

Quoique altérée par la main intruse de l'administration coloniale qui y avait superposé six autres couches obstruant et dénaturant l'originalité de la première, qui reproduit les splendeurs de l'architecture orientale, l'ouvre s'étale sur tous les murs intérieurs du palais tel un album aux images riches et vives de bande dessinée grandeur nature et magnifiquement illustré.

Se contentant d'une interprétation de l'une des couches coloniales de cette polychromie qu'elle a étudiée et parvenue à lire en deux mois avec l'aide de certains cadres du personnel du musée, Mlle Benkhalfallah affirme que "Ahmed Bey avait entamé son voyage de 15 mois en 1818 alors qu'il était seulement Khalifa", c'est-à-dire 7 ans avant d'être désigné à la tête du Beylicat de l'Est.

Il avait pris le départ de devant l'actuel pont de Sidi Rached, apparent sur la fresque, pour rejoindre La Goulette et la ville côtière de Radès, en Tunisie, puis Tripoli, en Libye, pour passer par l'île de Djebel Hassan en Arabie Saoudite.

Les illustrations de cette ouvre d'art, digne des contes des Mille et Une nuits, montrent 44 étendards et drapeaux, trois mosquées, 78 espèces d'arbres, 36 voiliers, 66 frégates, de nombreuses maisons et différents types de bâtisses, simples ou surmontées de dômes, 69 minarets, 55 coupoles, 134 palmiers plusieurs expressions écrites dont 23 seulement sont lisibles, quatre espèces d'oiseaux, sept moulins à eau et à vent et quatre palais.

L'on y distingue aussi les Lieux Saints de Médine et de la Mecque ainsi que les villes de Djeddah, d'Alexandrie, d'Istanbul (reconnaissable par la Mosquée Bleue aux six minarets) d'El-Ismaïlia, d'El Qostas (Le Caire), l'île Khalki et l'île Kandia sur la mer Egée.

Tahar Richi


El Watan - 25 février 2014

Le Madjliss du Bey bientôt inauguré

La réalisation de la scénographie du diwan du bey est le fruit d'un minutieux travail, mené durant plus d'une année par une équipe de chercheurs, avec la collaboration d'anciens habitants de la ville et la direction du palais.

Le Madjliss, appelé aussi diwan, ou salle d'audience du dernier bey du beylik de l'Est, El Hadj Ahmed, qui a été reconstitué dernièrement, sera inauguré au mois d'avril prochain à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine qui se déroulera du 18 avril au 18 mai. L'information nous a été communiquée par Mme Chadia Khalfallah, conservatrice du musée public national des arts et expressions culturels traditionnels de Constantine (MPNAECTC). Une équipe composée d'historiens, d'archéologues, d'anciens habitants de Constantine, en collaboration avec le mouvement associatif et la direction du MPNAECTC, a travaillé pendant plus d'une année pour réaliser la scénographie du diwan, au sein du palais du Ahmed Bey, sis à la place Si El Haoues.

C'est dans cette salle que se réunissaient le bey et ses collaborateurs pour discuter des affaires du pays. La restitution de la mémoire du bey a touché plusieurs aspects de sa vie et de son entourage. L'équipe de chercheurs a élaboré des fiches techniques résumant les traits physionomiques et caractéristiques de plusieurs personnalités ayant fait partie du Madjliss, à l'exemple de Ahmed Bey lui-même, Benaissa, alias Bach Hamba qui occupait les fonctions de Premier ministre, Merzouk, nommé Bach Mokehldji, chef de la garde rapprochée du Bey, et Bach Kateb, secrétaire chargé de la rédaction des correspondances du Bey, notamment celles destinées au Pacha d'Alger, et de l'apposition de son sceau. Tous ces personnages revivront sous forme de figurines au Diwan.

Cette reconstitution a demandé, en outre, la réédification de l'héritage matériel du Bey «disparu après l'arrivée des Français», comme ses costumes, ses correspondances et manuscrits, ses étendards, son seau, son épée, son trône et bien d'autres objets. Cependant, grâce au savoir-faire de certains artisans de la ville, beaucoup d'objets d'époque ont pu être reconstitués pour être exposés au Diwan. Notons  qu'un livre dédié à la mémoire de Hadj Ahmed Bey sera prochainement édité par le MPNAECTC, nous apprend encore Mme Chadia Khalfallah.

O.-S. Merrouche


Le Maghreb - 13 mars 2014

Restauration : Lancement prochain de la polychromie du palais du Bey

Les travaux de restauration de la polychromie ornant les mûrs du palais Ahmed-Bey de Constantine seront entamés "dans 45 jours au plus tard", a indiqué avant-hier l'expert espagnol Maroç Roca, chef de ce projet.
S'exprimant en marge d'une visite de travail, effectuée par le wali sur les chantiers ouverts dans le cadre de la manifestation "Constantine capitale 2015 de la culture arabe", M. Roca a précisé que l'opération d'expertise menée sur cette polychromie, préalable à la restauration, "tire à sa fin".
Ces travaux jugés "très pointus" cibleront une superficie de 2.000 à 3.000 m2, a précisé l'expert ibérique, soulignant que des matériaux "nobles et appropriés" seront utilisés pour faire renaître ce palais cher aux Constantinois. Rappelant que l'opération de restauration de ce lieu historique s'inscrit dans le sillage des préparatifs de la manifestation culturelle que Constantine s'apprête à accueillir dans un peu plus d'un an, M. Roca a affirmé que le groupement espagnol chargé de ce projet "ouvrera efficacement pour restaurer le maximum de façades avant le lancement de cet évènement".
Le wali de Constantine, Hocine Ouadah, a insisté auprès des responsables du groupement espagnol chargé de ce projet "d'intégrer l'université de Constantine et l'École des Beaux-arts dans les différentes phases de restauration de la polychromie du palais." Il a estimé, dans ce contexte, que l'Algérie et l'Espagne qui "partagent plus de huit siècles d'histoire", devront aussi "partager l'expérience de restauration de l'un des monuments historiques et artistiques de l'une des plus vieilles villes du monde".
Un staff composé d'une trentaine de spécialistes espagnols dans l'art de la restauration des polychromies est à pied d'ouvre pour ce projet, a souligné M. Roca, précisant que ces spécialistes de "renommée mondiale" prendront également en charge les missions de formation des Algériens appelés à participer à ce chantier.
Lancée en construction en 1825 pour être réceptionnée 10 ans plus tard, l'ancienne résidence de luxe d'Ahmed Bey, dernier des beys de Constantine, est composée, entre autres, d'un rez-de-chaussée avec jardins et cours, d'un sous-sol, de 27 galeries et de 250 colonnes de marbre de diverses provenances méditerranéennes.

