Constantine
Capitale de la Culture Arabe en 2015


L'Organisation pour l'éducation, la science et la culture de la Ligue arabe (ALESCO) a nommé le dimanche 30 décembre 2012 Constantine Capitale de la culture arabe 2015. Cette décision a été annoncée lors de la 21ème assemblée générale de l'ALESCO à Tunis.

 

Constantine capitale de la culture arabe  : C'est une opportunité inespérée qui se présente pour Constantine, pour une remise en état véritable. Depuis 50 ans, Constantine a subi des dégradations énormes sans qu'il y ait de programmes conséquents pour y pallier. Parfois les dégâts sont irréparables, comme pour la Souika. Il faudrait un véritable plan Marshall pour sauver Constantine. Les autorités publiques semblent y croire en tout cas, comme le montre cette brochure trouvée en visitant le 16 ème salon du bâtiment et des matériaux de constructions (BATIMATEC) qui se tient à Alger du 4 au 8 mai 2013.

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La bande annonce officielle de l'événement

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Une autre bande annonce, plus personnelle, créée par Lahcène Akacha

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Cet événement sera aussi l'occasion d'une mise en lumière des principaux monuments de Constantine. Ce travail a été confié à la société "Alain Guilhot Lumière".

Je vous propose de découvrir ces projets.

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Quelques liens

Le site officiel avec la programmation : http://constantine2015.org/

https://www.facebook.com/Constantine2015

https://www.facebook.com/ConstantineArabCapitalCulture2015

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El Moudjahid - 28 mai 2013

Constantine, capitale de la culture arabe 2015 : 74 projets de restauration du patrimoine retenus
Le site du Bardo, nouveau pôle culturel

Lors de la réunion de concertation sur la préparation de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe», le président du département de la restauration du patrimoine, M. Abdelhalim SerraÏ, a indiqué que 74 équipements publics et historiques seront concernés par les travaux de réhabilitation. Concernant la vieille ville, et au vu de l'état de dégradation avancé dans lequel se trouve la Basse-Casbah, il a été décidé l'érection de bâtiments écrans «afin de pouvoir entreprendre des fouilles archéologiques à l'intérieur du site et essayer de sauver ce qui peut l'être». Le site de Tiddis (commune de Beni H'midène) est également au programme, ainsi que différents «derbs», «foundouks», hammams, zaouïas, bâtiments anciens et bâtiments singuliers à l'image de la maison Daïkha sise à la Souika ou bien encore celle qui a vu naître Malek Haddad. À propos des délais d'achèvement des travaux, M. Serraï déclarera que l'échéance de 2015 ne devrait pas constituer une épée de Damoclès au-dessus de la tête des responsables et qu'il est clair que tout ne sera pas fin prêt pour le début de l'événement : «Cela dit, le spectacle d'ouvriers s'affairant sur les différents chantiers de réhabilitation constituera en lui-même une attraction.»

Le site du Bardo, nouveau pôle culturel
De son côté, M. Abdelwahab Zekagh, président du département des nouveaux projets, a annoncé le lancement tous azimuts de projets de réalisation, de réhabilitation et de requalification touchant différents édifices culturels de la ville.
Au volet des nouvelles réalisations, une grande salle de spectacle de 3.000 places dotée d'un parking souterrain, un grand palais de la culture, des pavillons des expositions et un musée d'art et d'histoire seront érigés sur le site du Bardo, tandis que des annexes des maisons de la culture sont programmées dans les différentes communes de Constantine.
La réhabilitation touchera, quant à elle, la résidence de wilaya laquelle, sur proposition du wali, sera transformé en «centre des arts» comprenant une résidence des artistes et des chercheurs, des espaces d'exposition, des studios dédiés à l'enregistrement du patrimoine musical et artistique ainsi qu'un centre des études du malouf, en plus de la Médersa et du palais du Bey qui abritera le Musée national des arts et traditions populaires. Enfin, la mise à niveau sur le plan des équipements et de la sécurité concernera la maison de la culture Al Khalifa et le siège du Théâtre régional de Constantine.

I. B.


Liberté - 16 septembre 2013

"Constantine, capitale de la culture arabe 2015" Les douze travaux, selon Hercules

Par : Driss B.

Contrairement aux assurances des autorités locales qui annoncent, presque sans concession, que la ville accueillera comme il se doit ses hôtes des pays arabes, il paraît pourtant évident, qu'à moins d'une année et demie de 2015, on est loin du compte.

Constantine sera-elle à la hauteur pour organiser l'événement culturel arabe de 2015 ? Loin de l'optimisme béat des autorités locales, les universitaires algériens et étrangers, invités au séminaire "Développement du tourisme et valorisation du patrimoine culturel : Constantine capitale de la culture arabe 2015", tenu la semaine dernière, ont animé un débat plus sérieux et surtout basé sur les expériences passées des villes européennes. Cette rencontre était organisée par l'université Constantine 1, en collaboration avec le consortium européen Hercules du projet Eramus (héritage culturel et tourisme). Contrairement aux affirmations des autorités locales qui annoncent presque sans concession que la ville accueillera comme il se doit ses hôtes des pays arabes, il paraît pourtant évident, qu'à moins d'une année et demie de 2015, on est loin du compte. Preuve s'il en est : le silence radio qui s'éternise du ministère de la Culture, depuis la dernière visite de Khalida Toumi, et l'indifférence des autorités locales.
Cette rencontre scientifique a, en tout cas, permis aux participants de poser de vraies questions sur les préparatifs d'un tel événement, avec un franc-parler de certains communicants qui donnera certainement des sueurs froides aux initiateurs du projet. Ainsi, lors de son intervention, le vice-recteur de l'université de Sousse (Tunisie) n'a pas hésité à s'interroger sur les motivations qui ont conduit l'Organisation arabe pour l'éducation, la science et la culture (Alesco) à désigner Constantine, car, pour lui, une ville tunisienne ou marocaine aurait été mieux, du fait que la ville des Ponts ne garde que peu de traces de la civilisation arabe. Autre raison évoquée, selon lui, la Tunisie dispose d'écoles et d'instituts spécialisés dans le monde arabe, ce qui n'existe pas en Algérie. Le patrimoine arabo-musulman, a-t-il ajouté, est pauvre dans notre pays à cause du passage des Ottomans et surtout de la colonisation française. Maxime Weigert de l'université Paris 1 a axé son intervention sur la rentabilité d'un tel projet, il a pour cela expliqué que "la ville de Marseille capitale de la culture européenne" cette année compte bien en tirer profit où "lorsqu'on investit un euro dans les infrastructures, le tourisme en récupère 6". Membre du comité ayant préparé "Marseille, capitale de la culture européenne 2013", M. Weigert a précisé que pour Constantine l'événement sera forcément bénéfique, même à moyen terme, expliquant que la ville phocéenne a gagné l'intégration des étrangers, la réhabilitation du centre-ville ou encore la valorisation du Front de mer, ce que la ville des Ponts suspendus peut réussir. Il a conclu son intervention par se poser la question suivante : quelle serait l'échelle visée par Constantine en 2015 ? Est-ce qu'on veut promouvoir la ville au niveau local, régional, national, arabe, méditerranéen ou mondial ? Les intervenants, lors de la clôture des délibérations, ont été unanimes à dire qu'il faudrait se baser sur les travaux de spécialistes universitaires, et surtout associer la population qui de toute évidence est en marge des préparatifs.
Il aurait été préférable, ont conclu les universitaires, que Constantine ait été désignée avant décembre 2012 pour éviter toute précipitation, une participante italienne a cité l'exemple de la ville de Pérouse, qui a déposé un dossier de candidature pour être capitale de la culture européenne en 2019 !

D. B.


Le Temps d'Algérie - 13 octobre 2013

Constantine, capitale 2015 de la culture arabe : 50% des infrastructures opérationnelles au lancement de l'évènement

La ministre de la Culture, Khalida Toumi, a déclaré dimanche à Constantine que 50% des infrastructures à réaliser dans le cadre de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" seront opérationnelles "le jour du lancement de l'évènement".

Au cours d'une conférence de presse tenue en marge d'une visite de travail et d'inspection à Constantine, la ministre a indiqué que des espaces réservés pour la tenue des événements culturels et d'autres pour l'hébergement seront, en revanche, fonctionnels au lancement de cette manifestation culturelle dont le coup d'envoi est prévu en avril 2015.

Affirmant que l'objectif principal pour l'organisation des grandes manifestations culturelles est de "rattraper les retards enregistrés en matière d'infrastructures", Mme Toumi a souligné que ce qui reste des infrastructures inscrites pour cet évènement sera réceptionné "tout au long des douze mois que durera l'événement".

La ministre a rappelé, à ce propos, que pour la manifestation "Tlemcen, capitale 2011 de la culture islamique", onze (11) projets avaient été réceptionnés au lancement de l'événement. Elle a également indiqué que le musée des civilisations d'Europe et de Méditerranée (MUCEM) a été inauguré en juin dernier à Marseille (France), alors que la manifestation "Marseille, capitale 2013 de la culture européenne" avait été lancée en janvier.

S'exprimant au sujet du volet culturel, Mme Toumi a indiqué que le programme définitif de l'événement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" sera officiellement arrêté le 30 novembre prochain. Elle a également signalé que les différentes commissions "continuent de recevoir les propositions" devant constituer le programme culturel de cet évènement.

La ministre, indiquant qu'un appel à candidatures sera lancé en janvier prochain pour la réalisation du logo de la manifestation, a également précisé que le site web de l'événement que l'antique Cirta s'apprête à accueillir a été conçu par de jeunes constantinois qui ont réalisé, a-t-elle estimé, un travail "magnifique".

Les grands projets prévus dans le cadre de "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" englobent un pôle culturel comprenant un palais de la culture, une bibliothèque urbaine, un musée et des galeries, aux côtés d'un musée d'art et d'histoire, d'une salle de spectacles de 3.000 places et d'un palais des expositions.


CONSTANTINE CAPITALE 2015 DE LA CULTURE ARABE : ENTRE FIERTÉ ENTHOUSIASME ET (PETITES) APPRÉHENSIONS

Écrit par Rédaction

La décision de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (ALECSO) de désigner Constantine en tant que capitale de la culture arabe, en 2015, alimente depuis plusieurs jours les débats sur le Vieux Rocher.

Le citoyen lambda, même s'il s'attarde volontiers sur cet événement, rejoignant l'avis des artistes, des hommes de culture et des responsables locaux lorsqu'ils évoquent "une fête grandiose qui va marquer cette cité bimillénaire et lui permettre de renforcer son identité culturelle", ne manque pas, cependant, de faire part de certaines appréhensions. Les craintes du commun des constantinois ont trait tout particulièrement aux immenses chantiers qui parsèment sa ville, à l'exemple du viaduc transrhumel, qu'il faut "impérativement achever en 2014 comme le stipulent les délais contractuels, pour donner une image réellement valorisante de la cité du Rocher", explique Mahdi N, un étudiant de 24 ans. Il reste que depuis l'annonce du choix de Constantine par l'ALECSO, une profonde fierté est perceptible chez la majorité des habitants de la ville qui fut capitale de la Numidie, sous Massinissa, et qui a vu naître, bien plus tard alors que le pays était colonisé par la France, le père du réformisme algérien, l'imam Abdelhamid Benbadis.

Impatients de voir Cirta "bouillonner" culturellement

Les artistes et les constantinois proches du monde de la culture, déjà impatients de voir l'antique Cirta "bouillonner" culturellement une année durant, sont heureux. Et ils le font savoir. Mohamed-Tahar Arbaoui, homme de culture bien connu pour avoir été président de l'Assemblée populaire de Constantine entre 1975 et 1984, voit en Constantine, capitale de la culture arabe, "une occasion de mieux faire connaître la ville des ponts mais aussi l'Algérie (à) et un renforcement d'un pan de notre identité". M. Arbaoui, évoquant "la dynamique socioculturelle qui sera créée dans toute la région à la faveur de cette manifestation", insiste sur "la responsabilité que doivent d'ores et déjà assumer les représentants du mouvement associatif et des associations de divers horizons dans la préparation de l'événement". Pour lui, les opérations de traitement de l'environnement "doivent se poursuivre et, pourquoi pas, se renforcer avec davantage d'implication citoyenne quitte à appliquer des mesures coercitives d'autant qu'il y va de l'image du pays tout entier". C'est pourquoi, une "véritable révolution mentale" doit s'opérer chez tous les responsables des établissements recevant le public "qui doivent donner une priorité absolue aux règles de l'hygiène et du professionnalisme", estime aussi M. Arbaoui qui accorde aussi une attention particulière à la réhabilitation des plaques désignant les rues et les ruelles. C'est également, explique-t-il, une "partie de l'identité de la ville et une manière de valoriser l'architecture de la cité".

Une occasion rêvée pour dévoiler les richesses et le patrimoine constantinois

La mémoire vivante du malouf constantinois, Hadj Mohamed-Tahar Fergani, considère que cette manifestation est "un précieux cadeau fait à l'antique Cirta que le programme mis en place par le chef de l'Etat à fait renaître et resplendir". Pour le "rossignol" de la ville des ponts, "le grand évènement Constantine, capitale 2015 de la culture arabe sera une occasion rêvée pour dévoiler les richesses et le patrimoine de la Cité dans les divers aspects musical, culturel et artistique". Le savoir-faire et le savoir-vivre "doivent aussi accompagner cette manifestation, car la ville de Constantine, si belle et si riche par son histoire et ses hommes, représente un patrimoine très précieux qu'il faudra valoriser pour le présenter à nos invités". Et d'ajouter : "Si Dieu me prête vie jusque-là, je serais si heureux de participer à cette manifestation". Un autre féru de culture, Zoheir Bouzid, commissaire du festival international de jazz "Dimajazz", considère que Constantine "est une ville universelle de par son histoire et les civilisations qui se sont succédées sur ses terres". Capitale de la culture arabe, la cité bimillénaire "renforcera sa position et saura, sans doute, mettre à niveau ses infrastructures culturelles et d'accueil (à). C'est aussi l'occasion de s'ouvrir sur d'autres cultures et de revaloriser notre patrimoine par rapport au monde arabe". M. Bouzid va jusqu'à proposer la réalisation d'une cité de la musique, une infrastructure, selon lui, "qui rayonnerait sur tout l'est du pays et contribuerait avec de multiples activités culturelles à combler le déficit monstre en matière d'accueil d'événements culturels majeurs".

Un budget et un programme spéciaux

Pour M. Djamel Foughali, directeur de la Culture de la wilaya de Constantine, l'événement est "une vraie relance pour la capitale de l'Est sur tous les plans (à) car cela permettra de mettre à niveau les infrastructures culturelles, aussi bien au chef-lieu de la wilaya que dans toutes les autres communes". Evoquant les manifestations "Alger, capitale 2007 de la culture arabe" et "Tlemcen, capitale de la culture islamique en 2011", M. Foughali estime que "beaucoup d'expérience a été accumulée par l'Algérie grâce à l'organisation de ces événements". Ce sont, dit-il, "des atouts qui jouent en notre et qui permettront de faire du rendez-vous de Constantine, une fête grandiose". Le directeur de la culture précise qu'un budget sera alloué spécialement à cette manifestation et qu'un programme spécifique à l'évènement sera élaboré. "La ministre de la culture et les autorités locales dresseront, sur la base de propositions des responsables concernés par le volet culturel, le programme des projets à réaliser, des infrastructures à mettre à niveau et des sites historiques et archéologiques à mettre en valeur", souligne-t-il. Les citoyens de Constantine, même si quelques uns partagent les inquiétudes de Mehdi, perçoivent d'un bon £il cet événement, à l'exemple d'Asma B., une enseignante rencontrée au centre-ville, qui considère que "la manifestation débouchera sûrement sur la propreté de la ville et sur la création d'une dynamique qui pourrait profiter à Constantine pour les décennies à venir". Pour Nabil M., ingénieur, "Constantine, capitale de la culture arabe va permettre à la ville de respirer la vie, de déterrer son histoire et de briller pendant une année (à.) pourvu que les autorités locales s'organisent bien, mettent un vrai programme pour la manifestation et réalisent toutes les infrastructures nécessaires à temps". L'évènement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" a, quelque part, déjà commencé.

APS


APS - 11 novembre 2013

Constantine accélère et donne les projets en « gré à gré » pour être au rendez-vous arabe de 2015

Les projets lancés dans le cadre de la manifestation "Constantine, capitale de la culture arabe en 2015 ", ont été confiés à des entreprises selon la formule du gré à gré afin de gagner du temps, a déclaré lundi le wali à l’APS.

Hocine Ouadah, qui s’exprimait au lendemain d’une visite de travail qu’il a effectuée dans la commune de Constantine pour mesurer le niveau d’avancement des différents projets de développement, a précisé que la décision d’opter pour cette formule, prise par son prédécesseur dans le respect de la réglementation en vigueur, permettra à la ville d’être prête pour cet événement.

"Les services de la wilaya œuvreront à accélérer la cadence des travaux à travers de fréquentes inspections des chantiers", a-t-il souligné, en ajoutant dans ce contexte que des instructions ont été données aux responsables concernés par les projets inscrits dans le cadre du grand événement culturel, à l’effet de "privilégier le contact direct dans la prise en charge des problèmes qui viendraient à être posés sur les chantiers".

Les projets prévus dans le cadre de cette manifestation culturelle englobent un pôle culturel comprenant un palais de la culture, un musée, une bibliothèque urbaine, ainsi qu’un musée d’art et d’histoire, une salle de spectacles de 3.000 places et un palais des expositions.

Quelque 50% de ces projets devaient être opérationnels au lancement, le 16 avril 2015, de l’événement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", a-t-on affirmé à la wilaya.

APS


Le Temps d'Algérie - 1 décembre 2013

Constantine, capitale de la culture arabe : élever la ville au rang de pôle touristique et culturel durable

La ministre de la Culture, Khalida Toumi, a déclaré, dimanche à Constantine, que la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" élèvera la ville des ponts au "rang de pôle touristique et culturel durable".

Intervenant au cours d'une réunion tenue dans la salle de l'Assemblée populaire de wilaya (APW), consacrée à l'avancement des projets inscrits dans le cadre de ce grand événement culturel, la ministre a indiqué que le programme "imposant" adopté pour cette grande manifestation, en matière de réalisation, réhabilitation et d'équipement de différentes structures et de sites est "en mesure de créer une dynamique culturelle et touristique qui s'inscrira dans la durée".

Réitérant l'engagement selon lequel 50% des infrastructures à réaliser pour cette manifestation culturelle seront "opérationnelles au lancement de l'évènement, en avril 2015, Mme Toumi a souligné "l'impact culturel et touristique ininterrompu de l'événement Tlemcen, capitale 2011 de la culture islamique dans la capitale des Zianides.

Présentant Constantine comme "l'ambassadrice de l'Algérie, de son histoire et de sa culture riche et diversifiée", la ministre a précisé que les réalisations inscrites au titre de cet événement sont le fruit d'une "décision politique consistant à doter la wilaya et ses daïras d'infrastructures de base dans les divers secteurs".

Un exposé relatif à l'avancement des projets inscrits pour "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" a été présenté par le secrétaire général de la wilaya, Aziz Benyoucef, dans lequel il a détaillé l'avancement des différents chantiers dont ceux de la salle de spectacles de 3.000 places, en phase de réalisation des fondations, et du palais des expositions qui sera "incessamment lancé".

Il a exposé l'état d'avancement des dossiers des projets concernés par la réhabilitation, comme la résidence de la wilaya devant être transformée en centre des arts doublé d'un institut de la musique malouf, la medersa (futur centre des figures historiques et culturelles) et la maison de la culture Mohamed Laid Al Khalifa (Palais de la culture).

Un second volet relatif au programme d'accompagnement de ces réalisations a été exposé, portant sur la construction de structures d'hébergement, dont l'hôtel Marriott de la chaîne américaine spécialisée dans l'hôtellerie de luxe, la réhabilitation du chemin des touristes, ainsi que la réhabilitation de la mosquée Emir-Abdelkader.

Affirmant que la phase la plus critique du programme est "celle des études", une phase "déterminante" pour le reste, la ministre a exhorté les responsables à redoubler d'efforts et à renforcer l'action des services de contrôle du CTC (Organisme national de contrôle technique des constructions).

Les grands projets prévus dans le cadre de "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" englobent un pôle culturel comprenant un palais de la culture, une bibliothèque urbaine, un musée, plusieurs galeries, aux côtés d'un musée d'art et d'histoire, d'une salle de spectacles de 3.000 places et d'un palais des expositions.

Pas moins de 75 projets relevant du patrimoine matériel et immatériel sont concernés par des opérations de réhabilitation et de mise en valeur dans le cadre de cette manifestation.

 


Le Temps d'Algérie - 2 décembre 2013

Constantine, capitale de la culture arabe : "un événement phare destiné à mettre en valeur l'histoire de l'Algérie" (ministre)

La manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" est un événement phare qui dévoilera et mettra en valeur non seulement l'histoire de la région mais celle de toute l'Algérie, a déclaré dimanche à Constantine, la ministre de la Culture, Khalida Toumi. "Des rendez-vous bimensuels seront consacrés à l'état d'avancement des projets lancés dans le cadre de cette manifestation", qui mettra en valeur "non seulement l'histoire de la région mais celle de toute l'Algérie", a ajouté la ministre au cours d'une réunion consacrée aux préparatifs de cette grande manifestation culturelle.

Khalida Toumi a également souligné que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, suivait "de près" les programmes arrêtés et les projets lancés en prévision de cet événement culturel majeur.

Mettant par ailleurs en exergue "l'importance d'une qualité irréprochable" dans toutes les réalisations initiées dans le cadre de cet événement, Mme Toumi a indiqué que l'Agence nationale pour la gestion de la réalisation des grands projets culturels (ANGRGC), avec ses architectes spécialistes dans les infrastructures culturelles, notamment les musées, "appuiera l'effort du comité du suivi et de facilitation, présidé par le wali de Constantine pour assurer la qualité et les normes des édifices à réaliser", a-t-elle souligné.

Les chantiers de cette manifestation culturelle comprennent 15 réalisations au total, dont une salle de spectacles de 3.000 places, un palais des expositions, une bibliothèque urbaine et un musée d'art et d'histoire.

Mme Toumi a assisté en fin d'après-midi à la vente-dédicace organisée à la librairie Média Plus de Constantine, du livre de Mme Zohra Drif-Bitat "Mémoires d'une combattante de l'ALN" paru aux éditions Chihab.

Présentant cet ouvrage comme "une lettre d'amour à l'Algérie, à ses femmes et à ses hommes", la ministre de la Culture a saisi l'occasion pour inviter le nombreux public, les jeunes notamment présents à la vente-dédicace," à se pencher à travers ce livre sur un pan important de l'histoire de la Révolution".

De son côté, Mme Zohra Drif-Bitat a souligné avoir voulu, à travers son ouvrage, "présenter l'une des pages des plus grandes Révolutions que l'humanité ait connues".
Pour elle, "les divergences d'opinions ne doivent en aucun cas altérer la grandeur de la Révolution et de ses architectes".


Le Maghreb - 4 décembre 2013

"Constantine, capitale de la culture arabe" : Création de nouvelles infrastructures

La ministre de la Culture Khalida Toumi a déclaré que l'événement de 2015 "Constantine, capitale de la culture arabe" était l'occasion de "mettre en valeur la grande richesse culturelle et historique de la ville" et de "pallier les insuffisances des infrastructures culturelles dans la wilaya".
La ministre de la Culture a exposé, lors d'une séance de l'Assemblée populaire nationale (APN) dédiée aux questions orales, sa vision sur ce rendez-vous majeur et sur le programme culturel prévu à cette grande occasion. Pour la ministre de la Culture, la manifestation  n'est donc  pas un objectif en soi, mais son intérêt réside plutôt dans  tout ce qui doit être réalisé à cet effet. Selon la ministre,  l'événement à venir représente une importante opportunité  pour obtenir les fonds nécessaires afin de  doter la deuxième grande ville du pays d'un second théâtre régional, d'une bibliothèque centrale, d'une salle de spectacle et des structures de conservation (musées) supplémentaires, entre autres, d'une part, et d'approfondir les recherches sur les personnalités importantes de la région, depuis les rois numides, et de s'en inspirer dans la création artistique, d'autre part. Par ailleurs, la ministre a décidé  de proroger d'un mois le délai de dépôt des propositions de projets culturels prévu  pour le 30 novembre .Cette manifestation permettra,  aux yeux de la ministre, de mettre en avant ce que l'identité algérienne a apporté à la culture arabe  et de mobiliser, à cet effet, les moyens financiers juridiques, organisationnels et d'infrastructures nécessaires.
A  une question sur le statut juridique de la bibliothèque Jacques Berque à Tiaret,  Mme Toumi a apporté quelques éclaircissements  en distinguant cette dernière de la Bibliothèque nationale, sur les différences, en termes de fonctions, de statut et de gestion, entre la Bibliothèque nationale et les bibliothèques municipales de lecture publique.

Racha R.


APS - 16 décembre 2013

Constantine, capitale 2015 de la culture arabe : 18 opérations de réhabilitation dans la Médina

CONSTANTINE - Dix-huit (18) opérations de réhabilitation d'édifices et de quartiers de la médina de Constantine ont été confiées à 21 bureaux d'études locaux dont 16 en partenariat avec des bureaux étrangers spécialisés dans la restauration, a-t-on appris dimanche auprès des services de la wilaya.

Une enveloppe estimée à 7,7 milliards de dinars a été allouée pour ces projets inscrits dans le cadre des préparatifs de l'événement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", et pilotés par l'annexe de Constantine de l'Office de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), a souligné la même source.

La réhabilitation concerne, a-t-on noté, 16 sites à l'intérieur du secteur sauvegardé, aux côtés du mausolée de M'hamed Laghrab, du tombeau de Massinissa et du site archéologique Tiddis, dans la commune de Beni H'midane.

Les opérations de réhabilitation d'une partie de la mémoire de l'antique Cirta seront effectuées sur "la base des orientations et des cartes d'aménagement du Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur des secteurs sauvegardés (PPSMVSS)", selon les services de la wilaya qui ont souligné le "gain de temps'', grâce à ce plan permanent, pour le lancement des chantiers.

Deux (2) derbs (passages), celui de Bencharif et de Bencheikh El Fgoun, dans la Vieille ville, cinq (5) foundouks (sortes de petits hôtels) dont ceux de Ziat et de Rahbet El Djemal et quatre (4) bains maures dont ceux de Boulebzaim, dans le quartier Rebaïne Cherif, et d'El Betha figurent parmi les édifices à restaurer, en prévision de la grande manifestation culturelle, a-t-on ajouté.

Pour le secteur des affaires religieuses, neuf (9) mosquées de la Vieille ville, à l'image de Sidi-Lakhdar, Sidi-Abdelmoumen et Sidi-Mimoune, sont concernées par ces travaux de réhabilitation, en sus de six (6) zaouias dont Tidjania inférieure et supérieure.

L'imposant programme de "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" englobe des structures à réaliser parmi lesquels figurent une salle de spectacles de 3.000 places et un palais des expositions, aux côtés d'un pôle culturel composé de musées et de galeries, ainsi que des projets de réhabilitation du patrimoine matériel et immatériel.

Un chapitre relatif aux projets dits d'accompagnement a également été élaboré, portant sur la construction de structures d'hébergement, dont l'hôtel Marriott de la chaîne américaine spécialisée dans l'hôtellerie de luxe, la réhabilitation du chemin des touristes, ainsi que la réhabilitation de la mosquée Emir-Abdelkader.

APS


Liberté - 16 décembre 2013

“Constantine, capitale de la culture arabe”
Les travaux n’avancent pas

Par : Ines B.

Avec un tel rythme et de telles conditions, Constantine sera-t-elle à la hauteur d’un tel événement ?

“Constantine, capitale de la culture arabe 2015”. C’est ce qui a été décidé en décembre de l’année 2012 par l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (Alesco).
Pour ce faire, pas moins de 74 projets ont été programmés pour que cette ville antique soit à la hauteur d’un tel événement grandiose, citant à titre d’exemple, deux musées, une grande salle de spectacle de 3000 places, une galerie d’art, des salles de cinéma, etc. Une enveloppe de plus de 15 milliards de DA a été allouée, notamment, pour réhabiliter les équipements culturels vétustes de la ville et en construire d’autres. Mais le projet semble se heurter à de sérieux problèmes, notamment celui du foncier, qui demeure un vrai casse-tête pour les autorités, alors que nous sommes qu’à 16 mois du jour J. En effet, on constate qu’aucun des projets prévus au programme n’a vu le jour, à l’exception de l’hôtel Marriott situé en contrebas de l’université Mentouri, dont le taux d’avancement des travaux jusqu’à présent atteint 50%. Par ailleurs, en ce qui concerne la réhabilitation des infrastructures culturelles, prévue dans le cadre de cette manifestation, à savoir la maison de la culture Mohamed-Laïd Al-Khalifa (qui sera transformée en palais de la culture), le siège de la wilaya, la palais de la culture Malek-Haddad, la Medersa, le palais du Bey, les Foundouks de la vieille ville, le Théâtre régional et les hôtels Cirta et Panoramic. S’agissant de la construction des nouvelles infrastructures, le directeur de la culture a indiqué à plusieurs reprises que “des commissions locales et nationales seront installées afin de pouvoir étudier la construction d’une grande bibliothèque”. D’autres grands chantiers sont également prévus, tels la construction d’un nouveau palais de la culture, un siège de la direction de la culture, des théâtres, en sus d’un parking et des pavillons d’exposition. À cet effet, pas moins de quinze bureaux d’études algéro-français ont été désignés. Tout en signalant que leur travail sera inspecté par l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels de Constantine (OGEBC). Ce dernier suivra “de très près” les chantiers de réalisation de ces projets inscrits au profit de la ville du Vieux Rocher dans le cadre de cette manifestation culturelle. En outre, une opération de restauration de la médina de Constantine est également à l’étude, elle sera effectuée par des professionnels de la réhabilitation et de la restauration des vieilles bâtisses.
D’autre part, comment peut-on imaginer une ville représentant la culture du monde arabe sans parler du septième art. À ce propos, selon un sondage que nous avons effectué à Constantine, nous avons constaté que dans une ville de l’envergure de Constantine dont la dimension historique et culturelle est connue mondialement, la génération des moins de 30 ans n’a malheureusement jamais mis les pieds dans une salle de cinéma, et ne sait décidement pas comment ça s’y passe. Pis, près de 20 ans passés depuis leur fermeture, les 8 salles de cinéma du vieux rocher se trouvent dans un état désolant, 4 d’entre elles, à savoir El-Andalous, El- Anouar, Numidia et le Rummel dépendant de la commune, ont été louées à des privés, mais demeurent toujours sans activités. Un fait qui plonge “la ville du savoir” dans une obscurité culturelle la plaçant très loin derrière Annaba ou encore Alger.
Ce qui, encore une fois, met en doute la capacité de cette ville à organiser un événement d’une telle dimension, et ce, en dépit des assurances des autorités qui annoncent sans cesse que la ville des ponts pourra accueillir ses hôtes venant de plus de 22 pays arabes.
Enfin et concernant le tourisme, un secteur tant négligé, avec tout ce dont dispose la ville du vieux rocher comme sites touristiques, le directeur du tourisme et de l'artisanat de Constantine s’est contenté d’annoncer, sur les ondes de la chaîne locale, que “le chantier de réhabilitation du chemin des touristes sera finalement lancé avant la fin de l'année en cours”. Tout en précisant que “la première tranche des travaux sera prête avant la fin de l'année en cours. Le délai de réalisation et de livraison du projet a été fixé à 18 mois”. Ce chemin touristique sera exploité toujours selon le même responsable, sur une distance de près de 2,5 km, partant du “Pont du diable” situé sous le grand pont de Sidi Rached en longeant la partie droite de la falaise jusqu’au Pont des chutes, situé sous le pont suspendu de Sidi-M'cid. Pour ce faire, une enveloppe de pas moins de 330 millions de DA a été allouée à ce projet dont le contrat a été signé avec une entreprise algéro-française qui a remporté le marché. Or, nous sommes à 10 jours de la fin de l’année et rien n’a été lancé !
Dans le même sillage, le directeur du tourisme et de l'artisanat a aussi annoncé la réhabilitation du Jardin de Sousse situé en contrebas du pont d’El-Kantara, menant au chemin des Touristes. Ces opérations qui nécessitent un travail dur et long vu la structure géologique de la ville (Constantine construite sur un rocher), n’ont pas encore été lancées, ce qui nous amène à nous interroger si les autorités ont la même notion du temps.
Aussi, la question se pose avec acuité. Avec un tel rythme et de telles conditions, Constantine sera-t-elle à la hauteur d’un tel événement ?

I B


L'Expression - 5 janvier 2014

Cirta sera-t-elle à la hauteur ?

Par Ikram GHIOUA

A 12 mois de la manifestation, c'est l'image d'une ville en pleine dépression sur le plan urbain. Les bidonvilles censés disparaître sont encore d'actualité, le processus d'aménagement et réhabilitation est carrément inexistant.

Constantine sera dans une année la capitale de la culture arabe. Un événement grandiose qui mérite d'être médité et encouragé. Ce titre ne lui a certainement pas été décerné sans convenance, cette métropole est la troisième plus importante ville de l'Algérie. Mais aussi l'une des plus anciennes cités du monde. Comptant plus de 2500 ans, elle se distingue par un long tracé historique méditerranéen.
Reconstruite en 313 après J.-C. par Constantin 1er dont elle porte le nom depuis 17 siècles, cette cité fut un temps la capitale de la Numidie sous le nom de Cirta! S'étalant sur un rayon d'une quinzaine de kilomètres sous forme d'une agglomération comprenant une ville-mère et une série de satellites, cette ville abrite aujourd'hui plus de 448.000 âmes. Elle possède un terrain topographique très accidenté, imprégné par une juxtaposition de plateaux, de collines, de dépressions et de ruptures brutales de pentes faisant d'elle un site hétéroclite d'où sa particularité mystérieuse. Elle est connue pour être la cité des pauvres, visitée par des milliers de convives d'ici et d'ailleurs, c'est, en effet, dans cette ville que les mariées puisent les meilleurs produits pour leurs trousseaux à des prix abordables. Jalousement gardée par un rocher, on la surnomme, ville du Vieux Rocher, mais encore ville des Ponts suspendus, ville des Oulémas, aussi ville des Aigles ou bien ville du malouf, relativement à la musique arabo-andalouse qui la définit. Constantine considérée comme une ville charnière entre le Tell et les Hauts-Plateaux, occupe une position géographique centrale et devient la plus grande métropole intérieure du pays. Outre son histoire glorieuse, son caractère de ville touristique par excellence, Constantine est aussi un lieu de culture incontestable, assurant d'autres fonctions économiques dans l'industrie. Constantine aura donc mérité son nouveau statut de capitale de la culture arabe, néanmoins, ses responsables seront-ils à la hauteur de cette manifestation? Sont-ils en mesure d'accomplir une mission aussi importante? Quelle image sont-ils en mesure de donner à cette ville? En un mot ont-ils les compétences exigées pour assurer la réussite de cet événement et comment l'on se prépare? Franchement, rien ne semble prometteur.

La ville accuse un retard accablant
A 12 mois de la manifestation, c'est l'image d'une ville en pleine dépression sur le plan urbain. Les bidonvilles censés disparaître sont encore d'actualité, le processus d'aménagement et réhabilitation est carrément inexistant, alors que des immeubles tombent en ruine comme il a été constaté à Saint-Jean, Souika, Casbah. Les façades ne sont pas dans un meilleur état, donnant à la ville une image dégradante. Au niveau de la cité du 20-Août, Filali et Benboulaïd, tous les travaux de finition effectués sur le sol, à savoir routes et trottoirs sont à refaire et pour cause, Sonelgaz décide de renouveler son réseau, d'où le manque, voire l'absence de coordination entre les APC et les entreprises. Pis encore, l'agence chargée de revoir l'installation des fils électriques, n'aura pas pris la peine d'accomplir son travail convenablement, puisque les fils sont installés à l'extérieur ce qui constitue un non-respect des normes. Que dire de l'état des lieux des axes routiers, c'est pratiquement et sans exagérer, une honte! Sachant bien que la ville a bénéficié d'une gigantesque enveloppe financière. Allons du côté de Daksi, à première vue, ce quartier offre l'image d'une cité en bonne santé, mais en s'introduisant, on à l'impression d'être dans un quartier de Kaboul, axes défoncés, manque d'hygiène indescriptible et un laisser-aller qui donne la chair de poule. Ce n'est pas un cas isolé, le Faubourg, la cité El Bir, Bardo, la Boom, où encore Oued El Had et Ziadia sont cette image cachée peut-être volontairement? Ce manque d'enthousiasme pour rendre à la ville son statut de capitale ne doit pas être uniquement prêté aux responsables, le manque de civisme chez le citoyen est à plaindre. Aucune culture d'hygiène, aucune éducation comportementale et surtout aucune volonté à vouloir changer! La cité dortoir d'Ali-Mendjeli émerge malheureusement dans ce même cadre. Comment sera 2015? Dans quelle ambiance et quelle atmosphère Constantine recevra ses hôtes? Impossible de donner une réponse. Dans la rue, et pour les plus sages, on espère que 2014 sera une aubaine pour donner un nouvel élan au programme tracé pour 2015. Pour s'enquérir de l'avancement des projets liés à la manifestation, Constantine, capitale de la culture arabe 2015, la ministre de la Culture a déjà effectué plusieurs visites et selon elle " au moins 50% des projets inscrits devront être achevés avant ou pendant l'événement ", soutenant que " la capitale culturelle n'est pas le but en soi, c'est une opportunité unique pour doter Constantine de projets durables ".

Khalida tente de booster les choses
Dans ce même contexte, la ministre avait assuré " avec des délais allant de 12 à 18 mois, 15 projets dont six bénéficieront aux daïras, des annexes de la Maison de la culture de Constantine seront impérativement achevées avant 2015 ". Mais l'on est déjà à 12 mois de l'événement, autrement dit, certains projets liés à cette manifestation ne pourraient être menés à terme que durant les derniers mois de 2015! A quoi bon dire "nous sommes condamnés à respecter ces délais? " Néanmoins, dans le souci de bien faire, il a été fait appel à l'agence de gestion de réalisation des grands projets culturels, dans le but, avait souligné Khalida Toumi, " de renforcer le staff local avec une dizaine d'architectes spécialisés, notamment dans la réalisation de musées et infrastructures culturelles ", appelant les Constantinois à s'y impliquer davantage. Seule bonne nouvelle annoncée récemment, il s'agit de la mise à niveau du Centre culturel Mohamed El-Aid Al-Khalifa, qu'on vient de fermer en vue de sa transformation en palais de la culture. Feront l'objet d'une réhabilitation également, le siège de la wilaya, le complexe culturel Malek Haddad, la Medersa, le TRC, le palais d'Ahmed Bey, les salles de cinéma que compte Constantine, les lieux, fondouks et "derbs" de la vieille ville, l'hôtel Cirta qui va bientôt fermer le Mariotte, en plein travaux, le Pont des étudiants et le Chemin des touristes. Mais aussi la RN 79 reliant le centre-ville à l'aéroport Mohamed-Boudiaf, le dédoublement de l'axe routier Constantine-Aïn Smara, 434 anciens immeubles des avenues Aouati Mostefa et Si El Haouès. Les travaux de réaménagement, promettait encore la ministre, devront également toucher, " le CTC de Constantine qui supporte un volume de travail supérieur à ses capacités et devrait être renforcé temporairement par le CTC d'une wilaya limitrophe. Concernant le site implanté sur les hauteurs de l'Université Bachir-Mentouri, initialement prévu pour la construction d'une bibliothèque urbaine, je proposerai d'en faire un lieu de loisir pour les familles constantinoises, un peu sur le modèle du Bois des arcades d'Alger ". La ministre propose aussi " la réalisation d'un théâtre régional dans la ville d'El Khroub et de doter Constantine de son Salon international du livre qui sera accueilli par le futur Palais des expositions ". Pour l'instant, à part un timide mouvement en signe de préparation pour l'événement, Constantine, capitale de la culture arabe, rien ne renseigne sur l'aboutissement de toutes ces ambitions, sauf peut-être et en termes de grands projets, le viaduc transrhummel dont les travaux avancent à grande vitesse.


Le Temps d'Algérie - 16 janvier 2014

Constantine, capitale 2015 de la culture arabe : des mesures pour rattraper les retards

La ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé jeudi à Constantine une série de mesures pour ''rattraper le retard enregistré dans la réalisation des nouveaux projets culturels inscrits dans le cadre de la manifestation Constantine capitale 2015 de la culture arabe''.

La délivrance ''en urgence'' des ordres de services (ODS) aux bureaux d'études et aux entreprises retenus pour la réalisation des projets culturels, l'augmentation de la cadence des travaux et la mise en place d'un planning technique permettant un "suivi réel" des chantiers figurent parmi les principales décisions prises par la ministre pour résorber les retards.

La mise en ouvre de ces décisions permettra de ''rattraper les retards et de gagner au moins deux mois sur les délais de réalisation'', a souligné la ministre au cours d'une séance de travail qu'elle a présidée au terme d'une visite de travail sur les chantiers de plusieurs projets inscrits dans le cadre de cette grande manifestation.

Mme Khalida Toumi a appelé les responsables locaux concernés à délivrer, à défaut d'ODS, des ''ODS provisoires'' permettant ''l'installation des entreprises de réalisation et gagner ainsi du temps'' d'autant, a-elle signalé, que les réserves émises ''ne sont pas suspensives''.

Un ''écrit'' imposant aux bureaux d'études et aux entreprises de réalisation de hausser le rythme des travaux en activant en ''deux fois dix'' et de doubler les effectifs dans leurs chantiers sera transmis aux parties concernées qui seront tenues de respecter leurs engagements'', a ajouté la ministre, précisant qu'une réunion se tiendra la semaine prochaine à Alger avec les différents intervenants (bureaux d'étude et entreprises de réalisation) pour arrêter un ''document technique'' permettant ''un suivi et une évaluation juste des chantiers''.

Ce planning sera ''signé par l'Etat représenté par la wilaya et les entreprises et bureaux d'études'', a ajouté Mme Toumi, précisant que des cadres de son département séjourneront aujourd'hui et demain (jeudi et vendredi) à Constantine pour faire établir un rapport détaillé sur les chantiers qu'elle n'a pas visité (pavillon des expositions, musée d'art moderne, six maisons de la culture et réhabilitation du théâtre régional de Constantine, entre autres).
''Un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), en l'occurrence l'Agence nationale de gestion des réalisations des grands projets de la culture (ARPC), veillera à la bonne réalisation des projets culturels accordés à la wilaya de Constantine dans le cadre de cette importante manifestation'', a encore ajouté la ministre.

S'agissant des projets relatifs au patrimoine de cette ville millénaire, la ministre a indiqué que l'Etat a mis en place un autre EPIC chargé de la gestion et de l'exploitation des biens culturels classés. Un établissement devant être chargé de veiller au respect des normes requises dans la réalisation des projets accordés dans ce sens, a-t-elle également indiqué.

Cet EPIC avait déjà délivré des lettres de commandes à vingt (20) bureaux d'études chargés de la restauration et de la mise en valeur de 70 projets liés au patrimoine, a souligné la ministre avant d'appeler le wali à avaliser ces lettres de commande pour que les intervenants puissent travailler dans un cadre légal.

Abordant la question de l'assistance à la maitrise d'ouvrage pour les nouveaux projets, Mme Toumi a indiqué que son département sera ''intransigeant'' sur le volet lié au respect des normes'' afin d'éviter tout gaspillage''. L'assistance à la maîtrise d'ouvrage déléguée concernant les nouveaux projets culturels doit être confiée à ''une entité qui présente un bon CV'', a souligné la ministre qui a exprimé son mécontentement quant au projet de réalisation de la salle de spectacles de type Zénith prévue à la cité Zouaghi et dont le marché a été accordé à une entreprise chinoise.

La ministre a appelé à faire confiance aux algériens et souligné que la manifestation attendue pour 2015 constitue ''le projet de l'Etat algérien et non pas celui de personnes ou d'un secteur''.
La ministre a entamé sa visite par la visite du chantier de construction de la salle de spectacles (Zénith) avant d'inspecter les projets de réhabilitation des maisons de la culture Malek-Haddad et Mohamed-Laïd Al Khalifa, ainsi que l'ancien siège de la wilaya et la Medersa. Elle a également inspecté, avenue Zaâmouche, près de Bab El Kantara, les chantiers d'une bibliothèque urbaine et d'un musée des arts.