Racha R.


APS - 12 avril 2015

Le palais du Bey où les réminiscences de la splendeur de Constantine

Il ne fait pas de doute que le palais d'Ahmed Bey sera au centre de l'intérêt des visiteurs attendus sur le Vieux Rocher à partir du 16 avril prochain pour la manifestation ‘‘Constantine, capitale 2015 de la culture arabe''.

Il ne fait pas de doute, non plus, que cette somptueuse réalisation, érigée et aménagée sur plus de 5.600 m2 à partir de 1826 à l'initiative du dernier représentant du Califat ottoman dans la Régence d'Alger, saura être digne de cet intérêt.

Les yeux de tous ceux qui découvriront le palais, pour se plonger dans l'atmosphère feutrée et chargée d'histoire des lieux, ne manqueront pas de briller d'admiration devant l'architecture raffinée, les vastes jardins luxuriants, les arcades en voûte, les magnifiques palmiers. Des yeux qui brilleront davantage devant la polychromie du palais qui raconte tant de voyages.

Le récit du long périple du maître des lieux

La polychromie du beylicat de l'Est algérien orne, sur plus de 2.000 m2, les murs du palais d'Ahmed. Une fresque qui constitue un authentique document de référence relatant le long périple du maître des lieux et qui ‘‘ne peut que servir de précieuse référence aux chercheurs universitaires, aux hommes de culture et aux historiens, jure Mlle Chadia Benkhalfallah, directrice du musée national public des arts et expressions populaires qui a élit domicile au palais.

Selon cette responsable, cette polychromie, qui n'a pas encore livré tous ses secrets, permet la datation et la lecture de différents événements historiques tels que les batailles auxquelles avait pris part le Bey aux côtés du Dey d'Alger, ainsi que ses différents voyages au Moyen-Orient.

Elle constitue, en fait, un document à faire valoir et à mettre au service des universitaires, des étudiants, des historiens, des archéologues, des géographes, des urbanistes et autres architectes désirant acquérir des précisions en rapport avec l'époque et l'itinéraire parcouru et référencé par le dernier bey de Constantine.

Sur cette étonnante fresque qui rend compte du périple entrepris par Ahmed Bey pour arriver aux Lieux Saints de l'Islam, l'on peut admirer Tunis et la Goulette, Tripoli, le port d'Alexandrie où mouillaient de luxueuses frégates et Le Caire avec ses mosquées.

Quoique altérée par la main intruse de l'administration coloniale qui y avait superposé six autres couches, dénaturant l'originalité de la première qui reproduit les splendeurs de l'architecture orientale, l'oeuvre s'étend sur tous les murs intérieurs du palais, tel un album de bandes dessinées aux images riches et vives, grandeur nature et magnifiquement illustré.

Comme un conte des Mille et Une Nuits

Interprétant l'une des couches de cette polychromie qu'elle a étudiée et réussi à déchiffrer avec l'aide de cadres du personnel du musée, Mlle Benkhalfallah affirme que "Ahmed Bey avait entamé son voyage de 15 mois en 1818 alors qu'il était seulement Khalifa", c'est-à-dire 7 ans avant d'être désigné à la tête du Beylicat de l'Est.

Il avait pris le départ de devant l'actuel pont de Sidi Rached, apparent sur la fresque, pour rejoindre La Goulette et la ville côtière de Radès, en Tunisie, puis Tripoli, en Libye, pour passer par l'île de Djebel Hassan en Arabie Saoudite.

Les illustrations de cette oeuvre d'art, digne des contes des Mille et Une Nuits, montrent 44 étendards et drapeaux, trois mosquées, 78 espèces d'arbres, 36 voiliers, 66 frégates, de nombreuses maisons et différents types de bâtisses, simples ou surmontées de dômes, 69 minarets, 55 coupoles, 134 palmiers plusieurs expressions écrites dont 23 seulement sont lisibles, quatre espèces d'oiseaux, sept moulins à eau et à vent et quatre palais.

L'on y distingue aussi les Lieux Saints de Médine et de la Mecque ainsi que les villes de Djeddah, d'Alexandrie, d'Istanbul (reconnaissable par la Mosquée Bleue aux six minarets) d'El-Ismaïlia, d'El Qostas (Le Caire), l'île Khalki et l'île Kandia sur la mer Egée.

Comme la ville qui a vu naître, à Dar Oum Noun, Hadj Ahmed Bey Ben Mohammed Cherif, en 1786, le palais éponyme sera lui aussi, une oeuvre capitale de la culture arabe, en 2015 et au-delà.

par Tahar Richi