El Moudjahid - 18 janvier 2014

Préparatifs de la manifestation «Constantine, Capitale de la Culture Arabe 2015» : Les mesures d'urgence de Mme Khalida Toumi


D.R

En visite d'inspection dans la wilaya de Constantine, la ministre de la Culture, Khalida Toumi, a annoncé une série de mesures d'urgence en vue de pallier le retard constaté dans l'exécution des projets entrant le cadre de «Constantine capitale de la culture arabe 2015», lequel retard a été estimé à cinq mois.

Montrant son insatisfaction concernant la cadence desdits travaux, Mme Toumi exigera que les entreprises engagées passent au régime 2x10, soit deux équipes de travailleurs se relayant chaque 10 heures, et ce, afin d'être au rendez-vous pour la manifestation. Toujours dans le souci d'insuffler une dynamique nouvelle aux projets, la ministre demandera expressément au directeur local du logement et des équipements publics de délivrer des ODS (ordres de service) «provisoires» aux entreprises choisies, lesquelles ont déploré l'absence de toute notification d'attribution du marché : «La DLEP peut délivrer, même en cas de réserves, des ODS provisoires aux entreprises, l'essentiel est que ces réserves ne soient pas suspensives.» Mme Toumi appellera en outre à une réunion de travail qui regroupera tous les acteurs impliqués dans les divers projets (bureaux d'études et entreprises de réalisation) afin de leur notifier les décisions prises et arrêter un modus operandi uniformisé. Ayant entamé sa visite par le chantier de la salle de spectacle «3000 places» sis à la cité Zouaghi-Slimane (sur le plateau d'Aïn El Bey), la ministre ne cachera pas son agacement en constatant le faible taux d'avancement des travaux estimé à 30%,  accusé par les représentants de l'entreprise de réalisation chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC). Face à ces derniers, qui lui feront également part d'une grève qu'ils auraient entamée il y a quelques jours, «officiellement» pour contrat non encore signé, Mme Toumi se montrera implacable : «Votre grève est illégale, dites à vos chefs qu'il y a des lois que vous devez respecter dans ce pays sinon vous serez dessaisis de ce projet», martèlera-t-elle en soutenant qu'elle se réunira dans les prochains jours avec la direction de l'entreprise ainsi qu'avec l'ambassadeur de Chine en Algérie afin de tirer les choses au clair. Le reste de la tournée a porté sur les chantiers de réhabilitation et de réaménagement touchant le palais de la culture Malek-Haddad, la maison de la culture Mohamed-Laïd-Al-Khalifa, l'ancien siège de la wilaya, ainsi que la médersa et le café Nedjma mitoyen (le mythique El Goufla). La ministre se rendra en outre sur le site retenu pour abriter la future bibliothèque urbaine et le musée d'art et d'histoire situé sur l'avenue Zaâmouche (Bab El Kantra). Au cours de la séance de travail tenue après la tournée au siège de la wilaya, la ministre réitérera sa position concernant le choix des entreprises retenues pour la maîtrise d'ouvrage déléguée des projets culturels, lesquels devront avoir un CV. «Il faut non seulement que les projets se fassent, mais qu'ils se fassent dans les normes», a-t-elle assené avant d'ajouter : «Je suis très optimiste, à condition qu'on applique les décisions prises. À Tlemcen, il y a eu 11 infrastructures réalisées et plus de 80 sites et monuments historiques réhabilités. Il n'y a pas de raison pour que ce qui s'est fait à Tlemcen ne se fasse pas à Constantine !» Par ailleurs, Mme Toumi annoncera la prolongation du délai relatif au dépôt des propositions de projets culturels entrant dans le cadre de la manifestation : «Suite à de nombreuses demandes, le délai initial a été prolongé d'un mois, donc, les portes sont encore ouvertes aux différents intervenants jusqu'au 31 janvier.» Le programme officiel de «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» sera, quant à lui, entériné au mois de mars prochain. Enfin, à une question sur l'incidence de la fermeture simultanée de la maison et du palais de la culture et du siège du Théâtre régional de Constantine sur le déroulement des festivals qu'accueille annuellement la ville, le Dimajazz en tête, ainsi que sur celui des meetings politiques lesquels, campagne de la présidentielle oblige, devront se multiplier dans les prochains mois, la ministre répondra : «C'est un sacrifice nécessaire afin que la ville soit prête à accueillir ses invités en 2015. On essaiera de trouver d'autres salles pour accueillir les festivals. D'ailleurs, la décision a été prise, conjointement avec la wilaya, de couvrir le Théâtre de verdure, lequel pourra représenter une solution de rechange. Concernant les meetings politiques, cela ne relève pas de mon département.»

Issam Boulksibat


L'Expression - 19 janvier 2014

Se payer de mots !

Par N. KRIM

L'année prochaine, la grande métropole de l'Est, Constantine, sera la «capitale de la culture arabe 2015». Important? En vérité - face à la déliquescence de la culture à Cirta, la dégradation avancée de son infrastructure culturelle, l'absence d'hôtels de haut standing et touristiques, dignes de la troisième ville du pays - seuls les Constantinois pourront dire si le choix de leur ville s'imposait. Cela étant, ce rendez-vous culturel arabe constitue, il ne fait pas de doute, l'opportunité pour cette grande ville de combler - un tant soit peu - un retard infrastructurel accablant. Or, des gens se récrient déjà devant la fermeture, pour cause de restauration, du petit nombre de salles existantes dans la ville. A moins de se tromper, il n'y a à Constantine qu'un théâtre - datant de 1886 - qui, nonobstant une architecture imposante, ne répond plus aux besoins d'une ville de sa dimension; la Maison de la culture Mohamed El Aïd Khalifa - à l'origine un ancien garage - et le Palais de la culture Malek- Haddad - la seule salle destinée à la culture édifiée depuis l'indépendance - aujourd'hui désuète. Les salles de cinéma? Il y en avait sept en 1962. Six sont fermées depuis une trentaine d'années, la septième - le complexe culturel du Casino (cinéma et théâtre Le Colisée) érigé en plein centre de Constantine a été tout simplement rasé au début de 1970. Un véritable crime environnemental et culturel. Le paradoxe est donc là: Constantine qui a tant donné à la culture nationale et produit quelques-uns des plus talentueux écrivains que l'Algérie ait connus (de Kateb Yacine à Ahlam Mostaghanemi en passant par Malek Haddad et Ahmed Réda Houhou, pour n'évoquer que l'histoire contemporaine) n'a pas cette infrastructure culturelle que son rang appelait et justifiait. Ainsi, Constantine ne dispose que d'un seul musée datant de l'époque coloniale (le Musée national Cirta). Elle n'a pas de vraies salles d'expositions picturales, ne possède pas de salles de spectacles dignes de ce nom, et est dépourvue de centre ou de palais des congrès. Depuis de nombreuses années, la culture vivote à Constantine avec, ici et là, des petits festivals qui, d'ailleurs, disparaissent dès qu'ils atteignent quelque notoriété du fait de l'indisponibilité de l'infrastructure indispensable et appropriée. C'est pourtant cette ville privée d'une vraie assise structurelle pour le développement de la culture qui donna tant à l'Algérie dans ce secteur. C'est donc dans le cadre de cette année «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», que des projets ont été initiés et chapeautés par le ministère de la Culture pour, à tout le moins, doter Cirta de cet apport infrastructurel qui lui fait tant défaut. Pourtant, d'aucuns semblent faire la moue et des voix trouvent le moyen de s'indigner que la ville sera en «chômage» culturel durant neuf mois (restauration oblige). Y a-t-il de quoi s'enorgueillir des rares supports de la culture qui existent dans la troisième ville du pays? Comment peut-on s'indigner pour une fermeture de quelques mois qui, au bout, dotera sans doute Constantine de cette infrastructure qui lui manque tant alors que la ville est sévrée de vraies cultures depuis 52 ans? Le temps, sinon les hommes- c'est le moins de le dire- n'ont pas été cléments pour l'antique Cirta, l'une des plus vieilles villes du monde, inscrite au patrimoine universel. Délabrée, mais toujours debout, gardant un charme certain, celui de ses vieilles pierres, Constantine n'a pas eu d'édiles à sa dimension, qui n'ont jamais compris combien cette ville séculaire a marqué l'Algérie de son sceau indélébile. Outre ses hommes de culture, d'art et de théâtre, Constantine a également produit des philosophes et des hommes politiques, donnant à la ville du Rocher de défier le temps et les hommes. Cirta-Constantine n'est pas seulement la gardienne d'une mémoire nationale, elle est en fait la mémoire vivante et identitaire de l'Algérie par son amazighité, par son arabité et son Islam assumés en toute circonstance donnant naissance à quelques-uns des penseurs, créateurs et artistes les plus féconds et novateurs dans une Algérie alors en panne de renouveau. Constantine a été laissée à l'abandon, réduite au rang de bourg, mais n'en restait pas moins l'unique Cirta, attestée par sa longue traversée de l'Histoire. Cette ville a été pourtant privée de structures culturelles dignes de son statut. Etre capitale de la culture arabe pour une année? Pourquoi pas? C'est surtout un prétexte pour revenir à la vie. Alors arrêtons de nous payer de mots, rendons à nos villes leurs stature et grandeur perdues.


El Watan - 24 janvier 2014

Constantine : 7,5 milliards de dinars pour le patrimoine

La plus grande opération de réhabilitation du patrimoine architectural et historique, jamais connue dans l'histoire de la ville de Constantine depuis l'indépendance, sera lancée le 28 février prochain.

Le projet a été présenté, hier, au siège de la wilaya de Constantine par Abdelouahab Zekagh, directeur de l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), en présence de la ministre de la Culture, Khalida Toumi, en visite dans la ville pour inspecter les projets de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015». Selon les explications données par Abdelouahab Zekagh, l'opération, intitulée «Projets patrimoniaux», a bénéficié d'un budget de 7,5 milliards de dinars, soit l'équivalent de la moitié du budget consacré aux nouvelles réalisations en prévision de cette évènement que la ville de Constantine abritera en 2015.

«C'est un projet immense divisé en cinq zones et qui concerne l'intervention dans 74 points, répartis en 25 lots sur une superficie de 40 ha, il touchera en grande partie des monuments et sites du patrimoine de la vieille ville de Constantine, mais aussi des sites archéologiques, situés à l'extérieur de la ville, à l'exemple du tombeau de Massinissa et le site de Tiddis», a indiqué le directeur de l'OGEBC. Pour ceux qui connaissent bien l'état de dégradation avancée, les effondrements et les démolitions qui ont touché une grande partie du bâti de la médina de Constantine, classée patrimoine national en 2005, cette opération salutaire est qualifiée de véritable «plan Marshall», tant attendu depuis des dizaines d'années.

Selon le directeur de l'OGEBC, la réhabilitation touchera un nombre important de maisons, de rues, de derbs, mais aussi des fondouks, des hammams, des mosquées, des zaouïas et plusieurs constructions à valeur patrimoniale et historique à l'instar du palais Ahmed Bey. Nous saurons que cette grande opération, qui a vu la participation de 22 bureaux d'études nationaux, sera menée en partenariat avec des spécialistes étrangers en réhabilitation dont des Français, des Espagnols, des Italiens, des Portugais et des Turcs. La moitié des projets devront être achevés avant avril 2015, date du lancement de la manifestation, le reste se poursuivra durant cet évènement, ce qui permettra aux invités de la ville d'en être témoins.

Arslan Selmane

APS - 26 janvier 2014

Constantine, capitale 2015 de la culture arabe : mise à niveau du centre-ville

CONSTANTINE- Une importante opération de mise à niveau des artères principales, des immeubles et des commerces du centre de Constantine sera lancée "incessamment" dans le cadre des préparatifs de l'événement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", a-t-on indiqué dimanche à la wilaya.

Le ravalement des façades, la réhabilitation des chaussées et des trottoirs ainsi que l'intensification de l'éclairage public figurent parmi les actions à entreprendre dans le cadre de cette mise à niveau", a indiqué la même source, précisant que les avenues Abane-Ramdane et Mohamed-Belouizdad, ainsi que la rue Mohamed-Bouderbala (ex-rue Petit) seront "les premiers sites concernés par cette opération".

Les services de la Direction de l'urbanisme et de la construction ont été désignés pour piloter cette opération, d'un coût de trois (3) milliards de dinars, qui sera suivie par "des opérations similaires touchant d'autres quartiers du centre-ville".

Une campagne de sensibilisation sera menée, en parallèle, auprès des habitants et des commerçants des quartiers concernés par ces opérations de réhabilitation, a-t-on souligné de même source.

Un important programme d'accompagnement des projets de la grande manifestation culturelle attendue dans l'antique Cirta pour 2015 a été ficelé, englobant, entre autres, des opérations d'aménagement des jardins et des espaces verts, ainsi que des travaux de réhabilitation et de réaménagement des places et placettes de la ville.

Le programme donnera aussi lieu au renforcement du dispositif de collecte des déchets ménagers et au traitement de l'environnement, a-t-on ajouté, soulignant que les projets lancés (ou à lancer) dans le cadre de la manifestation "Constantine, capitale de la culture arabe en 2015", ont été confiés à des entreprises selon la formule du gré à gré, dans le respect de la réglementation en vigueur, afin "de gagner du temps et permettre à la ville d'être au rendez-vous de ce grand événement".


Le Temps d'Algérie - 14 février 2014

Constantine, capitale 2015 de la culture arabe: Accélération de la cadence des travaux

Les chantiers de réhabilitation des projets lancés dans le cadre de la préparation de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", seront renforcés par l'adoption de "la méthode des trois brigades" pour accélérer la cadence des travaux, a indiqué jeudi à Constantine le wali, Hocine Ouadah. Au cours d'une visite d'inspection consacrée aux chantiers de la grande manifestation culturelle, le chef de l'exécutif local a instruit les responsables de la direction de logement et des équipements publics (DLEP) à "veiller à installer trois brigades dans les chantiers de réhabilitation de la maison de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa, du palais de la culture Malek-Haddad et de la résidence de la wilaya".

Mettant en exergue la nécessité de respecter les délais des travaux avancés par les différentes entreprises chargées de leur réalisation, le wali a demandé à inclure les entreprises locales versées dans le bâtiment, issues des dispositifs de l'emploi, dans ces chantiers de réhabilitation.

De son côté, le directeur du logement et des équipements publics (DLEP), El Eulmi Betayeb, a fait état du payement des situations financières des entreprises engagées dans les chantiers "qui est à jour", précisant que le contrôleur financier a installé "une équipe dont la mission est de suivre l'évolution des travaux et de régler toute situation financière".

Le DLEP a également précisé qu'une enveloppe financière de la réévaluation de la salle de spectacle de Zouaghi, actuellement à 40% de taux d'avancement des travaux, devant servir pour l'acquisition des équipements acoustiques entre autres, sera débloquée "la semaine prochaine".

Les services de la wilaya ont annoncé la réception de 25 projets, inscrits en prévision du grand rendez-vous culturel arabe, d'ici le mois de février 2015, soit deux mois avant le lancement officiel de la manifestation.

Les grands projets prévus pour cet événement englobent une salle de spectacles, un palais des expositions, une bibliothèque urbaine et un musée d'art et d'histoire.

Soixante-quinze (75) projets relevant du patrimoine matériel et immatériel sont concernés par des opérations de réhabilitation et de mise en valeur, a-t-on indiqué également.


El Watan - 19 février 2014

Projets de la capitale de la culture arabe
Ça traîne à la vieille ville

De nombreuses bâtisses et sites, programmés pour être réhabilités, sont encore occupés par des familles et des commerçants, alors que l'entame des travaux est prévue pour le 28 février en cours.

Fixée pour le 28 du mois en cours, l'installation des chantiers en vue d'entamer les travaux de réhabilitation de plusieurs sites à la vieille ville de Constantine risque de connaître des retards, en raison des difficultés qui persistent notamment en ce qui concerne l'évacuation des habitations et des commerces. «Nous sommes confrontés à un véritable problème, surtout que les maisons et la plupart des sites programmés pour la réhabilitation sont encore habités par des familles ou occupés par des locataires notamment les commerçants et les artisans, ce qui nous empêche d'envisager l'installation des chantiers, en plus de tout cela, même les entreprises qui devaient commencer à travailler avec nous n'ont même pas été désignées à ce jour», nous déclare le responsable d'un bureau d'études.

Parmi les nombreux bureaux études concernés par cette opération, l'on craint déjà que ces contraintes vont faire traîner les travaux, alors que des engagements ont été signés avec le ministère de la Culture pour le respect des délais, fixés pour certains lieux pour le mois de février 2015. «Comment veut-on respecter les délais, alors que rien n'a été fait pour dégager les lieux et évacuer les familles et les commerces», nous dira notre interlocuteur. Pour rappel, et lors d'une réunion avec l'exécutif et l'APC de Constantine, le wali de Constantine, Hocine Ouadah, avait insisté auprès des services concernés pour prévoir le relogement de 175 familles, afin de permettre de libérer les bâtisses choisies pour la réhabilitation. Toutefois, un problème délicat se pose pour les commerçants et les artisans qu'il faut délocaliser tout en leur assurant des locaux provisoires pour l'exercice de leurs activités. Un problème qui demeure encore posé en l'absence d'initiatives pour le moment.

Pour rappel, et lors d'une rencontre présidée le 23 janvier dernier par la ministre de la Culture, Khalida Toumi, au siège de la wilaya de Daksi, le directeur général de l'office national de gestion des biens culturels protégés avait soulevé le problème des sites habités ou occupés par les commerçants, et qu'il fallait prendre toutes les mesures pour permettre l'installation des entreprises dans les délais, surtout que ces travaux vont provoquer un grand chamboulement dans la vieille ville. Dans l'attente, et selon des sources bien informées, ce problème sera exposé à la ministre de la Culture lors de sa prochaine visite à Constantine prévue demain jeudi.

Notons que parmi les projets retenus pour la manifestation de Constantine capitale de la culture, il a été retenu la réhabilitation des sites patrimoniaux localisés en grande partie à la vieille ville, et répartis en cinq zones, pour un montant global de 7,5 milliards de dinars.

Arslan Selmane


El Watan - 5 mars 2014

Préparatifs de l'évènement de 2015
Le coût de la salle Le Zénith jugé trop excessif

Selon un cadre, l'infrastructure coûtera 15 fois plus que la normale.

Depuis quelques semaines, des décisions de réévaluation des coûts des projets engagés pour la manifestation de la culture arabe ne cessent de faire des vagues. Certains y trouvent qu'il s'agit d'opérations mal étudiées, alors que d'autres justifient ces mesures par une gestion à la hussarde d'un évènement préparé dans la précipitation. Chose qui a été confirmée hier lors d'une visite d'inspection du wali de Constantine sur les sites des principaux chantiers, dont la réalisation constitue un véritable défi pour les pouvoirs publics.

Si le consentement de la nature des contrats engagés avec les différents entrepreneurs en charge de ces projets, le gré à gré en l'occurrence, est acquis, la problématique reste sans conteste les avenants, et par ricochet les réévaluations qui ne sont pas pour faciliter les opérations comptables. D'ailleurs, sous couvert de lanonymat, un responsable local, bien au fait de ce type de projet, nous confie : «Certes, c'est une première en Algérie d'avoir ce genre d'infrastructures, mais à y regarder le coût, l'on est en droit de se poser des questions quand on sait que selon des normes européennes, la nôtre coût en vérité 15 fois plus». Quant au palais des expositions, le représentant du bureau d'étude fera remarquer au wali qu'il accuse un léger retard ; il évoque les réévaluations qui ne sont, jusqu'à présent, pas encore entérinées. Le wali dira, à ce propos: «Tout est fin prêt au niveau du ministère des Finances ; le problème ne se pose guère du point de vue financier.»

Par ailleurs, ce dernier demandera au même bureau de faire une proposition dans les jours qui suivent concernant la réalisation d'une toiture pour le théâtre de verdure, Mohamed Ouchen, sis à Zouaghi. Concernant le palais de la culture Malek Haddad, une autre modification de la devanture de la bâtisse a été suggéré, le but étant l'utilisation d'une plus grand espace, mais surtout la possibilité de lui incorporer des effets de lumière.

Dans ce sens, un entrepreneur français, porteur de cette étude ayant eu l'aval du wali, mettra en avant l'effet escompté dans ce type d'infrastructures en privilégiant le concept «des touches d'un piano». Sons et lumières pour un meilleur effet esthétique, mais le coût n'en a pas été révélé. En revanche, la maison de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa, en pleins travaux de décapage, pose un problème pour la librairie Média-Plus qui devra être délocalisée dans les tout prochains jours. Le secrétaire général de la wilaya a rassuré son propriétaire : il sera permis à ce dernier d'utiliser un local au niveau de la rue Abane Ramdane.

On lui a remis les clés du local, en attendant la remise des documents y afférents. Notons, par ailleurs, que le wali était en visite à Tlemcen sur l'initiative de la ministre de la Culture, Khalida Toumi, pour s'imprégner de l'expérience dans la gestion des projets similaires, sauf que pour ces deux manifestations, il n'y a en fait aucun élément de comparaison, tant sur les délais que sur les coûts et encore moins sur la portée de l'événement de Constantine.                   

N. Benouar


El Watan - 16 mars 2014

Le syndrome de Tlemcen

Le budget suscite déjà moult convoitises et, en filigrane, beaucoup de suspicions quant à son affectation.

Grand branle-bas de combat à Constantine en ce mois de mars 2014. Une année après sa désignation par l'Organisation arabe pour l'éducation, la science et la culture (ALESCO), comme capitale de la culture arabe 2015, l'antique Cirta connaît une frénésie certaine, du moins du côté des officiels, pour «métamorphoser» une ville millénaire accusant un  dénuement culturel difficile à combler, et ce, par le biais d'infrastructures réalisées à la hâte. Pour les autorités chargées du dossier, le temps presse en effet, si Constantine veut faire bonne figure et accueillir dignement les participants à cet événement international.

Mais comment établir une échelle des priorités sachant que tout est à faire ou à refaire ? Sur 76 projets prévus, les 25 retenus pour l'instant doivent impérativement être achevés en février 2015. C'est du moins le souhait des autorités. Outre les nouveaux chantiers, celles-ci s'engagent également dans des projets de réhabilitation du vieux bâti (environ 500 immeubles datant de la période coloniale sont concernés), mais aussi dans la «reconversion» de certains édifices. Ainsi, il a été décidé de transformer la résidence de la wilaya en centre des arts et en institut de la musique malouf, la medersa en centre de figures historiques et culturelles, alors que la maison de la culture Mohamed Laïd Al Khalifa, où les travaux sont déjà entamés, sera promue au rang de palais de la culture. Pour d'aucuns, la réorientation programmée de la résidence de la wilaya, située au niveau du boulevard Zighoud Youcef (appelé communément Boulevard de l'Abîme) doit impérativement être précédée par une réfection du réseau AEP ainsi qu'un confortement de la chaussée et du mur de soutènement de la corniche à cause du glissement de terrain survenu en mai 2013, induisant la fermeture du boulevard à la circulation.

Recyclage et rafistolage

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et le problème des infiltrations d'eau pris en charge par la Seaco piétine, retardant l'intervention des services des travaux publics pour consolider le mur. Rafistoler de vieux immeubles et recycler certaines infrastructures pour combler un vide criard en matière de musées et de centres culturels est certes louable et bénéfique pour Constantine, mais la préservation de la moelle osseuse de la ville doit constituer la priorité des priorités. Si un pan du mur de pierre de la corniche du Boulevard Zighoud Youcef  s'effondre, avec toutes les conséquences désastreuses que cela induira, c'est réellement un pan de l'architecture et de l'histoire de la ville qui échouera en contrebas du Rhumel. Côté finances, l'Etat ne lésine pas sur les moyens pour rattraper le retard enregistré avant le début de la manifestation dont le coup d'envoi sera donné le 16 avril 2015. Il compte mettre les bouchées doubles en débloquant des enveloppes mirobolantes d'une part, une cagnotte qui pourrait atteindre environ 50 milliards de DA, et en recourant à la main-d'ouvre et au savoir-faire d'experts étrangers (chinois et turcs), d'autre part. Bien entendu, un tel budget suscite déjà moult convoitises et, en filigrane, beaucoup de suspicions quant à son affectation.

Cela étant, toutes les mesures seront donc prises pour que Constantine soit prête pour ce rendez-vous qui donne des sueurs froides aux responsables du méga chantier enclenché ces dernières semaines aux quatre coins de la ville pour assurer la finalisation des 25 principaux projets entamés et dont la réception doit impérieusement avoir lieu avant le début de la manifestation. Mais qu'en sera-t-il dès lors des autres infrastructures-réceptionnées pendant ou après l'événement - et qui engloutiront des sommes éléphantesques sans être réellement optimisées ? Constantine connaîtra-t-elle le «syndrome de Tlemcen» ? Des infrastructures y sont restées fermées, une fois les feux des projecteurs éteints et l'événement (Tlemcen capitale de la culture islamique 2011) pour lequel elles ont été réalisées a pris fin. Peut-on vraiment éviter un remake s'agissant de l'événement de 2015 à Constantine ? Les responsables du secteur auront-ils assez de ressources et de souffle pour assurer une longévité culturelle aux nouvelles entités ?

Lydia Rahmani


APS - 19 mars 2014

30 sites concernés par le "projet lumière" de Constantine, capitale 2015 de la culture arabe

Trente sites, entre édifices et monuments, seront ciblés par le "projet lumière" arrêté en prévision de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", a indiqué mardi à l'APS un spécialiste français de la lumière architecturale, Alain Guilhot.
Cet architecte-lumière à qui l'opération d'illumination des monuments de la ville a été confiée, a précisé que les sept ponts de l'antique Cirta, la Médersa, la mosquée Emir-Abdelkader, le théâtre régional de Constantine (TRC) ainsi que le Palais de justice, la Maison de l'agriculture et le Monument-aux-morts "figurent parmi les sites concernés par le projet lumière".
Affirmant que la lumière artistique est "le soleil de la nuit", ce professionnel de l'éclairage, soutenant que ce projet lumière est une "occasion rêvée" pour que la cité du Vieux Rocher "se réveille le soir" et puisse dévoiler toute sa splendeur, M. Guilhot a déclaré qu'une entreprise algérienne partage avec lui la mission d'illumination des sites phares de la ville.
Le projet est actuellement en phase de "concertation" avec les différentes instances concernées, a encore ajouté cet architecte, ajoutant que l'opération d'illumination des monuments de la ville "sera prête" avant le 16 avril 2015, date du début officiel de l'évènement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe".

APS


L'Expression - 2 avril 2014

"60 milliards de dinars mobilisés pour réussir l'événement"

Une enveloppe de 60 milliards de dinars a été mobilisée pour réussir l'évènement «Constantine capitale de la culture arabe 2015», a indiqué lundi dernier à Constantine la ministre de la Culture, Khalida Toumi. La réalisation des projets accordés à la wilaya de Constantine dans le cadre des préparatifs de cette manifestation grandiose (25 nouvelles infrastructures culturelles et 74 projets de restauration du patrimoine, en plus des travaux d'amélioration urbaine prévus dans plusieurs quartiers) a nécessité un investissement public de 60 milliards de dinars, a souligné Mme Toumi au cours d'une conférence de presse qu'elle a présidée à l'issue d'une visite de travail dans cette wilaya. Faisant part de l'importance des projets inscrits au profit de cette wilaya à l'occasion de cet événement culturel, la ministre a insisté sur «l'urgence pour tous les responsables, tous les chefs d'entreprises mis à contribution, ainsi que les médias, de conjuguer leurs efforts pour être à la hauteur du défi et des attentes». Mme Toumi qui s'est longuement étalée sur «la grandeur» de la ville des Ponts «qui figure parmi les trois plus vieilles cités de la Méditerranée», a indiqué que cette manifestation culturelle sera ouverte à tous les pays, y compris non arabes, mais qui partagent un pan d'histoire ou un fragment de patrimoine avec la culture arabe. Mme Toumi qui s'est dit satisfaite du taux d'avancement des différents chantiers lancés dans le cadre de cette manifestation culturelle, a indiqué que l'objectif arrêté était de «réceptionner 60% des projets avant l'ouverture de la manifestation, soit avant le mois d'avril 2015, les 40% restants devant être livrés au cours de cette même année». Elle a également indiqué que «95% des engagements pris»dans le cadre des contrats programmes, signés en janvier dernier par l'administration, les bureaux d'études et les entreprises en charge de la réalisation des projets, «sont respectés».
Les 5% restants représentent «un léger retard de 10 jours, dû à des contraintes objectives (expropriations et procédures administratives) en voie d'être solutionnées», a ajouté la ministre. Mme Toumi a tenu à rassurer les propriétaires de biens classés situés dans la Vieille ville, que «leurs biens devant faire l'objet de travaux de restauration leur seront restitués car ils sont garantis par la Constitution». Appelant l'ensemble des intervenants à former «une sainte alliance» pour réussir cet évènement, la ministre a estimé que l'enjeu est également «économique, car il s'agit d'une manifestation qui va permettre à toute la région de Constantine de se requalifier culturellement, touristiquement et économiquement, d'autant que plusieurs centaines de postes d'emploi seront créés». S'agissant de l'élaboration du volet lié à l'animation de cette manifestation, Mme Toumi a indiqué qu'une réunion de concertation avec les différents intervenants (artistes, gens de culture, femmes et hommes de lettres) sera organisée après la campagne électorale pour arrêter le programme final de cette manifestation.
Au cours de cette visite à Constantine, la ministre s'est rendue sur plusieurs chantiers ouverts dans le cadre de cet événement, dont le projet de réhabilitation du Palais de la culture Malek-Haddad, l'ex-siège de la wilaya, la Maison de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa, les locaux de l'ex-Monoprix et la Medersa. Mme Toumi a également inspecté les chantiers de réalisation d'un pavillon d'exposition à la cité Zouaghi et une bibliothèque urbaine implantée à Bab El Kantara, avant de présider une réunion à huis clos avec les autorités locales et les directeurs de l'exécutif.


Liberté - 2 avril 2014

Le taux global des travaux a atteint 60%, selon Khalida Toumi

Par : Driss B.

A un an du lancement officiel de la manifestation "Constantine, capitale de la culture arabe 2015", la ministre de la Culture Khalida Toumi a enfin dévoilé le budget total devant servir à financer les projets inscrits pour la réalisation de nouvelles infrastructures culturelles, la réhabilitation et la modernisation de la ville des Ponts suspendus. Hier au cours de la sa visite à Constantine, elle a affirmé au cours d'une conférence de presse que l'État a attribué 6 000 milliards de centimes à ce vaste projet. Un somme considérable que la ministre a réussi à arracher au ministère des Finances après de longues négociations, car, comme l'explique Mme Toumi, "rien n'a été obtenu à la légère, l'État voulait offrir à Constantine les meilleurs projets". La ministre de la Culture, qui est à sa énième visite dans la ville cette année, est apparue plus satisfaite que lors des précédentes fois, et pour cause : elle considère que le taux global des travaux a atteint les 60%. "Aujourd'hui, je suis rassurée car 95% des chantiers ont été lancés, et il me semble qu'à présent toutes les parties sont déterminées à respecter les délais et les plannings, il nous reste seulement quelques problèmes administratifs à régler." Il semble en effet que cette fois-ci, le ministère de la Culture ait réussi à trouver un terrain d'entente pour régler définitivement le problème d'octroi des ordres de services ODS, même si le projet du pavillon des expositions situé à Aïn El Bey, traîne encore.
Notons que selon nos sources, la wilaya n'a pas encore validé entièrement l'étude de faisabilité de cette immense infrastructure confiée à un bureau d'études algérien. Paradoxalement et à quelques mètres du lieu, l'entreprise chinoise chargée de réaliser la salle de spectacle de 3 000 places réussi l'exploit d'atteindre un taux d'avancement avoisinant les 85%, et il est fort probable que la salle en question soit réceptionné dans quelques mois. Par ailleurs, la ministre de la Culture a tenu à rassurer le mouvement associatif et les artistes impliqués dans la manifestation en affirmant : "Nous allons prochainement réunir les artistes associés aux ateliers de travail comme nous l'avions fait en mai 2013, et ce, pour peaufiner la programmation culturelle de la manifestation."

D. B.


El Watan - 2 mai 2014

Constantine : près de 8 milliards de dinars pour l'aménagement urbain

Près de 8 milliards de dinars ont été mobilisés pour des projets d'aménagement urbain dans le cadre de la préparation de l'événement «Constantine capitale 2015 de la culture arabe», a-t-on appris, hier, auprès de la direction de l'urbanisme, de l'architecture et de la construction (DUAC).

Les opérations qui seront lancées «en juin prochain» portent sur le ravalement des façades des immeubles et des commerces et la réparation des ascenseurs dans plusieurs quartiers de Constantine à l'instar des avenues Abane Ramdane et Mohamed Belouizdad, de la rue Mohamed Bouderbala (ex-rue Petit) et des cités Ciloc, Bel Air et Bellevue, le tout pour un montant de 3 milliards de dinars, a précisé à l'APS Samir Bouteraâ, chef du service de la construction à la DUAC. Les projets qui permettront à la cité du Vieux Rocher d'offrir une  image digne de sa réputation concernent également l'aménagement des allées piétonnes et des trottoirs pour 2,9 milliards de dinars, selon le responsable.

La réhabilitation de neuf jardins publics, la création d'espaces verts à travers l'ensemble des quartiers de la ville, l'aménagement des ronds-points et le reboisement et l'embellissement des placettes publiques, pour une enveloppe d'un milliard de dinars, figurent parmi les actions à entreprendre dans le cadre  de cette mise à niveau, a encore indiqué M. Bouteraâ. Le programme retenu pour relooker la ville des Ponts donnera également lieu à une vaste opération de réhabilitation et de confortement des escaliers en pierre reliant les différents quartiers de l'antique Cirta.

APS


Maghreb Emergent - 20 mai 2014

Le chantier «Constantine, capitale de la culture arabe» risque de rater son rendez-vous d'avril 2015

Les grands chantiers de «Constantine, capitale de la culture arabe», accusent un énorme retard qui risque de faire rater à cet événement, son rendez-vous prévu en mai 2015. Point sur l'avancement du projet.

En décembre 2012, l'Organisation pour l'éducation, la science et la culture de la Ligue arabe (ALESCO) avait retenu Constantine, pour être la capitale de la Culture arabe. La ville est aujourd'hui un immense chantier. Et à moins d'une année de l'inauguration officielle de ce rendez-vous, prévue pour le 16 avril 2015, le défi parait insurmontable, au point où les médias ont évoqué la tenue, la semaine dernière, d'un mini-Conseil du gouvernement par Abdelmalek Sellal, pour faire le point et tenter de rattraper les retards.

Avec ses 25 nouvelles infrastructures et ses 75 projets de restauration du patrimoine, l'Etat s'est montré généreux en débloquant un budget de 60 milliards de dinars, soit environ 500 millions d'euros, pour l'évènement.
Pour ce chalenge, la nouvelle ministre de la Culture, Nadia Labidi, aura du pain sur la planche. Quels seront les projets livrés avant avril 2015 et ceux qui ne verront jamais le jour ? Autant de questions, qui embarrassent aujourd'hui les autorités locales, qui subissent une forte pression de l'opinion publique et du gouvernement.
Après le départ de Khalida Toumi, tout porte à croire que l'actuelle équipe qui dirige les différentes commissions sera maintenue, afin de ne pas chambouler les travaux qui doivent impérativement être achevés à l'échéance fixée.

Gré-à-gré systématique et généralisé

Khalida Toumi ne le cachait pas. Pour accélérer la cadence des travaux, les bureaux d'étude et les entreprises étrangères ont été systématiquement incorporés aux projets, à travers des contrats confiés au gré à gré. Mais de nombreux problèmes sont apparus en cours de route. Quelques mois avant son départ à la tête du ministère, les directeurs de l'exécutif étaient entrés en opposition au sujet jet de documents administratifs, notamment les ordres de services (ODS), que le directeur du logement et des équipements publics (Dlep) avait refusé de délivrer dans un premier temps aux bureaux d'études et aux entreprises retenus pour la réalisation de certains projets. Khalida Toumi, épaulée par le ministre du logement Abdelmadjid Tebboune, avait pourtant fini par obtenir des « ODS provisoires ».
Or, selon des sources locales qui se sont confiées à Maghreb Emergent, cette réticence du Dlep est due au fait que « certains bureaux d'étude choisis à la dernière minute n'ont toujours pas adressé leur plan d'exécution ». C'est notamment le cas pour le projet du Palais des expositions de Ain El Bey, confié une première fois à l'entreprise chinoise CSCEC. Mais cette dernière avait fini par être éjectée par Khalida Toumi, pour le confier au bureau d'études algérien Benhamed, qui avait réalisé le même projet à Tlemcen. Au moment où l'entreprise Chinoise CSCEC est sur le point d'achever les travaux de la salle de spectacle de 3.000 places « Le Zénithe, les services du contrôle technique de construction (CTC) sont encore en attente.fameux plan d'exécution pour le Palais des expositions du bureau algérien.

Retraits injustifiés

Depuis quelques mois aussi, on assiste à une série de retraits injustifiés de plusieurs entreprises de réalisation étrangères, en particulier espagnoles. Des entreprises qui ne donnent plus de signe de vie, alors qu'elles avaient remporté des marchés à coût de milliards. Parmi celles qui ont manqué à leurs engagements, et qui ont résilié leurs contrats, on notera l'entreprise chargée de réhabiliter le palais de la culture Malek Haddad, celle chargée du réaménagement de l'ex-résidence de la wilaya en institut des arts modernes, et une autre encore, qui devait réhabiliter plusieurs façades d'immeubles de la ville de Constantine.
Par ailleurs, les opérations de restauration d'une partie de la vieille ville, de monuments, d'infrastructures culturelles et des façades d'immeubles et de magasins, connaissent aussi des retards, certains sont encore au stade de déblaiement.
Les premiers à avoir dénoncé le recours systématique au gré à gré au profit des entreprises étrangères, sont les représentants du bureau local de l'ordre des architectes, qui avaient sévèrement critiqué le non respect de la réglementation en vigueur, le piétinement du code des marchés publics, et l'exclusion des architectes locaux de tous ces projets.

L'Hôtellerie et le transport, au rendez-vous

Le viaduc Transrhumel sera en principe ouvert à la circulation le 5 juillet prochain. Cet ouvrage d'art exceptionnel, appelé huitième pont de la ville, est une merveille architecturale réalisée par l'entreprise brésilienne Andrade Guttierez, qui a plus ou moins respecté ses engagements. Outre son attraction touristique, le pont dont le coût s'élève à environs 19 milliards de dinars après réévaluation, reliera les deux rives du Rhumel.
Parmi les autres grandes réalisations relevant du secteur du transport, figure aussi le tramway mis en service l'an dernier. Confié à l'entreprise italienne Pizzarotti pour montant de 330 millions d'euro, le tramway relie le quartier Zouaghi au centre ville, sur une distance de 9 km. L'extension de la ligne entre la station Zouaghi et l'aéroport Mohamed-Boudiaf/Ali-Mendjeli sur une distance de 13 km a été confiée au groupement composée du français Alstom, de l'espagnole Corsan Corviam et du groupe public Cosider. Les travaux devront débuter sous peu, pour une durée de 35 mois.
Quant aux structures d'accueil, la ville sera dotée d'ici la fin 2014 de 1.000 lits, avec la construction en cours, de cinq nouveaux hôtels classés, nous a confié le directeur du tourisme M. Hacen Lebad. En plus de l'imposant cinq étoiles Marriott, deux hôtels sont prévus à Ali Mendjeli, un à Ain Smara et un autre au lieu dit « quatrième kilomètre ». Les deux hôtels mythiques le Cirta et le Panoramic subiront, pour leur part, des opérations de lifting pour être prêts à accueillir les délégations de la manifestation Constantine capitale de la culture arabe.

K. Tebbouche


L'Econews - 28 mai 2014

Chantiers de «Constantine capitale de la culture arabe»
Huit DLEP de l'Est à la rescousse

Huit ingénieurs spécialistes appartenant aux directions de Logement et des Equipements publics (DLEP) des wilayas de l'Est ont été appelés à la rescousse par la DLEP de Constantine pour accélérer les travaux des différents projets de la manifestation «Constantine capitale de la culture arabe 2015».

La décision a été prise par le Premier ministre Abdelmalek Sellal lors d'une réunion datant du 25 mai dernier car plusieurs projets accusent d'énormes retards à l'instar de celui du Palais des expositions. D'ailleurs, en raison du grand retard enregistré dans l'étude technique concernant ce projet, le contrat avec le bureau d'études retenu à cet effet a été résilié.

Constatant des manquements jugés « intolérables » dans la conduite du projet de la construction d'un pavillon d'expositions à la cité Zouaghi sur le plateau d'Ain El Bey, le wali de Constantine M. Ouadah a instruit, le directeur des équipements publics à l'effet de résilier le contrat du bureau d'études chargé du suivi du chantier. Il soulignera que « ce bureau d'études n'a pas honoré ses engagements, c'est pourquoi il est exclu, alors que plusieurs rappels à l'ordre lui avaient notifiés ».

Ainsi le dossier de l'étude technique du projet en question a été confié à un groupement espagnol qui sera chargé, ainsi, et des études et de la réalisation du Palais.

Selon toujours le chef de l'exécutif, «la mesure de transfert de l'étude du projet du palais des expositions (études, suivi et réalisation) au groupement espagnol, nous met à l'aise, car l'opération sera menée à son terme et en 4e vitesse, à l'instar de la salle Zénith, dont la construction se fait tambour battant et à un rythme élevé». Il est à préciser que le projet du Palais des expositions est très important pour l'évènement culturel que s'apprête à vivre la ville des ponts en 2015.

« Il est inutile de préciser qu'il faut que la capitale de la culture arabe ait un tel palais », a-t-il soutenu lors de sa visite d'inspection des différents chantiers.

M.E.H


El Moudjahid - 10 juillet 2014

Constantine capitale 2015 de la culture arabe : Les chantiers avancent bien

Les travaux engagés en prévision de la manifestation "Constantine capitale 2015 de la culture arabe" ont atteint leur vitesse de croisière et seront réceptionnés "début mars 2015 au plus tard", a indiqué mardi le wali, Hocine Ouadah.

Les travaux engagés en prévision de la manifestation  "Constantine capitale 2015 de la culture arabe" ont atteint leur vitesse de  croisière et seront réceptionnés "début mars 2015 au plus tard", a indiqué mardi le wali, Hocine Ouadah. Les travaux de réhabilitation et de réalisation d'infrastructures culturelles dans le cadre de ce grand évènement "se déroulent aujourd'hui à une cadence qui permet d'affirmer que nous seront au rendez-vous, conformément à nos prévisions", a déclaré le wali à l'APS au terme d'une visite de travail sur les différents chantiers. Faisant part de la "complexité" de l'ouvre entreprise et des quelques "surprises" (présence de réseaux souterrains imprévus, notamment, qui ont jalonné les chantiers de l'ex-siège de la wilaya, de l'ex-monoprix et de la maison de la Culture Mohamed-Laïd-El-Khalifa, entre autres), M. Ouadah a affirmé que "globalement, les chantiers avancent bien et seront réceptionnés juste avant le coup d'envoi officiel de l'évènement, en avril 2015". Accompagné de la directrice générale des infrastructures publiques au ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, Mme Ouardia Youcef- Khodja, le wali a insisté auprès des entreprises de réalisation mises à contribution dans l'action de réhabilitation des infrastructures culturelles, sur "le caractère  impératif de la préservation de l'authenticité des édifices ciblés".
Le wali s'est rendu, tout au long de sa visite d'inspection hebdomadaire, sur les chantiers de la salle de spectacles de type Zénith, du pavillon d'expositions, du musée d'art et d'histoire et de la bibliothèque urbaine de Bab El- Kantara. Il a également inspecté plusieurs autres chantiers, dont la restauration de la Medersa, du palais de la Culture Malek-Haddad et de l'ex-siège de la wilaya.


El Moudjahid - 14 juillet 2014

Constantine capitale de la culture arabe : 42 pays participeront à la manifestation

Dans son allocution, donnée en ouverture de la séance de consultation tenue avec les artistes, les représentants d'associations culturelles et la société civile de la wilaya de Constantine dans le cadre des préparatifs de la manifestation "Constantine Capitale de la culture arabe 2015

Dans son allocution, donnée en ouverture de la séance de consultation tenue avec les artistes, les représentants d'associations culturelles et la société civile de la wilaya de Constantine dans le cadre des préparatifs de la manifestation "Constantine Capitale de la culture arabe 2015", la ministre de la Culture, Mme Nadia Labidi, a affirmé que l'action de son département ne se restreignait pas à la réalisation d'infrastructures, mais concernait également la programmation des activités culturelles.  "Concernant le suivi de la réalisation de nouvelles infrastructures culturelles et la réhabilitation de celles déjà existantes, ainsi que le programme de restauration de la vieille ville, nous pouvons compter sur le concours des autorités locales, le Premier ministre ayant insisté pour que les ministres en visite à Constantine accompagnent le wali sur les différents chantiers et apportent, en cas de besoin, leur concours à l'aplanissement des embûches pouvant se présenter. Pour notre part, nous devons mettre à profit la manifestation qui se déroulera dans quelques mois pour montrer toute la dynamique culturelle qui anime le monde arabo-musulman", dit-elle notamment. Concernant la cadence des chantiers lancés, la ministre s'est dite "satisfaite du taux d'avancement des travaux". À ce titre, elle sera rassurée, lors de la tournée d'inspection effectuée durant la matinée, quant à la réception fin décembre de la salle de spectacle de 3.000 places d'Aïn El-Bey, laquelle sera par la suite équipée afin d'être prête au mois d'avril de l'année prochaine.
Elle n'hésitera d'ailleurs pas à s'aligner sur la promesse faite par sa prédécesseure au poste, Mme Toumi, selon laquelle "50% des projets seront livrés avant avril 2015". Toutefois, Mme Labidi admettra la présence de "lacunes" et d'"erreurs d'appréciation".  "Certains nous ont reproché de ne pas les avoir associés à la conception des infrastructures, et ils ont peut-être raison. Cela dit, nous sommes optimistes par rapport à ce qui est en voie de réalisation." La ministre ne manquera pas de demander aux citoyens de la ville d'être "compréhensifs et patients", surtout concernant les chantiers de restauration du vieux bâti laquelle "nécessite un travail de longue haleine". Revenant sur le volet de la programmation, Mme Labidi dira qu'il est inacceptable qu'elle "provienne d'en haut". Pour l'oratrice, il faudrait que celle-ci émane des acteurs culturels de la ville. C'est dans cette perspective qu'elle déclarera vouloir "instaurer un dialogue sans exclusive afin que tout le monde se sente concerné par l'événement". Par ailleurs, la ministre annoncera que les  différentes commissions chargées de la programmation ont retenu une quarantaine de pièces de théâtre, huit festivals de musique, dont quatre internationaux, treize colloques universitaires et deux expositions lesquelles s'étaleront sur six mois chacune. Elle annoncera en outre que 42 pays, dont 21 membres de l'Organisation islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture (ISESCO), prendront part à cette manifestation.
Issam Boulksibat

La porte demeure ouverte pour enrichir le programme

S'agissant des propositions, "la porte demeurera ouverte à tous les  Constantinois, et aux artistes en particulier, pour enrichir ce programme préliminaire  élaboré sur la base des propositions émises par les gens de Constantine", a souligné Mme Labidi, appelant les artistes à "aller en rangs unis pour permettre la pleine réussite à cet évènement". Faisant part de l'importance de la communication dans la réussite de toute entreprise, la ministre a estimé "urgent" de jeter des passerelles entre les responsables et les artistes, et de bannir toute exclusion. La ministre qui a longuement évoqué les événements qui secouent actuellement la bande Ghaza, en Palestine, a estimé que la ville de Constantine est "aujourd'hui investie de la noble responsabilité de promouvoir l'esprit arabo-musulman qui anime le monde arabe". "Constantine sera, à l'occasion de cette manifestation, le cour battant de tout le monde arabe, d'où l'urgence de se consacrer pleinement pour être à la hauteur des attentes", a ajouté la ministre.          


Maghreb Emergent - 3 août 2014

Lancement des travaux de réhabilitation des hôtels Cirta et Panoramic de Constantine

Le chantier de réhabilitation des deux hôtels, infrastructures publiques, Cirta et Panoramic de Constantine, ouverts au public respectivement en 1912 et 1958 ''vient d'être lancés'', a-t-on appris samedi auprès d'une source de l'Entreprise de gestion touristique de l'Est (EGTE).
Inscrits dans le cadre d'un programme national de mise à niveau des anciens hôtels, les travaux de réhabilitation de ces infrastructures, dont l'étude a été confiée à un bureau spécialisé étranger, visent à ''rénover et à relever la qualité de leurs prestations hôtelières de manière à les adapter aux normes internationales" a précisé la même source.
Lancés pour un délai de travaux de douze mois, la réhabilitation des deux hôtels, Cirta et Panoramic (3 étoiles et 4 étoiles) a nécessité la mobilisation d'une enveloppe financière estimée à plus d'un milliard de dinars, a-t-on encore noté, soulignant l'importance de la "préservation de l'empreinte historique de ces établissements".
Situé avenue Aouati Mustapha, au centre ville, l'hôtel Panoramic d'un style architectural moderne est composé de six (06) étages comptant soixante cinq (65) chambres, deux (02) restaurants, des salons, et une salle de conférence. L'hôtel Cirta, l'établissement emblématique de la ville, au style architectural arabo-mauresque, érigé sur une superficie totale de 1.895 m2 dont 1.094 m2 bâtis, compte soixante quinze (75) chambres, quatre (4) suites et deux (2) appartements présidentiels.
Cette structure hôtelière de quatre (4) étages, située non loin du pont Sidi Rached, comprend également un restaurant de cent vingt (120) couverts, une salle de conférence, une salle polyvalente, une autre pour les banquets, un salon de thé, et une cafétéria.
L'EGTE a consacré une enveloppe financière de 4 milliards de dinars pour la réhabilitation et la modernisation de cinq (5) de ses hôtels, a-t-on souligné, précisant que la priorité a été accordée dans le lancement des travaux, aux deux hôtels de la capitale de l'est du pays, en prévision de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe''. Les trois autres hôtels concernés par la mise à niveau sont Chélia (Batna), les Hammadites (Béjaïa) et Bougaroune à Collo (Skikda), a t-ton précisé.

APS


El Watan - 29 août 2014

Constantine, une capitale en retard

A partir du 16 avril 2015, Constantine sera, comme l'a désignée la Ligue arabe, capitale de la culture arabe. Sur le papier, le ministère de la Culture promet concerts, expositions et manifestations culturelles dans la wilaya.

42 pays, dont 21 membres de l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture, prendront part aux festivités. Plusieurs monuments historiques de la capitale accueilleront le public, à l'image du pont Salah Bey, inauguré en juillet dernier, du Musée des arts et expressions culturelles, du Musée de Cirta ainsi que du Musée d'art moderne de Constantine.

Des manuscrits ancestraux de oulémas seront exposés pour la première fois lors de la manifestation qui rassemblera aussi des artistes de la nouvelle scène musicale algérienne. Sont annoncés le chanteur algérien Abdi l'Bandi, l'Ensemble national de musique arabe de Palestine ainsi que le groupe américano-afghan Crossroads Project.

Des maisons d'édition seront aussi impliquées : les éditions Alger Livres qui projettent la traduction en arabe de certaines de leurs ouvres, dont La Chute de Hadj Ahmed Bey et du Beylicat de Constantine, de Charles Feraud et Histoire de la Numidie et des Maurétanies, de Louis Lacroix. En pratique, plusieurs personnalités de Constantine déplorent le retard pris dans l'organisation et s'inquiètent de la rénovation du patrimoine qui, comme à Tlemcen, capitale de la culture islamique en 2011, promet déjà d'être bâclée.

Nedjma Amrani

Le Temps d'Algérie - 7 octobre 2014

Réhabilitation de la Medersa et de l'ex-monoprix à Constantine : des entreprises étrangères pour redynamiser les chantiers

Les travaux de réhabilitation de la Medersa et de l'ex-monoprix vont être confiés à des entreprises étrangères pour redynamiser les chantiers et permettre leur achèvement avant le coup d'envoi de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", a décidé, mardi, le wali, Hocine Ouadah.

Le chef de l'exécutif local qui effectuait une visite d'inspection de ces deux projets, initialement confiés à des opérateurs locaux, constatant que les travaux étaient "bien loin d'avancer à la cadence souhaitée", a demandé au directeur des équipements publics de procéder "immédiatement" à des consultations avec les entreprises Chinoises chargées de la réhabilitation des hôtels Panoramic et Cirta en vue de leur confier ces deux chantiers.

La réhabilitation de la Merdersa, futur centre dédié aux figures historiques de Constantine, et des locaux de l'ex-monoprix, à transformer en musée d'art contemporain, sont d'une "extrême importance dès lors que cette opération a été décidée dans des circonstances spéciales exigeant, aujourd'hui plus qu'avant, de renforcer la cadence pour permettre à la ville d'abriter cet évènement culturel loin de tout stress", a souligné le wali.

Le wali a également décidé, lors de cette sortie de terrain, de prendre des sanctions à l'encontre des entreprises homologuées par la Sonelgaz et qui n'ont pas répondu favorablement à la réquisition signée par l'administration locale pour l'accomplissement des travaux de transfert des câbles électriques entravant l'avancement des travaux de réhabilitation des 434 bâtiments situés sur les accès et axes protocolaires de la ville.

Huit (08) entreprises sur les onze (11) réquisitionnées dans le cadre de ce chantier ont refusé de travailler, "ce qui est illégal", a déclaré M. Ouadah, ajoutant que ces entreprises verront leurs agréments retirés, tandis que les travaux seront confiés à la Sonelgaz.

Par ailleurs, des instructions "fermes" ont été signifiées aux responsables de la Sonelgaz à l'effet d'accélérer le raccordement au réseau électrique de la salle de spectacles de type Zenith, en cours de travaux à la cité Zouaghi-Slimane, sur les hauteurs de Constantine.

S'agissant du projet de réalisation du pavillon d'expositions dans l'environnement immédiat de cette salle de spectacles, le wali a donné à l'entreprise de réalisation un délai courant jusqu'au 27 octobre prochain pour la pose de la charpente métallique, faute de quoi, a-t-il averti, le marché sera "résilié".

Tous ces projets, auxquels il faut ajouter la réhabilitation des maisons de la culture Malek-Haddad et Mohamed-Laïd Al Khalifa, de l'ex-siège de la wilaya, des hôtels Cirta, Panoramic, ainsi que l'achèvement du grand hôtel Marriott, figurent parmi les priorités des autorités locales, a fait savoir  M. Ouadah.

Au cours de cette même visite, le wali a également inspecté les chantiers de réalisation du salon d'honneur de l'aéroport international Mohamed-Boudiaf les travaux de construction d'une bibliothèque urbaine et d'un musée à Bab el Kantara ainsi que la réhabilitation de l'esplanade de la mosquée Emir-Abdelkader.


El Watan - 9 octobre 2014

La thèse et l'antithèse

Constantine capitale de la culture arabe La thèse et l'antithèse. Dans ce chantier grandeur nature, l'on ignore finalement qu'elle rôle est assigné aux élus locaux ou encore au wali.

Plus de 60 milliards de dinars, deux ministres, deux walis, trois commissaires, des partisans et des détracteurs, le tout sur fond d'opacité totale quant à l'évolution des préparatifs inhérents à la manifestation de 2015. En somme, ce rendez-vous événementiel constitue l'axe principal autour duquel tourne 24 heures sur 24 la planète Constantine pour que cette ville antique soit prête à accueillir ses invités sans avoir à en rougir. Le pari est-il pour autant gagné ? A six mois du lancement officiel de la manifestation «Constantine capitale de la culture arabe», la manifestation suscite bon nombre d'interrogations et autant d'inquiétudes sachant que pas mal de projets en voie de réalisation accusent un retard certain sur les prévisions initiales.

Du coup, la pression est grande et inévitablement la course dans la précipitation à l'achèvement des travaux impactera la qualité. Pourtant le temps ne manquait pas et  l'argent non plus. L'Etat a alloué une enveloppe plus que généreuse pour que les projets jugés nécessaires pour le bon déroulement de cet événement soient achevés conformément aux délais impartis. Malgré cela, l'on assiste à des retards tous azimuts, des projets confiés de gré à gré loin de toute transparence. Comment la cagnotte débloquée pour 2015 est-elle réellement gérée? Par qui et comment? Les travaux engagés ont engendré un véritable embrouillamini.

Dans ce chantier grandeur nature qu'est devenu la ville de Constantine, entre réfection d'immeubles et de trottoirs, construction de nouveaux édifices, réhabilitation, colmatage et rénovation - les adjectifs ne manquent pas- l'on ignore finalement qu'elle rôle est assigné aux élus locaux ou encore au wali de Constantine. Ont-ils un droit de regard sur les modalités liées à l'octroi de projets aux nombreux entrepreneurs «recrutés» pour l'occasion et dont la plupart sont issus en dehors de la wilaya de Constantine, d'Alger particulièrement ?

Un modus operandi discutable

Par ailleurs, depuis la désignation de Constantine pour accueillir la manifestation en mars 2013, des changements ont été opérés à la tête du ministère de la Culture et de la wilaya de Constantine. Il y a eu également remplacement des deux premiers commissaires désignés pour suivre le bon déroulement des préparatifs. Forcément, l'on s'interroge si «l'esprit» originel conféré aux projets de 2015, est respecté par les différents successeurs, chacun à son niveau, d'autant qu'il y a un manque de communication criant de la part de ces derniers. Les visites d'inspection sont légion, certes, mais point de bilan, ne serait-ce que mensuel, visant à éclairer l'opinion publique et la presse, d'autant que cet événement fait partie actuellement de l'air qu'ils respirent, car cet air pollué, chargé de particules de ciment et de gravats le leur rappelle quotidiennement.

Cela étant, il serait toutefois inconvenant de ne pas relever qu'au-delà du modus operandi plus que discutable conféré à cette «joute» culturelle, certains projets en cours constituent une opportunité certaine pour la ville des ponts d'émerger de sa torpeur. Le Zénith et la salle des expositions, notamment, sont perçus comme une réelle expérience qui favorisera l'adéquation de l'antique Cirta avec les standards caractéristiques des grandes agglomérations.  

Pour résumer le tout, il est patent que les 365 jours de 2015 sont d'ores et déjà intensément vécus et commentés. Partisans et détracteurs se disputent jusqu'à la pertinence de cet événement. Mais point de contributions et encore moins de polémique argumentée !
Quant à l'université, la tête pensante de la société, elle reste étrangement loin ou éloignée de cette manifestation. Pourtant, la quintessence de ce rendez-vous implique des débats en amont.

Lydia Rahmani


Le Temps d'Algérie - 11 octobre 2014

Constantine, capitale de la culture arabe : l'événement signera la renaissance culturelle de la ville (ministre)

La manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" signera la "renaissance culturelle" de l'antique Cirta, a indiqué, samedi, la ministre de la Culture, Nadia Labidi.

S'exprimant au cours d'une conférence de presse consacrée à la présentation des grandes lignes du programme des activités culturelles prévues dans le cadre de ce grand événement, la ministre a précisé que "renaissance" et le terme qui sied le mieux à une cité dont "les femmes et les hommes ont ouvré, tout au long de l'Histoire, à porter des projets de renouveau de la société algérienne".

Mme Labidi, affirmant que le programme préliminaire de la manifestation a été élaboré "en concertation avec toutes las parties concernées", a tenu à souligner que ce programme "reste ouvert à toutes les suggestions et propositions qui viendraient à être formulées durant toute l'année de cet événement".

Elle a également ajouté que la "pérennisation" et la "rentabilisation" des infrastructures culturelles réalisées dans le cadre de cet événement, ainsi que la perpétuation de l'acte culturel lui-même dans la ville des ponts, au-delà de l'année 2015, demeure "le principal objectif" de cette manifestation "grandiose".

A une question relative à la prédominance des ponts de Constantine dans le spot publicitaire de l'événement, par rapport à d'autres symboles de l'Histoire de la ville, Mme Labidi a indiqué qu'il s'agit-là d'une manière de "se réapproprier les ponts qui restent l'identité de la cité".

De son côté, le commissaire de l'événement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", Sami Bencheikh El Hocine, a indiqué que le coup d'envoi de l'événement culturel, prévu le 16 avril 2015 sera marqué par "beaucoup d'éclat".

Il a fait part, à ce propos, d'une "parade dans les principales artères du centre de Constantine, animée par les représentants des pays conviés et des six régions représentatives de l'Algérie".

L'ouverture officielle de l'événement, a poursuivi le commissaire de la manifestation, sera donnée à la nouvelle salle "Zénith" de la cité de Zouaghi par l'Orchestre national symphonique (ONS), sous la houlette du maestro Amine Kouider, l'orchestre de musique andalouse suivi d'un spectacle, actuellement en cours de préparation, devant être présenté par le ballet national, dans une grande fresque qui retracera l'histoire de Constantine.

L'ouverture de cet événement culturel sera également marquée par un spectacle son et lumière baptisé "Murmures du Rocher" qui marquera le coup d'envoi de l'illumination de ponts et des édifices emblématiques de l'antique Cirta, a-t-on noté.

Au cours de la présentation des grandes lignes du programme d'activités culturelles de cet événement, le logo de la manifestation, validé par le ministère de la Culture, a été présenté.

Le budget alloué aux activités culturelles de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" est de l'ordre de sept (7) milliards de dinars, a-t-on également noté.

Constantine, capitale de la culture arabe : un programme conçu pour mettre en valeur l'identité de l'antique Cirta (commissaire)

Le programme d'activités culturelles prévu lors de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" mettra en valeur l'identité de l'antique Cirta, ses trésors historiques, artistiques et culturels, a indiqué samedi à Constantine le commissaire de l'événement, Sami Bencheikh El Hocine.

La manifestation retracera l'histoire millénaire d'une des plus vieilles cités du monde, et mettra en valeur son architecture, ses traditions ancestrales et sa musique, a déclaré M. Bencheikh El Hocine au cours de la présentation des grandes lignes du programme des activités culturelles.

Affirmant qu'à travers l'histoire de Constantine, le commissariat de la manifestation ouvre à présenter aux pays arabes, l'histoire de toute l'Algérie, son savoir-faire et son savoir-vivre, il a également souligné "l'apport de la société civile dans la réussite de tel événement".

Les grandes lignes du programme d'activités culturelles englobent des expositions thématiques, d'autres expositions liées au patrimoine, accompagnées d'édition de livres, aux côtés de l'organisation d'un grand salon dédié à la sculpture algérienne Plus de 1.000 ouvrages traitant de différents domaines de la connaissance seront édités à cette occasion, en plus de l'organisation de journées d'études, de colloques et de salons se rapportant au livre et à l'édition.

Au chapitre de la musique, le programme comprend l'organisation de plus de 180 grands concerts, tout au long de l'année de la culture arabe que durera l'événement, en plus de 36 spectacles thématiques qui seront proposés au Palais du Bey, et de la tenue des "Nuits de la musique et de la chanson arabes".

Des spectacles du ballet national et des ballets des pays hôtes seront également programmés, ainsi que trois (3) festivals de danses (arabes, africaines, folkloriques et contemporaines).

Le 4ème art ne sera pas en reste puisque pas moins de 108 représentations seront organisées à Constantine et plus de 200 autres dans les wilayas de l'est du pays. Deux cafés-théâtres seront également créés et proposeront deux spectacles par semaine.

Dans le domaine du patrimoine, il est prévu, entre autres, l'enregistrement d'un grand album intitulé "Malouf de Constantine, Anthologie", comprenant 36 CD, ainsi que l'enregistrement et l'édition de 8 coffrets de CD et de DVD de différents artistes de Malouf, d'Aroubi, de Mahjouz et de chant Aïssaoua.

Des documentaires sur la confrérie des Aïssaoua, du Diwan, et des Chouyoukhs de la musique de Constantine seront également réalisés à l'occasion de cette grande manifestation.

Constantine, capitale de la culture arabe : de grandes opérations citoyennes pour sensibiliser la population (commissaire)

De grandes opérations citoyennes ciblant la population constantinoise seront lancées en octobre et en novembre 2014 en prévision de l'évènement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", a indiqué samedi à Constantine le commissaire de la manifestation Sami Bencheikh El Hocine.

Baptisée "Les éboueurs du Rocher", l'opération consistera à nettoyer les gorges et les berges du Rhumel, et sera suivie d'un concours du "plus beau quartier de la ville", destiné à impliquer les constantinois dans les préparatifs de cet événement culturel exceptionnel.

Une grande opération citoyenne de don du sang au profit des hôpitaux de la ville sera également parrainée par le commissariat de cette manifestation culturelle, a ajouté M. Bencheikh El Hocine, soulignant que l'événement doit également constituer "un moment de solidarité".

Par ailleurs, un programme spécial pour la célébration du 60ème anniversaire du déclenchement de la Révolution, comprenant spectacles, parades de scouts avec retraite aux flambeaux, feux d'artifice sur les ponts, sera également organisé, a-t-on noté.

Entre décembre 2014 et février 2015, plusieurs événements sportifs (tournois inter-quartiers de football, marathon des ponts.) seront aussi organisés, a-t-on encore souligné, précisant que l'objectif est de "renforcer la cohésion sociale et promouvoir l'engagement des jeunes constantinois pour leur ville".


El Moudjahid - 12 octobre 2014

La ministre de la culture à Constantine : « Faire de l'antique Cirta un pôle de culture et de savoir»
La manifestation débutera le 16 avril 2015.

De notre envoyé spécial : Kader Bentounès

Pour dévoiler le programme initial de la manifestation culturelle phare de l'année 2015, à savoir  «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» une conférence de presse a été organisée, hier, au siège de l'Assemblée populaire de la wilaya de Constantine, par la ministre de la Culture, Nadia Labidi, le coordinateur général de la manifestation, Houcine Bencheikh, le wali de Constantine, Hacene Ouadah, et le chargé de communication, Yazid Aïd Hamadouche. «Le début de cette manifestation aura lieu le 16 avril 2015 », c'est la déclaration faite par la ministre de la Culture, Mme Nadia Labidi lors de cette rencontre qui a réuni un nombre important d'intellectuels et d'artistes de renom de la capitale de l'Est de même qu'un parterre de journalistes et de responsables du comité d'organisation.  
La ministre de la Culture  a également mis l'accent sur « la grandeur de cette manifestation qui ne sera que bénéfique pour la ville de Constantine, à court, moyen et long terme, en faisant d'elle un carrefour culturel important et un pôle de savoir ». Par ailleurs, elle a mis en exergue l'implication des autres portefeuilles de l'exécutif pour parvenir à respecter les délais de réalisation, et réussir la manifestation : « Le wali de Constantine reçoit chaque semaine des délégations ministérielles qui veillent sur le bon déroulement du programme de cette grandiose manifestation, il ne faut pas oublier que celle-ci est intersectorielle et concerne donc la plupart des départements», a-t-elle déclaré

Une inauguration grandiose
L'ouverture de la manifestation culturelle devrait se dérouler en deux parties : la première, folklorique et festive, aura lieu le 15 avril 2015 au soir,  avec comme orientation de faire participer le public à la cérémonie d'ouverture. En effet, un programme varié est prévu pour toucher toute la ville avec la participation de 21 pays à travers des spectacles d'expression musicale et chorégraphique, ainsi que six régions d'Algérie pour démontrer le riche patrimoine culturel du pays. Au programme nocturne, une illumination de la ville et ses grandes artères, ainsi que des feux d'artifices sont également prévus pour faire de l'événement un moment inoubliable pour les Constantinois qui sortiront dans les rues pour l'occasion. La deuxième partie sera officielle et devrait se dérouler le 16 avril 2015, coïncidant avec la journée du Savoir, avec au programme un méga-concert qui devrait avoir lieu dans la nouvelle salle de spectacles le Zénith animé par l'orchestre symphonique national en collaboration avec les orchestres régionaux et le ballet national algérien.

Un programme riche et varié
Mme Nadia Labidi a souligné lors de son allocution que le programme de cette manifestation n'est pas définitif et qu'il est toujours ouvert à toutes les propositions, ajoutant que « les propositions déjà émises sont aux dimensions de l'envergure culturelle et historique de Constantine, l'une des plus anciennes villes de la Méditerranée ». Des départements sont mis en place pour organiser la manifestation, selon Houcine Bencheikh, représentant différents arts et activités intellectuelles, à l'instar des expositions avec cinq rétrospectives consacrées à différents artistes, l'organisation de sept expositions thématiques. Le département de musique proposera  entre autres plus de 195 concerts, et 36 spectacles thématiques au Palais Bey. Le monde livresque éditera plus de 1.000 ouvrages, dans différents domaines, avec l'organisation de journées d'études, de colloques et de salons se rapportant au livre et à l'édition. Un riche programme est prévu pour le quatrième art, avec l'organisation de 108 spectacles de théâtre dans les wilayas de l'Est, durant l'année, ainsi que l'organisation de spectacles d'humoristes pour ne citer que cela, un programme varié de danses et chorégraphies est également prévu, ainsi que 17 rencontres et colloques aux diverses thématiques. Le septième art produira  5 longs métrages et 9 documentaires, et des projections en avant- première sont prévus à raison de 3 ouvres par mois, sur l'année. Les ouvres en question seront reprises dans les wilayas limitrophes le même mois. Quatre semaines culturelles par mois seront dédiée chacune à une wilaya du pays, ainsi que l'organisation de semaines culturelles dédiées à chaque pays arabe participant. Par ailleurs, le patrimoine a eu une grande part du programme afin de redonner à la ville de Constantine toute son aura, avec des travaux de réhabilitation des secteurs patrimoniaux protégés de Constantine, la réalisation de fouilles archéologiques, la restauration de Dar Salah El Bey et tant d'autres projets, d'autres part, le patrimoine immatériel verra un dynamisme avec des projets ambitieux à l'exemple de l'édition de « Malouf de Constantine, anthologie » comprenant 36 CD, l'enregistrement de l'édition de 8 coffrets CD, livret DVD, de différents artistes Malouf, Aroubi et Mahjouz, sans oublier des films documentaires et la création d'un orchestre régional de Constantine et d'une école de musique.

De grands projets et un budget conséquent
Dans son côté, le wali de Constantine a affirmé que les projets d'infrastructures culturelles devant être construites en cette occasion ne seront pas tous livrés. Certains seront réceptionnés à temps, et d'autres le seront à la veille du coup d'envoi de cette manifestation. Néanmoins, cela ne signifie pas que les autres projets ne seront pas finalisés, et c'est la ministre de la Culture qui a tenu à rappeler que ceux-ci seront bénéfiques pour la ville de Constantine et ses habitants. Par ailleurs, Youcef Bencheikh a déclaré que le budget alloué aux manifestations culturelles est de sept milliards de dinars. Un budget conséquent qui se réparti comme suit : 4 milliards relevant au titre de 2014, 2 milliards au titre de 2015 et 1 milliard comme complément au titre de 2016.

K. B.


El Watan - 28 octobre 2014

Mise à niveau du vieux bâti en perspective de 2015
De la réhabilitation au simple ravalement de façades


Les travaux risquent de connaître de sérieux retards à cause des lourdeurs bureaucratiques.

Les travaux de réhabilitation d’une partie de l’ancien patrimoine immobilier de la ville de Constantine, inscrits dans le cadre du programme d’accompagnement des projets en cours de réalisation, en perspective de la manifestation 2015, risquent de prendre un sérieux retard sur les prévisions. Pire, l’opération de réhabilitation d’un total de 343 immeubles anciens risque de se transformer en une simple opération de …ravalement de façades. Ni plus ni moins.

Initialement prévue pour fin 2014, la finalisation des travaux de réhabilitation des vieilles bâtisses concernées prendra certainement beaucoup plus de temps à cause notamment des lourdeurs bureaucratiques. Certaines sources proches du dossier évoquent à cet effet, le mois de février voire mars pour que la rénovation des immeubles concernés soit achevée. Le problème réside, selon notre source, dans l’octroi tardif des ordres de services (ODS) et la signature des marchés par les entreprises étrangères retenues. «Les entreprises étrangères chargées de la réhabilitation ne signeront le marché que cette semaine.

Elles viennent également de recevoir les ODS. Ces entreprises ont entamé les travaux par anticipation pour ne pas trop perdre de temps car la procédure réglementaire aurait pris beaucoup plus de temps, mais malgré cela les travaux n’ont pas beaucoup avancé», nous dit-on. En effet, en dépit de ce prétendu gain de temps les travaux piétinent, car les entreprises étrangères engagées dans ce processus de relooking attendent depuis plusieurs semaines que le financement nécessaire à l’importation de matériaux spécifiques et de main d’œuvre qualifiée soit enfin débloqué.

Entamés au mois d’août 2014, les travaux relatifs à la mise à niveau du vieux bâti de Constantine devaient durer environ six mois et cibler l’étanchéité des terrasses, la réfection des vieilles toitures, la réfection des cages d’escaliers et le ravalement des façades. Or, avec le retard enregistré dans la signature des marchés et l’octroi des ODS, l’ambitieux programme de réhabilitation de ces immeubles pourrait être revu à la baisse et se transformer en un simple ravalement de façade. «Les travaux ont pris un mauvais départ. Les choses ont été faites tardivement, dans la précipitation.

Ces projets constituent une chance inespérée pour Constantine d’acquérir de nouvelles infrastructures et des immeubles rénovés, mais il aurait fallu engager ce grand chantier dans les temps pour que tout soit exécuté correctement loin de tout bricolage dicté par les retards importants enregistrés sur les prévisions», déplore une source proche de la wilaya. Malheureusement, au regard des lenteurs et des retards qui caractérisent la plupart des projets inscrits dans le cadre des préparatifs pour le rendez-vous de 2015, l’irrespect des délais de réalisation est devenue une marque déposée caractérisant le méga chantier portant le sceau de 2015.

Lydia Rahmani


APS - 30 octobre 2014

Constantine, capitale de la culture arabe 2015 : réception du tiers des projets de restauration en avril

Le tiers des projets de restauration des biens protégés à Constantine -capitale de la culture arabe 2015- seront réceptionnés en avril 2015, a annoncé le directeur général de l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés, Abdelouahab Zekagh.

"Le tiers de ces projets seront réceptionnés avant le lancement de la manifestation, le second tiers pendant et le tiers retant après ce rendez-vous culturel, a fait savoir M. Zekagh sur les ondes de la chaîne I de la radio nationale.

Les festivités de la manifestation Constantine, capitale de la culture arabe s'étalleront du 16 avril 2015 au 15 avril 2016.

La restauration "demande du temps et il y a plus de 80 points d'intervention entre Ksour, bains maures et mausolés...", a-t-il fait remarquer ajoutant que les rénovations à Constantine "avoisinent les 40% du total des opérations de restauration des biens culturels protégés de la ville".

"Les travaux de restauration ont été confiés à des sociétés mixtes algériennes et étrangères dont des sociétés turques" afin d'"accélérer la cadence" de réalisation.

Selon le responsable, les préparatifs de cette manifestation "avancent bien" ainsi que les nouveaux projets.


APS - 5 novembre 2014

Un méga-parc réceptionné avant l'ouverture de "Constantine capitale 2015 de la culture arabe"

Le projet d'aménagement d'un méga-parc citadin dans l'ex-quartier du Bardo, au coeur du Vieux Rocher, sera réceptionné "avant l'ouverture de la manifestation Constantine capitale 2015 de la culture arabe", ont indiqué mercredi les services de la Société d'architecture et d'urbanisme (SAU).

S'étendant sur une superficie de 65 hectares, ce parc écologique, le premier du genre à l'échelle du pays, sera composé d'un jardin botanique, d'un cours d'eau de près de 2,5 km, de cascades et d'espaces forestiers aux alentours du Rhumel, a-t-on souligné à la SAU, bureau chargé du suivi des travaux.

Le parc urbain de Constantine est en construction sur le terrain où étaient implantées des habitations aujourd'hui éradiquées dans le cadre d'une vaste opération de relogement lancée par les autorités locales en 2009, a-t-on rappelé de même source, faisant part de l'impact qu'aura également ce projet dans "le développement de la ville sur le plan du design".

Le futur parc citadin du Bardo occupera plus de la moitié de ce quartier qui s'étend sur une superficie de 110 hectares, a-t-on également indiqué à la SAU, rappelant que la réalisation de ce projet est confiée à un groupement algéro-italien.

Selon les responsables chargés de la réalisation de ce projet, les "quelques contraintes" entravant l'avancement des travaux, notamment l'existence de trois habitations précaires sur l'emprise du projet, sont "en voie de résolution, dès lors que ces logements seront évacués "incessamment" et leurs occupants relogés.


El Watan - 5 novembre 2014

Des toilettes publiques japonaises pour la ville

Durant plusieurs années, l'APC n'a jamais pensé doter la ville de ce genre d'installations, mais il a fallu cet évènement pour s'en rendre compte.

Les services de la municipalité de Constantine s'apprêtent à contracter un marché avec une société privée nippone pour la livraison et l'installation de toilettes publiques en préfabriqué. Et pour accélérer les procédures administratives inhérentes à cette opération, l'APC a été autorisée à recourir au fameux système de gré à gré, qui a pignon sur rue ces derniers temps à l'occasion de la préparation du rendez-vous culturel de 2015.

Une importante enveloppe financière de l'ordre de 36 millions de dinars va être dégagée par la municipalité pour l'installation de 6 toilettes publiques qui seront implantées à divers endroits de la ville (centre-ville, aux alentours du CHUC, cité Daksi.), avons-nous appris de source proche de l'APC de Constantine.

La pose devrait avoir lieu d'ici le début du mois de décembre 2014 et s'achever à la fin du même mois, sachant que les raccordements nécessaires ne réclament pas beaucoup de temps. Voilà donc une action louable, mais qui s'apparente beaucoup plus à une opération de Com'. En clair, que ne ferait-on pas pour satisfaire les visiteurs ! Quant au citoyen lambda, qui aura attendu . 2015 pour que l'auguste APC daigne penser à le soulager, il n'en bénéficiera, en fait, que par effet de transitivité.

Une incongruité déconcertante dont nous gratifient les officiels constantinois qui se sont ingéniés depuis des années à «dépouiller» Constantine, désignée ville la plus propre d'Algérie en 1987, de ses attributs. Du coup, bien que ce soit une belle ville, Constantine est, paradoxalement, une ville bien sale ! Non pas à cause des travaux de réhabilitation dont elle fait l'objet depuis quelques mois, elle l'est déjà depuis de nombreuses années.

C'est un triste constat également établi par des étrangers de passage, séduits d'une part par la beauté des gorges du Rhumel ou encore la majesté du pont de Sidi M'cid, mais écoeurés, d'autre part par l'amoncellement des ordures à chaque coin de rue. Est-ce normal d'accueillir des milliers de visiteurs dans une ville éprouvant du mal à gérer ses ordures domestiques ?

Insalubrité ingérable

Réhabiliter, colmater, retaper et réaménager une partie des infrastructures culturelles de Constantine pour que celle-ci fasse bonne figure constitue indéniablement une chance unique pour cette ville millénaire de se mettre à niveau, mais il est inconcevable qu'elle reçoive ses invités dans un environnement insalubre. Dépenser des milliards de dinars pour révolutionner la ville et laisser les déchets l'enlaidir serait un véritable revers pour les organisateurs de la manifestation de 2015.

Cela dit, la gestion des déchets issus de l'activité domestique des ménages de Constantine a toujours été catastrophique. Un véritable noud gordien pour les services de l'APC qui éprouvent beaucoup de difficultés à se débarrasser des 400 tonnes d'ordures journalières à cause, notamment, de «l'éloignement de la décharge publique de la commune de Benbadis et des atermoiements de la direction de l'environnement qui tarde à prendre les choses en main  pour transformer la décharge du 13ème kilomètre (sur la route d'Ain Smara, ndlr) en centre de transfert», relève à ce sujet notre source.

Celle-ci met également en exergue le manque de civisme des citoyens irrespectueux des horaires relatifs au ramassage des ordures et qui participent ainsi à accentuer le problème. «Nous faisons actuellement 2 rotations par jour uniquement, car les camions de l'APC prennent énormément de temps pour arriver à la décharge de Benbadis alors qu'il faudrait en faire 5 à 6 pour que les quartiers de la ville soient complètement propres.

Il faut dire aussi que les gens jettent leurs ordures indépendamment des horaires fixés pour le ramassage», nous dit-on, par ailleurs. Pour que tout soit réellement prêt pour 2015, si l'on se base sur les promesses et les allégations des autorités concernées, Constantine a besoin, plus que jamais, d'une opération de décrassage pour que le regard des convives attendus ne soit pas agressé par des détritus qui n'ont aucune raison d'être.

Lydia Rahmani


El Watan - 14 novembre 2014

Un musée moderne pour Constantine

Il est connu de tous que la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» est la source de plusieurs projets architecturaux, parmi eux le projet de réalisation d’un Musée d’art et d’histoire, sous l’égide de la wilaya de Constantine, maître d’ouvrage, en accord avec le ministère de la Culture.

Ce nouveau musée sera situé à Bab El Kantara, au bord des gorges donnant sur le Rhumel, l’édifice dialogue avec la Médersa de Constantine. Son architecture se présente comme un dispositif de cadrage photographique du paysage environnant, un site exceptionnel de beauté. Ce musée de 6000 m2 vient étoffer l’offre culturelle de la ville, déjà riche de quelques lieux du patrimoine. Un véritable outil moderne au service des commissaires et des conservateurs de musées, qui permet de déployer à travers de grands plateaux des scénographies pour des expositions temporaires spectaculaires. Ces derniers sont dotés de tous les moyens sophistiqués de présentation que permettent les grandes hauteurs de sous-plafond, propices à ce type de muséographie. Aussi, les espaces d’exposition permanents, quant à eux, vont abriter des collections importantes, notamment celles se trouvant à l’étroit dans les archives du musée Cirta, le musée emblématique de la ville.

Faten Hayed


Le Temps d'Algérie - 19 novembre 2014

Constantine, capitale de la culture arabe: "Privilégier la restauration professionnelle à la restauration superficielle"

La ministre de la Culture Nadia Labidi a affirmé, mardi à Alger que son secteur avait "opté pour la restauration professionnelle de haut niveau de certaines infrastructures à Constantine au lieu de la restauration superficielle", ce qui explique le "retard" accusé dans la réception des projets en prévision de la manifestation Constantine, capitale de la culture arabe prévue le 15 avril 2015. Dans un entretien accordé au quotidien Echorouk, Mme Labidi a estimé que "la restauration de certaines infrastructures culturelles nécessitent une restauration professionnelle de haut niveau", ajoutant que ces projets "seront réceptionnés au cours de l'année".

La ministre a indiqué que son secteur "a voulu tirer les enseignements des expériences passées et a préféré maintenir à leurs postes les cadres qui ont participé à ce genre de manifestations", rappelant la mise en place d'un "groupe de travail à Constantine chargé du suivi des projets en coordination avec le wali et les autorités locales et d'un autre groupe à Alger".

S'agissant de la cérémonie d'ouverture de la manifestation, Mme Labidi n'a pas écarté la participation de certaines compétences étrangères qui jouissent d'une expérience avérée en la matière, soulignant que "la touche principale sera apportée par la wilaya de Constantine qui jouit d'un riche patrimoine culturel et artistique".

Mme Labidi a souligné que l'ouverture de la manifestation sera marquée par "un grand spectacle chorégraphique programmé pour le 17 avril", ajoutant que "le 70ème anniversaire des massacres du 8 mai 1945 sera également commémoré parallèlement à la mise en place d'un programme spécial en hommage à la défunte Warda el djazaïria".

[...]


La Tribune - 13 janvier 2015

Constantine, capitale... des retards!
Plusieurs projets ne seront pas prêts en avril 2015

Il n'y a aucun doute quant à la rareté des structures culturelles. À l'exception du Zénith de 3 000 places, du Palais de la culture et de la Maison de la culture, Constantine n'a aucune salle de cinéma hormis deux petits espaces nouvellement réalisés. Les six autres cinémas de la ville sont toujours fermés et la Cinémathèque, entièrement rénovée, donne plus l'image d'un capharnaüm que d'un espace public de projection

Il est désormais acquis que Constantine ne sera pas prête pour accueillir dans les meilleures conditions la manifestation culturelle dont l'ouverture est prévue pour avril 2015 et qui devrait s'étaler sur toute une année. Cette certitude, tous les journalistes, sans exception, en étaient persuadés depuis le jour où la décision a été annoncée et nul parmi les confrères ne s'est épargné le fait de le souligner comme dans une sorte de défi, parce que connaissant profondément la nature des engagements pris par les pouvoirs publics locaux, d'une part, et le dilettantisme des acteurs de l'exécutif qui fait que justement rarement projet aboutisse dans les délais. Ce n'est pourtant pas faute de délai dont ont bénéficié ces mêmes pouvoirs publics locaux depuis la fin de l'année 2012. À cette période, le gouvernement emboita le pas à la décision de l'Alecso de faire de cette wilaya de l'Est la capitale de la culture arabe pour l'année 2015.

C'est au cours du forum qu'organise chaque semaine la radio locale que le secrétaire général de la wilaya, qui remplaçait en dernière minute son supérieur hiérarchique, le reconnaissait, dimanche dernier, s'autorisant même une plaidoirie pro domo quant aux retards sur au moins 60% des projets prévus pour donner à l'évènement son lustre et surtout faire honneur au pays qui l'accueille, déclarant avec une formidable contenance que «... pour que tout soit clair, la majorité des gens pensent que tous les projets prévus dans le cadre de la manifestation devraient être obligatoirement prêts. Cela n'a jamais été un engagement et je dirais même que ça dépasse l'entendement, ensuite, la manifestation s'étale sur toute une année et par voie de conséquence les projets programmés seront graduellement livrés». Ce qui pourtant, compte tenu du rythme d'avancement des travaux sur chaque opération, relève tout simplement de la gageure. Le fonctionnaire ajoutant : «Bien entendu, au 16 avril 2015 certaines structures doivent être prêtes à l'image de la salle d'honneur de l'aéroport Mohamed-Boudiaf pour accueillir avec le faste voulu les illustres visiteurs de la ville, il y aura également le Mariott qui sera fonctionnel, selon les assurances que nous avons obtenues, à partir du mois prochain.» Selon le représentant de la wilaya, la cité universitaire de jeunes filles 2 000 lits, située à hauteur dudit complexe, lui serait annexée compte tenu de l'aisance du secteur universitaire dans la wilaya de Constantine en matière de structures d'hébergement destinées aux étudiants. Le directeur général de SCH, de laquelle relève le Mariott, devrait être présent dans les deux ou trois jours à venir dans la ville des ponts pour des entretiens en ce sens et surtout des voies et moyens de faisabilité d'une telle démarche. Quoiqu'il en soit, la question semble réglée dans la mesure où la CJF 2 000 serait réaménagée en institut de formation hôtelière. Il n'y a cependant aucun doute quant à la rareté des structures culturelles, à l'exception du Zénith, cette salle de spectacle de 3 000 places, du Palais de la culture Malek-Haddad et la Maison de la culture Mohamed Laïd-El Khalifa, entièrement repris et, bien entendu, aucune salle de cinéma hormis deux petits espaces nouvellement réalisés. Soulignons toutefois, que les palais et la maison de la culture ont vocation à remplir les fonctions de salle de cinéma, sauf qu'ils ne disposent plus d'équipements pour les projections depuis près d'une vingtaine d'années. Les six autres cinémas de la ville sont toujours fermés au moment où la salle de répertoire de la Cinémathèque, entièrement rénovée, donne plus l'image d'un capharnaüm que d'un espace public de projection. Les entreprises engagées sur l'opération ayant déserté les lieux pour créances non payées par les pouvoirs publics.

Enfin le pavillon des expositions, sur lequel ont énormément tablé les responsables locaux, construisant quelque part l'orgueil de la cité sur ce joyau, est malheureusement à l'arrêt et l'entreprise espagnole de réalisation a été mise en demeure de reprendre les travaux, «sinon, nous allons confier ce qui reste de réalisation à une autre entreprise», conclura le wali.

Finalement, la ville continuera de rester un chantier sauf sans doute pour les invités du monde arabe, qui n'auront que des circuits bien précis à faire pour ne pas être heurtés par tellement de plaies urbanistiques et une hygiène qui laisse à désirer.


APS - 13 Janvier 2015

Constantine: cellule de coordination pour accélérer la réhabilitation de la Medersa et l'ex-Monoprix

Une "cellule de coordination" pour suivre des travaux de réhabilitation de la Medersa et de l'ex- Monoprix sera "immédiatement" mise en place pour accélérer l'avancement de ces chantiers ouverts dans le cadre de l'évènement "Constantine capitale de la culture arabe 2015", a indiqué mardi le wali, Hocine Ouadah.

Cette cellule sera composée de représentants de la wilaya, des responsables du bureau d'études concernés et de l'entreprise chargée de ces projets, a souligné le wali au cours de sa sortie hebdomadaire sur les chantiers en cours, en prévision de cet évènement culturel.

L'objectif est de donner un "second souffle" à ces deux projets qui accusent un retard "plus ou moins important", a souligné le wali, précisant que les sorties de terrain seront "multipliées" pour "voir de plus près l'avancement des travaux et intervenir si nécessaire".

Les membres de la cellule de coordination effectueront "régulièrement" des réunions techniques et de concertation pour venir à bout de toutes les contraintes entravant l'avancement des chantiers et prévenir d'éventuels problèmes, a indiqué le chef de l'exécutif local, insistant sur "l'importance de la communication" pour réussir toute entreprise.

Estimant "inadmissible" de continuer à travailler "en rangs dispersés" sur des chantiers revêtant une importance "particulière", M. Ouadah a appelé les responsables concernés à conjuguer leurs efforts pour l'achèvement des travaux de réhabilitation de ces deux structures situées au cour de la ville.

La Medersa, une imposante bâtisse de style néo-mauresque, abritera un centre dédié aux figures historiques et culturelles de l'antique Cirta, quant aux locaux de l'ex Monoprix, ils seront transformés en musée d'art contemporain, a-t-on relevé.

Le wali qui s'est dit "satisfait" quant à l'avancement des travaux de construction de la salle de spectacle de 3.000 places, en phase d'achèvement à la cité Zouaghi-Slimane, a, en revanche, fait part de son mécontentement devant la lenteur qui persiste dans la réalisation du pavillon d'expositions, mitoyen de cette salle.

Il a indiqué, in situ, que l'administration locale "n'hésitera pas à appliquer les sanctions prévues par la loi dans ce genre de situations" et affirmé que les hautes instances du pays ont été informées au sujet de ce projet, confié à une entreprise espagnole, qui peine à être réalisé.

Au cours de sa tournée, M. Ouadah a également annoncé que la salle de spectacle de 3.000 places, prévue pour être réceptionnée "fin février 2015", sera gérée par l'Office national de la culture et de l'information (ONCI).

Le wali avait entamé sa visite par l'inspection des chantiers de réaménagement de l'esplanade de la grande mosquée Emir-Abdelkader dont une partie sera réceptionnée avant l'ouverture de l'évènement culturel que Constantine s'apprête à accueillir dans moins de 4 mois.

Le nouveau salon d'honneur de l'aéroport Mohamed-Boudiaf, les palais de la culture Malek-Haddad et Mohamed-Laïd Al Khalifa (en réhabilitation), l'ex-siège de la wilaya et le palais Ahmed-Bey ont également reçu la visite du wali qui a achevé sa tournée en inaugurant le centre d'appel local mis en place par le ministère de l'Intérieur et des collectivités locales.


El Watan - 15 janvier 2015

Retard dans les chantiers de l'évnement de 2015
La panique gagne les responsables

La ville des Ponts sera-t-elle prête le 16 avril prochain pour accueillir la manifestation Constantine capitale de la culture arabe? Rien n'est moins sûr. En dépit des déclarations se voulant rassurantes des responsables des projets liés à cette manifestation, la visite d'inspection effectuée, hier, par le wali aux différents chantiers ouverts à travers la ville a révélé que beaucoup reste à faire pour combler le retard enregistré dans certains projets. Le pavillon des expositions de Zouaghi est à ce titre l'exemple le plus approprié pour illustrer cet état de fait.

Le projet en question connaît en effet un retard considérable à telle enseigne que le wali a menacé la société espagnole chargée de la réalisation du projet de résilier son contrat et à ses torts exclusifs, si la charpente métallique, élément de base pour la réalisation de la structure n'est pas livrée dans les trois prochains jours.

Des retards sont également à signaler dans la réhabilitation de certaines cités comme au Ciloc, au Coudiat, au boulevard Belouizdad, mais aussi au Chalet des Pins où les taux d'avancement sont respectivement de l'ordre de 55, 60, 50 et 40%. Le wali a d'ailleurs instruit les entreprises réalisatrices de renforcer les chantiers en moyens humains et matériels pour accélérer la cadence des travaux. Le salon d'honneur de l'aéroport Mohamed Boudiaf où le wali a fait une courte halte n'est pas semble-t-il mieux loti.

L'on se demande d'ailleurs pourquoi des ouvriers s'échinaient à badigeonner à grand renfort de peinture la façade de l'édifice, alors qu'à l'intérieur et à l'extérieur des travaux de maçonnerie n'ont toujours pas été achevés. Une manière de procéder plutôt grossière afin de donner l'illusion que les travaux tiraient à leur fin.

Concernant les autres sites visités, par le wali notamment les hôtels Mariott, Panoramic et Cirta, la salle des spectacles de Zouaghi, le palais de la culture Malek Haddad et le centre culturel El Khalifa, le taux d'avancement des travaux, selon les responsables des chantiers, permet de croire que les projets seront livrés dans les délais, même si quelques bémols sont à signaler du côté des hôtels Panoramic et Cirta où des travaux de gros béton, visibles de l'extérieur, sont en cours au niveau des chambres de ces hôtels notamment. Quoi qu'il en soit l'urgence est là et à trois mois du lancement de la manifestation, les responsables de la ville commencent visiblement à paniquer. Certains se sont même laissé à dire qu'il fallait travailler dorénavant H24 pour respecter les délais.

Espérons seulement que cette précipitation n'aboutisse pas, comme il est de coutume dans ces cas là, à un bâclage des travaux pour lesquels, les habitants de Constantine ont dû consentir beaucoup de sacrifices, rien qu'en termes de désagréments.                                        

F. Raoui


APS - 10 Février 2015

Constantine capitale de la culture arabe: le programme et le financement maintenus dans leur totalité

La rationalisation des dépenses publiques décidée en raison de la chute des cours du pétrole n'aura pas d'incidence sur l'événement Constantine capitale 2015 de la culture arabe dont le programme et le financement sont maintenus dans leur totalité, a affirmé, mardi, le wali, Hocine Ouadah.

Le programme arrêté pour cet évènement est "maintenu tel qu'il a été défini au départ", a précisé, dans une déclaration à l'APS, ce responsable, en marge d'une visite d'inspection des différents chantiers ouverts dans le cadre de cette manifestation.

"Contrairement à ce qui est dit et écrit ici ou là au sujet du financement de cette manifestation culturelle, je confirme qu'il n'y a eu ni restriction ni remise en cause de la consistance du programme, encore moins la réduction des crédits alloués", a ajouté le wali.

Les préparatifs de l'évènement "avancent sur un rythme accéléré", a affirmé le chef de l'exécutif local, soulignant "que tous les engagements de l'administration locale, s'agissant de la livraison des infrastructures culturelles et d'accueil, seront respectés à la lettre".

Maintenant, a-t-il ajouté, s'agissant des autres projets structurants prévus à Constantine, à l'image des extensions du téléphérique et du tramway, ainsi que du stade de 50.000 places, et "dans l'hypothèse où des réajustements devaient être opérés, la wilaya attendra d'abord la décision du gouvernement à ce sujet".

Au cours de sa tournée dans les différents chantiers, M. Ouadah a renouvelé ses instructions aux entreprises de réalisation à l'effet de redoubler d'efforts et de renforcer leurs effectifs en vue de la réception des projets et pour permettre aux équipes techniques de tester leur fonctionnement.

Le wali avait entamé sa visite sur les chantiers de réaménagement des immeubles de la cité CILOC et de réhabilitation de l'esplanade de la mosquée Emir-Abdelkader, avant de s'enquérir de l'avancement des travaux de réhabilitation et de réalisation de différentes autres infrastructures culturelles.


El Watan - 17 février 2015

La responsable de la communication claque la porte

Faouzia Souici, chef du département communication et porte-parole officielle de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», a présenté sa démission hier, par lettre, à la ministre de la Culture, Mme Nadia Labidi.

Elle accuse le «camp des prédateurs » de refuser la proposition de créer «un comité de veille et de surveillance des dépenses des deniers publics» formulée par des membres de la société civile. «Cet événement pouvait apporter un plus à ma ville, par la création de nouvelles traditions de vie culturelle dans une cité au bord de l'implosion.

Je voulais faire de l'événement une plus-value en termes d'apport économique, de création d'emplois dans le secteur de la culture (.). La population de Constantine refuse catégoriquement l'humiliation de figurer en décor de circonstance. A la tête du département communication, je n'ai pu réaliser cette tâche. En cause mon opposition au clan des prédateurs, qui ont voulu confiner ma mission à un rôle de faire-valoir», écrit-elle.  Elle cite l'exemple des spots publicitaires qu'elle n'a pas pu confier aux «cinéastes talentueux au fait de détails pyscho-identitaires des Constantinois».

Pourquoi ? «Parce que les spots et autres supports médiatiques, générateurs de beaucoup d'argent sont la chasse gardée de petits nababs venus d'Alger», relève-t-elle. Selon elle, l'imposition de trois devis contradictoires avant la conclusion des marchés n'a pas plu à des intérêts directs représentés par un groupe qui serait formé de «conseillers particuliers dépêchés d'Alger» ou «recrutés à Constantine parmi ceux connus pour avoir trempé dans des affaires scabreuses  dans le monde du spectacle».

Faouzia Souici révèle que ses relations avec le commissaire de la manifestation, Samy Bencheikh, se sont dégradés après son refus de couvrir les charges de la visite d'une certaine «Madame Dalila» venue à la recherche d'un contrat de 5 millions de dinars pour célébrer le 8 Mars. «Que dire alors du 1,4 milliard de centimes de la sulfureuse Safinez à qui on a accordé le OK (.) Mes déboires avec le commissaire ont aussi concerné ma position et mon refus catégorique de pré-financer sur le budget du commissariat la campagne publicitaire d'un organisateur de spectacles sans convention dûment signée», écrit-elle.

Faouzia Souici s'interroge sur «l'utilité» d'un tel événement s'il n'offre pas l'occasion à la population de Constantine «de mettre en avant son savoir-faire, son savoir-vivre, ses valeurs ancestrales, ses créateurs à travers ses artistes, ses peintres, ses sculpteurs, ses cinéastes, ses boîtes de production, ses artisans.».

Fayçal Métaoui

Le Quotidien d'Algérie - 17 février 2015

Lettre d'une incorruptible. Il en existe parfois !

Mme Souici Faouzia
Chef de département communication
Porte parole officiel de
Constantine capitale de la culture arabe 2015

Constantine le 15fevrier 2015

A madame la ministre de la culture

OBJET : démission

Madame,

Constantine capitale de la culture arabe était jusqu'à hier, un challenge, le dernier peut être d'une série interminable de combats que j'ai du mener durant toute ma vie. J'ai fais l'exception dans un environnement hostile, en voulant défendre l'option de la réappropriation de l'événement, je me disais « qu'Il ne faut pas laisser le terrain vide, il ne faut surtout pas se placer dans la position confortable de l'observateur ». Il faut plutôt ouvrer pour rétablir l'équilibre des choses, influencé le cours des événements de l'intérieur du commissariat. »
Cet événement pouvait apporter un plus a ma ville, par la création de nouvelles traditions de vie culturelle dans une cité au bord de l'implosion .Je voulais faire de l'événement une plu value en terme d'apport économique, de créations d'emplois dans le secteur de la culture, de création de partenariat « productif » entre tous les acteurs du secteur culturels en hibernation et les pouvoirs publics, afin de fructifier un tant soit peu l'investissement colossal de l'état et, éviter de faire de ses réalisations des opéras ou ne rodent que des fantômes sans vie :

Mes interventions dans les medias de proximité traduisaient l'engagement et la détermination. La sincérité des propos a fait renverser quelque peu la vapeur en faveur de la tenue d'une manifestation réussie portée à bras le corps par la population de Constantine.Les résultats de ce travail étaient visibles hier lors de la rencontre du commissaire de l'événement avec la société civile au CNFPH, une rencontre qui a rétabli un tant soit peu le rapport de force dans le but d'arracher la manifestation des mains des prédateurs de tout acabit ...Suite à cette « descente » massive des représentants de la société civile la panique s'est installée dans le camp des prédateurs. Ils ont saisis le sens de ce que représente la proposition d'un « comité de Veille et de surveillance des dépenses des deniers publics »

Le commissaire et son adjoint ont décidé de « flamber » 450.OOO $ en 20 minutes (commande confirmé aux chinois) pour les tirs pyrotechnique, bafouant par la tout le train de mesure d'austérité ordonné par les pouvoirs publics.

Une provocation de plus qui risque d'enflammer la ville dans un contexte socio politique des plus vulnérables. a ce propos je n'ai cessé de faire des remarques de ce genre a Mr Bencheikh dans le sens ou il doit faire une lecture politique de tous ses faits et gestes

Quel est l'utilité, madame la ministre d'un événement d'une telle ampleur s'il n'offre pas l'occasion a sa population de mettre en avant son faire savoir, son savoir vivre, ses valeurs ancestrales, ses créateurs, a travers ses artistes, ses peintres, ses sculpteurs, ses cinéastes, ses boites de production, ses artisans ... La population de Constantine refuse catégoriquement l'humiliation de figurer en « décor de circonstance » je pense que vous le savez déjà. Sociologue, de formation vous ne pouvez qu'en maîtriser, les tenants et aboutissants.

A la tète du département communication je n'ai pu réaliser cette tache .et pour cause mon opposition au clan de prédateurs, qui ont voulu confiner ma mission de chef de département, et porte parole officielle de l'événement a un rôle de faire valoir ... Certes Crédible, une voix, pour une fois audible, dont la mission et de leur permettre de réaliser leur main mise sur le département.

Je n'ai pu confier la réalisation d'un seul des spots publicitaires prévu, a aucun des cinéastes talentueux , aux faits de détails psycho identitaires des constantinois, en dépit des concessions financières obtenues de leur part, parce que les spots, madame, et autres capsules, supports médiatiques, generateurs de beaucoup d'argent sont la chasse gardée de petits nababs
venus d'Alger, « porteur de savoir faire technologique » pour se faire de l'argent facile sur le dos des Constantinois.

Savez vous madame, que l'un des jeunes cinéastes de Constantine en l'occurrence (Mr Mahdi Abdelhak) a propose hier lors de la rencontre avec la société civile de faire passer ses trois films lors de l'année de la capitale arabe a titre gratuit Les prérogatives du département logistiques sont floues et piétinent dangereusement sur celles du département communication.

La signature d'une note interne me protégeant de tous les dépassements après avoir constaté ce genre de « petites initiatives », qui visaient beaucoup plus à tester ma réaction, puis à me dompter, dans le but de s'accaparer du budget prévu dans ce sens. La méthode que je préconisais n'arrangeait pas les affaires des prédateurs : trois devis contradictoires, un choix fait par la concertation, en toute transparence. Cette méthode de travail m'a valu une campagne orchestrée dont l'objectif est de me pousser a partir car j'ai touché aux intérêts directs de ce groupe qui a pris en otage le commissariat avec au départ un silence , inexpliqué puis complice.. puis un franc appui du commissaire de l'événement.
ce groupe formé a cette occasion est recruté sous Forme.. de conseillers particuliers .... dépêché d'Alger, (fils d'un haut cadre du ministère des
affaires étrangères) ou, recrutés directement a Constantine parmi ceux connus pour avoir tremper dans des affaires scabreuses dans le monde du spectacle, ou encore ceux qui a l'heure actuelle se trouve sous enquête judiciaire pour escroquerie, qui pullulent les couloirs du siège et, tournent autour du commissaire de l'événement ; ce dernier s'avère être totalement acquis a leur cause.

Les relations se sont nettement dégradées depuis mon opposition a la dernière visite de « madame Dalila »( oui madame, encore une !), une ancienne militaire de l'armée royale marocaine, amie intime de l'épouse de lakhdar Bentourki venue sur invitation du commissaire pour trois jours aux frais du commissariat (prise en charge a l'hôtel elhocine ) , bien entendu en rabatteur, pour la célébration du 08mars , a la recherche d'un autre contrat a 5millions de dinars (le premier contrat
étant la fameuse duperie du village des enfants tenue la première semaine du mois de novembre ) ,n'ayant trouvé aucune faille a mon programme le commissaire , pour plaire a Bentourki via l'amie intime de son épouse décide de fêter la femme durant .... 03 jours

Que dire alors du milliard 400 millions de cts de la « sulfureuse Safinez », a qui on a accorde le ok, ou du passage de la boite privée badidou, a 01 milliard de centimes, ou des frasques et dérives morales au Novotel dont toute la ville en parle.... Mes déboires avec le commissaire ont aussi concerné ma position et refus catégorique de préfinancer sur budget du commissariat la campagne publicitaire d'un organisateur de spectacles ayant bénéficié d'une cagnotte de 14 MDA pour organiser des animations de spectacles au niveau de certaines communes sans convention dument signée.Le commissariat a fait abstraction de la charte des procédures administratives et financières en vigueur au niveau du secteur pour ce qui concerne l'ordonnancement paiement des dépenses.

En plus du fait de la méthode Guenna adoptée pour échapper au contrôle financier ( virement de plus de 90% de la tranche de crédits directement aux Entreprises sous tutelle ONCI, ARC, TNA etc..), Le commissaire a délégué ses pouvoirs d'ordonnancement à un administratif qui ne différencie pas entre une affiche et un portique gonflable... mieux, le chef de dpt logistique s'est accaparé de pouvoirs non justifiés en devenant un passage obligé entre le dpt com. Et le signataire du bon de commande. Se ne sont que quelques raisons qui m'ont poussées a la démission que je vous expose aujourd'hui avec beaucoup de déception et d'amertume. Pour conclure, je vous prie madame de bien vouloir accepter ma démission du poste de chef de département communication tout en vous remerciant de la confiance dont vous m'avez investit

Mme Souici Faouzia


El Watan - 17 février 2015

Constantine, capitale de la culture arabe 2015 : Faute de grives.

Elle est la capitale de la Numidie, mère des civilisations, la Jérusalem du Maghreb, l'antique Cirta, et s'apprête à enfiler, dans deux mois, son costume de carrefour de la culture arabe 2015.

Mais malgré la proximité de l'événement, Constantine est encore loin d'avoir fini son «make-up» grandeur nature. Du coup, face à l'étendue des retards enregistrés par les opérations de relooking engagées, les officiels font désormais feu de tout bois. Pour accuser le contrecoup des projets à la traîne, ils greffent à présent des réalisations préalablement non concernées dans la «short list» des projets à réceptionner avant le 16 avril 2015.

C'est notamment le cas du nouveau salon d'honneur de l'aérogare Mohamed Boudiaf et du stade Benabdelmalek Ramdane. Deux structures dont la construction est antérieure aux projets de réhabilitation et des nouvelles réalisations entreprises dans le cadre des préparatifs pour la manifestation de 2015, mais que les autorités locales ont décidé d'introduire avec le reste.

Alors qu'il aurait dû déjà être opérationnel bien avant 2010, le nouveau salon d'honneur de l'aéroport Mohamed Boudiaf de Constantine devrait normalement être fin prêt pour. 2015. Du moins, c'est ce que les autorités de la wilaya souhaitent. Il fait désormais partie des projets qu'il devient urgent de finaliser et réceptionner avant l'événement culturel du mois d'avril. Il en est de même pour le stade Benabdelmalek Ramdane, dont la réouverture est également annoncée pour le printemps.

Une seconde naissance pour un stade plus que centenaire, démoli en partie en 2008, pour laisser place au tracé du tramway. Rénové et modernisé par l'entreprise italienne Pizzarotti, ce stade qui dispose actuellement de quatre tribunes couvertes susceptibles d'accueillir près de 10 000 spectateurs, selon l'APC de Constantine, à la faveur d'une extension, devait être opérationnel bien avant 2015.

Mais dans notre pays, les caprices de la bureaucratie, du mauvais temps et du manque de transparence dans la gestion de certains projets rajoutent toujours leur grain de sel pour reporter les dates de réception et de mise en service d'une structure. A ce rythme-là, le contournement de djebel Ouahch de l'autoroute Est-Ouest risque lui aussi de tomber dans l'escarcelle de Constantine 2015 ! Comme dit le proverbe : faute de grives, on mange des merles.

Lydia Rahmani


L'Expression - 22 février 2015

BENCHEIKH EL HOUSSIN SAMY, COMMISSAIRE DE «CONSTANTINE, CAPITALE DE LA CULTURE ARABE», À L'EXPRESSION "Il y a des retards dans certains travaux"

Par Ikram GHIOUA

Dans un entretien qu'il a accordé à L'Expression, le commissaire de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe», Bencheikh El Houssin Samy, s'exprime avec un franc-parler pour dire tout, notamment les retards de certains travaux, les entraves et les pressions. La locomotive est en marche, on n'a plus droit à l'erreur et Constantine semble prête pour le grand rendez-vous.

L'Expression: On est à moins de deux mois de la manifestation, si beaucoup reste encore à faire qu'est-ce qui a été fait?
Bencheikh El Houssin Samy: D'abord, ce qui a été convenu est structuré: le déploiement opérationnel du programme culturel sera respecté par tous les départements, plus aucun souci à ce sujet, maintenant s'agissant de ce qui n'a pas été fait par rapport aux infrastructures, il faut noter que le Palais des expositions accuse un retard, suite à des problèmes contractuels. La structure ne sera prête qu'entre les mois de septembre et octobre. Concernant le musée d'art moderne «Mamco» en face de l'ancienne station de transport, il ne sera pas réceptionné selon le programme initialement tracé. C'est dû à des contraintes purement techniques du terrain. Il s'agit d'un glissement vers le Rhummel, des spécialistes sont en train de confronter et d'évaluer la problématique. Selon les dernières estimations, l'infrastructure sera prête le mois de novembre de l'année en cours. Il y a également un retard au niveau des travaux pour la réalisation d'une bibliothèque, le problème est plus sensible car les travaux ont permis la découverte de vestiges, il s'agit de ruines qui remontent à l'ère romaine. Tout le plan de travail doit être revu, le souci est de préserver ce trésor historique et sauvegarder cette découverte, donc il faut s'attendre à ce que la bibliothèque prenne du retard encore jusqu'à 2016. Pour résumer la situation sur les projets de restaurations, j'informe que sur les 83 opérations, une dizaine seulement sera fin prête pour le jour J. Le reste le sera sans faute au courant de l'année 2015. Maintenant, concernant le Zénith, je suis heureux de vous annoncer qu'il sera fonctionnel le 15 mars prochain.

Concernant l'enveloppe financière qui est de 7 milliards de dinars consacrée à l'événement, de nombreuses personnes, notamment des experts financiers, ont jugé qu'elle n'est pas en mesure de couvrir les dépenses, cela vous pose-t-il un problème sérieux ou non?
L'argent est une question de savoir-faire et tout dépend de sa gestion, c'est purement une question de stratégie financière, je tiens à rassurer qu'on sera en mesure de faire avec ce qui a été prévu, en évitant le gaspillage. L'usage de l'argent ne doit strictement répondre qu'aux besoins de la manifestation, néanmoins j'ai une bonne nouvelle. La ministre de la Culture a promis de dégager sur le budget du ministère de la Culture des fonds supplémentaires pour faire face à d'éventuelles dépenses additionnelles. Sur cette rallonge, le Premier ministre Abdelmalek Sellal est informé.

Vous faites l'objet de critiques de part et d'autre, pour beaucoup tout ce qui vous intéresse, ce sont surtout les trois premiers jours de l'événement, on aimerait bien savoir jusqu'où le commissaire est engagé?
Hélas, oui, beaucoup a été dit à ce sujet, pourtant, je suis prêt à répondre à toutes les préoccupations. Depuis que je suis à la tête du commissariat, je ne cesse de fournir des efforts, je subis des pressions et parfois je me surpasse pour être à la hauteur de mes responsabilités. J'ai rencontré pratiquement tous les élus, les P/APC, le P/APW, le mouvement associatif avec tous les présidents des associations. Mon souhait est d'impliquer tout le monde sans exclusion, cet événement est pour Constantine et les Constantinois et j'estime que tous doivent y participer. J'accorde une très grande importance à la presse et je reste à son écoute. On vient de créer un Club de la presse qui sera un espace de rencontre, de libre échange, mais aussi un lieu où les journalistes pourront avoir une information crédible. Il est question aussi d'une revue, Maqam qui ne tardera pas à être éditée. Elle est assurée par des professionnels du métier et à laquelle je tiens beaucoup, car elle sera le miroir de cette manifestation. Je ne m'arrêterai pas là, car je souhaite laisser une empreinte traditionnelle après l'événement. Regardez, par exemple, j'ai opté pour l'idée de créer des activités interlycées. L'initiative a été lancée, il y a quelques jours, pour impliquer la direction de l'éducation. Le concept consiste en des concours culturels et artistiques où chaque lycée s'engage avec une troupe théâtrale, de danse, de dessin et aussi de musique. De ces troupes-là sortiront des compétences qui existeront même après la manifestation. Les lycées au nombre de 29 à Constantine doivent chacun faire des présentations et on sauvegardera au pire des cas une dizaine d'artistes confirmés. En fait, avec mon équipe je vise un plan culturel futuriste et structurel. Pour cela je me suis entouré de jeunes doués, d'artistes reconnus, d'intellectuels qui auront un message à transmettre aux futures générations. C'est aux jeunes talentueux et aux universitaires de s'affirmer en profitant de cette manifestation.

En un mot est-ce que le commissariat est prêt?
Oui on est prêt, c'est une lourde mission, mais j'assure que tout est en marche et progresse dans le bon sens. D'ailleurs, notre site peut-être visité, il est déjà fonctionnel.


L'Expression - 22 février 2015

Un événement compromis

Par Brahim TAKHEROUBT

Qui veut offrir en spectacle la ville du roi Massinissa, du vénérable Cheikh Benbadis? Qui veut ridiculiser l'antique Cirta?

On s'attendait à une manifestation majestueuse digne de la grandeur de cette ville millénaire, une gestion impeccable, une bonne répartition des rôles, un timing réglé comme une horloge suisse et une transparence dans l'utilisation des budgets en ces temps d'austérité, on nous a servi tout le contraire.
A la place du festin promis, les convives auront droit au menu fretin. Retenue en décembre 2012, pour abriter la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», la ville des Ponts suspendus est restée toujours en chantier et la ministre de la Culture, Nadia Labidi risque de rater lamentablement ce challenge. Car telle qu'elle a été entamée, la manifestation sera un véritable naufrage. Ce ne sont pas des programmes, des guest- stars, des nouveautés dont on parle à moins de deux mois de l'ouverture officielle de cette manifestation. Une démission en fanfare du chef du département communication et porte-parole officielle de la manifestation Faouzia Souici, donne un avant goût -amer de la manif. Mme Souici parle de passations douteuses de marchés, de corruption, de dilapidation de deniers publics. Plus grave encore, elle soutient que «cette prédation a été organisée à Alger» où «de nombreux marchés de communication, transport, organisation de spectacles, financement de livres, de films... ont été accordés il y a déjà une année». Comment se fait-il alors qu'on parle d'un manque de temps dans la réalisation des infrastructures, si la distribution des marchés s'est faite il y a une année? A qui allons-nous imputer le désastre qui est en train de se mettre en place? Aux caprices de la météo? Loin s'en faut, il s'agit d'abord d'une mauvaise gestion et d'un désastre de gouvernance.
Nombreux sont les observateurs qui imputent cette responsabilité à la ministre de la Culture. «Mme Labidi est responsable! C'est elle qui a gaffé dans cette affaire», insistent-ils lui reprochant son laxisme inexpliqué, son manque d'enthousiasme et sa manière débonnaire de gérer le dossier. Ils rappellent à juste titre comment l'ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi a croisé le fer avec le wali d'Oran et le ministre des Finances quand elle a eu à gérer «Tlemcen, capitale de la culture islamique». Au four et au moulin, présente sur le terrain, elle défendait son projet avec hargne au point d'agacer les médias qui l'accusaient alors d'en faire trop «pour plaire». «A supposer que Khalida Toumi ait échoué dans son projet, ce qui est loin d'être le cas, nous n'avons pas le droit de rééditer les mêmes erreurs», reprochent encore les observateurs. Est-ce un problème d'argent? L'Etat s'est montré généreux en débloquant un budget d'environ 500 millions d'euros pour l'événement.
La ministre elle-même a démenti tout retard dans le versement du budget alloué à la manifestation. En effet, une première enveloppe de 4 milliards de DA a été versée et la seconde d'un montant de 6 milliards sera affectée pendant le déroulement de l'événement. Des dizaines de pays arabes participeront à cette manifestation comme le Liban, l'Egypte, le Maroc, la Tunisie,... Ils se présenteront chacun avec sa culture et son théâtre, son cinéma, son art culinaire et autres savoir- faire. Avons-nous le droit de nous ridiculiser devant ces pays qui sont loin d'avoir la profondeur culturelle de Constantine? Qui veut offrir en spectacle la ville du roi Massinissa, du vénérable Cheikh Benbadis? Qui veut ridiculiser Cirta et son patrimoine culturel? Pourtant, Constantine qui a tant souffert de l'oubli et de la marginalisation a une opportunité inespérée pour s'offrir un beau lifting, en tirer profit aux plans économique et social, de cet événement.
L'échec de cette manifestation ne sera pas uniquement un revers de l'organisation mais c'est une manière de violer la mémoire d'une ville millénaire.


L'Expression - 22 février 2015

Que de projets en suspens

Par Chaabane BENSACI

Les préparatifs sont allés non pas bon train mais cahin-caha, des retards affligeants sont enregistrés à tous les registres.

Constantine, la cité fétiche de l'empereur romain Constantin 1er, capitale séculaire des royaumes numides depuis Massinissa à Jughurta, sans oublier Juba II, Constantine la ville chérie de la conquête arabe puis de la domination ottomane, Constantine dont les symboles ont transcendé les aléas du colonialisme malgré tous ses efforts pour la dominer et qui enfanta Ibn Badis et sa confrérie, Constantine capitale des arts et des lettres depuis des siècles et des siècles sera, ce mois d'avril, «capitale de la culture arabe»...
Cela fait plus de deux ans et des poussières que la ville fut désignée pour accueillir cette manifestation si prisée, si coûteuse et donc si enrichissante! Deux ans et demi que les commis de l'Etat ont eu pour mandat d'organiser, avec diligence, tous les apprêts, préparer et les infrastructures nécessaires et les manifestations requises, que ce soit dans le domaine du théâtre, de la musique, du septième art, de la danse, des costumes et j'en passe.
Le directeur de la culture local, commissaire de l'affaire en l'état, a eu, en théorie, du pain sur la planche, beaucoup de pain et sans doute nombre de planches. Le wali de Constantine, la ministre de tutelle, certes en exercice appliqué depuis un an et quelques mois, les armadas d'experts en ces matières qui ont le flair et le doigté pour se saisir de la moindre opportunité et en extirper le profit requis souvent, en-deçà des attentes et des termes du contrat, mais qu'importe, tout ce beau monde était censé s'inquiéter des étapes parcourues avant le jour J.
Or, les préparatifs sont allés non pas bon train mais cahin-caha, des retards affligeants sont enregistrés à tous les registres. Est-ce avec la fin des travaux du Zénith qu'on compte relever le défi d'une manifestation étalée sur une année entière, accueillant des milliers de personnalités non seulement culturelles et artistiques du Monde arabe mais également politiques? Est-il normal d'annoncer en janvier, soit trois mois seulement avant le coup d'envoi des cérémonies, qu'un chapiteau sera installé à la cité Ali Mendjeli?Et les hôtels classés que l'on devait bâtir pour la circonstance? Où seront hébergés les centaines d'invités de cette grandiose manifestation? Où va-t-on projeter les dizaines de films généreusement financés, comme à l'accoutumée, et dont la quasi-totalité ne sortira probablement jamais, puisque tel fut le cas en d'autres circonstances? Avec quels moyens fera-t-on face pour le transport de toutes les délégations et quel sera le bal des hôtesses dont on retiendra le listing en temps opportun?
Autant de questions, pour beaucoup sans réponse, si ce n'est quelques circonvolutions du genre «tranquillisez-vous, nous maîtrisons la situation». Mais le problème n'est pas là, car pour être tranquille, il faut être convaincu que la ville de Constantin a retrouvé son cachet, que ses rues sont propres et acquises à la circulation paisible, qu'on est en droit d'attendre une année durant, que ses trottoirs défoncés, un peu partout, ont un air de fraîcheur même circonstancielle et tant pis pour la pierre bleue détournée Dieu seul sait où.
Il n'est pas sûr, pas sûr du tout, que telle sera la donne aux dires de nombreux Constantinois parfaitement au fait de la réalité quotidienne de la cité et de ses alentours. Que reste-t-il dès lors, sinon croiser les doigts et prier, ardemment, pour que le pire ne soit pas allègrement franchi. Mais tout indique que l'année de la culture arabe à Constantine, sera aussi une pièce de théâtre à nulle autre pareille.


L'Expression - 22 février 2015

CE QUE PENSENT LES CONSTANTINOIS
"La ville a-t-elle besoin d'un tel événement pour être entretenue?"

Par Ikram GHIOUA

«Il faut de la volonté et des personnes compétentes qui connaissent l'aspect historique de la cité.»

Moins de deux mois de l'ouverture officielle de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe», un événement tant espéré pour certains, insignifiant pour d'autres et un mérite pour les plus conscients. Ça reste forcément une aubaine pour sortir la ville de son isolement, un épanouissement devant offrir une satisfaction culturelle mais surtout une veine pour l'image d'une ville qui perdait son rôle historique et touristique. Néanmoins, si beaucoup croient à cet événement, d'autres l'argumentent avec des critiques aussi bien objectives que subjectives. Pour Mohamed: «Ceux qui sont chargés de piloter la réhabilitation de certains monuments cultuels de Constantine, en prévision de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», ignorent totalement l'histoire de cette ville. La preuve: ils sont en train de dépenser un argent fou pour la rénovation de la Médersa, sise rue Larbi Ben M'hidi, que l'administration coloniale a créée dans le but de faire de l'ombre à El Kettania, véritable école d'où sont issus de nombreux nationalistes. A mon avis, on est en train de glorifier inconsciemment l'oeuvre coloniale. Cette médersa dont la réhabilitation a été confiée aux Chinois a formé des dizaines de fonctionnaires arabophones qui ont servi dans l'administration coloniale! Sa restauration est une bonne chose, mais à condition que ce soit fait en dehors d'un événement aussi médiatisé.» Mohamed a certainement raison; pourquoi avoir attendu cet événement pour penser à la réhabilitation de cette structure en l'intégrant dans une manifestation censée vanter la culture arabe.
Pour Saber, cadre universitaire: «Je ne m'attends pas à grand-chose, surtout que tout ce qui est historique a pratiquement été ignoré, cependant je pense que sur un autre plan, il était temps de sortir Constantine de son isolement. Malgré les efforts des pouvoirs publics, aussi bien sur le plan économique que social, on n'obtient rien de palpable qui soit en mesure de satisfaire le Constantinois devenu étranger dans sa ville!
Néanmoins, cette occasion si elle orientée dans le bon sens, peut contribuer à changer d'abord, les mentalités et quelques donnes comportementales qu'il faut booster.
La question qui se pose est comment les Constantinois vont s'adonner à cet événement dont il ne faut pas ignorer l'importance? A mon avis, c'est le cadet de leur souci à l'ombre d'une très mauvaise volonté et une absence de suivi. En somme, il n'y a pas une stratégie de travail sur le terrain, tout est fait de façon anarchique quand il s'agit des travaux dont certains accusent un énorme retard! Dans un langage plus courant je dirais que c'est du n'importe quoi! Mais j'espère toutefois que ça aura un impact positif sur la ville qui est supposée être touristique et historique s'agissant du patrimoine.
Maintenant, la question que je me pose est: Constantine avait-elle besoin de cet évènement pour être entretenue? De tout temps son entretien a été superficiel et occasionnel lors de visites présidentielles. Mon espoir est de voir un changement dans les mentalités, un respect de l'aspect historique de la ville et de son patrimoine, un respect pour son environnement et son urbanisme de plus en plus choquant et à sauvegarder son caractère de ville culturelle et touristique.»
Enfin, pour Meriem, une étudiante en architecture: «Je regrette l'état de la vieille ville qui reflétait bien une époque de Constantine, laquelle n'a pas été prise en considération et qui pouvait renseigner sur l'histoire de la ville. Elle part en fumée et c'est tout simplement un gâchis. Peut-être qu'on pourrait encore sauver quelque chose, mais il faut de la volonté et des personnes compétentes qui connaissent l'aspect historique de la cité».

La ministre de la Culture s'engage à couvrir d'éventuels manques financiers
Alors qu'il n'était pas question de rajouter un seul sous à la manifestation de Constantine, capitale de la culture arabe, dont l'enveloppe est de sept milliards de dinars comme rapporté lors d'une conférence de presse du commissaire Ben Cheikh El Houssin Samy, voilà qu'une bonne nouvelle vient soulager le staff du commissariat.
La ministre de la Culture s'engage à couvrir d'éventuels manques en cas de nécessité. Le montant sera puisé du budget du ministère. Le Premier ministre contribuera à la prise en charge de certaines dépenses supplémentaires, confie le commissaire, en exclusivité, à L'Expression.


El Watan - 26 février 2015

Constantine capitale de la culture arabe 2015 : Les bobards d'une manifestation de A à Z

A : Comme Aménagement.

Il a fallu des décennies pour que le centre-ville de Constantine bénéficie enfin d'un aménagement tant attendu. Une opération à planifier à long terme, mais la manne pétrolière de ces dernières années n'a pas profité à cette ville. La manifestation de 2015 devait être l'opportunité salutaire. Il n'en fut rien. Pour un budget de 8 milliards de dinars, la réhabilitation du centre-ville s'est avérée une catastrophe à grande échelle. On n'a qu'à voir ce désastre «planifié» dans les rues Didouche Mourad et 19 Juin 1965 et qui a coûté  49 milliards de centimes. La fameuse «réhabilitation des immeubles», qui a «bouffé» 3 milliards de dinars, n'a été que du badigeonnage, sans parler de la grande mascarade des trottoirs, des places publiques et des espaces verts.

B: Comme Budget.

Le nerf de la guerre étant l'argent, dans cette course contre la montre le budget nécessaire n'a pas été débloqué à temps. Un retard qui a énormément perturbé le lancement des projets. Etait-il possible de préparer une telle manifestation en une année, sans tomber dans la précipitation ? Surtout que la ville accusait un retard «préhistorique» en infrastructures culturelles et hôtelières. Annoncé il y a juste une année (avril 2014), le budget de 60 milliards de dinars est perçu comme une manne céleste qui a commencé à attirer les appétits les plus voraces. Le même sort a été réservé au budget des activités culturelles «libéré» quatre mois seulement avant le lancement de la manifestation, mais tronqué de 3 milliards de dinars. Austérité oblige, le gouvernement n'accordera finalement que 7 milliards de dinars.

C : Comme Commissaire.

Personne ne veut être à la place de Sami Bencheikh El Hocine. Le directeur général de l'ONDA s'est vu confier une mission ingrate et à risque. Celle de gérer un budget astronomique face à des sollicitations de toutes parts, mais aussi des appétits «gargantuesques» des «prédateurs» soutenus par des clans spécialisés dans les razzias. Le commissaire de la manifestation a reconnu lui-même qu'il est impossible de satisfaire tout le monde, même si «l'on finira par se faire des ennemis». Une justification qui n'a pas convaincu les acteurs constantinois, qui se sentent déjà mis à l'écart, alors que la fête se déroule chez eux.

D : Comme Désagréments.

Les Constantinois en connaissent sûrement beaucoup de choses. Depuis le lancement des travaux au début de l'année écoulée, c'est la débandade dans la ville. Des grues au Ciloc, des forêts d'échafaudages dans la ville, des clôtures métalliques un peu partout, des lieux publics transformés en ferrailles et décharges pour déblais, des passants qui reçoivent des tuiles et des pierres sur la tête en raison des chantiers non sécurisés, des escarmouches entre les travailleurs et les riverains, des piétons contraints de circuler sur la chaussée, le quotidien des habitants est devenu cauchemardesque. Ce qui n'est pas l'avis de M. Tebboune, le messie du logement en Algérie, qui soutient que les inquiétudes des Constantinois sont injustifiées. Lui qui n'a pas tenté de faire l'expérience en circulant à pied dans la ville, au milieu des Constantinois et non dans une voiture blindée.

E : Comme Escaliers.

La démolition de ce pan de l'histoire et du patrimoine architectural de la ville sera la tache noire de cette manifestation. Une véritable malédiction pour la ville. Pourtant, ces escaliers en pierre bleue, un matériau noble, ont résisté durant plus de 150 ans et ne demandaient qu'un entretien. Mais il est dit qu'une autre «bêtise humaine» sera commise, comme ce fut le cas pour la vieille ville en 2005. Finalement, les décideurs ont eu raison de la colère et de l'opposition des citoyens. Même le wali qui a la responsabilité de protéger le patrimoine de la ville est resté insensible aux appels des amoureux de cette cité. Le plus original dans cette triste affaire demeure la parade du DUC, Mehdi Lahbib, celui par qui le désastre est arrivé. Dans un reportage diffusé par la chaîne KBC, il lâche cette phrase apocalyptique  : «Koulchi yefna» (Tout est appelé à disparaître). Dans ce cas, pourquoi ne pas démolir le rocher Monsieur le Duc ?

G  : Comme Gré à gré.

C'est devenu un procédé systématique et généralisé au mépris de la réglementation et du code des marchés publics, au point de susciter des doutes et des interrogations, lorsqu'on sait que des entreprises se sont vu confier par «complaisance» des projets dépassant leurs aptitudes et leurs compétences. Les multiples visites du wali de Constantine ont révélé que des bureaux d'études étrangers n'assuraient même pas le suivi des chantiers. Certains n'ont plus donné signe de vie, après avoir décroché des projets à coups de milliards. Malgré toutes les largesses, l'on a assisté à une série de retraits injustifiés. Dans certains projets, c'est carrément la navigation à vue pour les entreprises de réalisation, comme ce fut le cas pour la mosquée Emir Abdelkader, ou pour le palais de la Culture Malek Haddad, où les autorités ont fini par faire appel aux Chinois pour sauver la face.

I : Comme Illumination.

Le projet qui devait être mené par «l'illuminé» architecte-lumière Alain Guillot a fait couler beaucoup d'encre. Cela a failli même tourner à l'illusion. Annoncé en 2012, le projet d'illumination de 30 sites entre immeubles et monuments historiques de la ville  avait suscité certaines critiques, surtout que l'idée n'était pas nouvelle, et elle avait été déjà proposée par des Algériens. Malgré les idées «lumineuses» de M. Guillot, le contrat qui devait être conclu avec les autorités est passé par des phases d'obscurité intenses, ce qui a failli coûter cher à son initiateur. Le projet, dont le montant n'a jamais été rendu public, demeure la grande inconnue de cet événement.

L : Comme Logo.

C'est le bobard le plus dur à avaler. Une histoire qui avait commencé par un concours ouvert à tous les artistes, mais qui finira par accoucher un dessin fade, moche, sans relief, sans inspiration et insultant pour le riche patrimoine culturel de la ville. Un logo qui se résume à une lettre de l'alphabet arabe (Qaf), conçu pour un million de dinars par une agence de communication algéroise accusée de faire dans le plagiat. C'est vraiment une offense à la manifestation elle-même. La tempête provoquée par des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux finira par faire sortir la ministre de la Culture de sa réserve. Le toilettage tant annoncé n'aura finalement pas lieu. Le fameux Qaf a fait de la résistance, et tant pis pour la création.

O : Comme Optimisme.

En octobre 2013, en pleine fougue des préparatifs, l'on avait annoncé que 60% des 74 projets seront prêts le jour J. C'est dire que l'optimisme était à son top. Quatre mois avant le lancement de la manifestation, personne parmi les plus optimismes ne pariait sur la réception d'au moins 10% des ces structures. Lors d'une émission radiophonique, le SG de la wilaya est allé même jusqu'à déclarer qu'il n'est pas nécessaire de réceptionner les projets à temps. Il suffira juste d'avoir une salle d'honneur pour accueillir les invités à l'aéroport, des hôtels de haut standing pour les héberger (heureusement qu'il y avait les Chinois au Marriott), et une salle de spectacles aux normes internationales. Le reste, il pourra suivre même en 2018, à l'instar de la bibliothèque urbaine et le Musée d'art et d'histoire de Bab El Kantara, mais aussi La Medersa et le Musée d'art moderne. 

P : Comme Pavillon des expositions.

C'est le grand bide de l'année. Mises en demeure, décisions de résiliation, interventions, l'histoire de ce projet est digne d'une véritable pièce tragi-comique. Chargée une première fois pour réaliser ce projet, l'entreprise chinoise CSCEC sera finalement éjectée au profit d'un bureau d'études algérien, en partenariat avec un groupement espagnol qui s'est montré défaillant en matière de respect des clauses du cahier des charges. Résultat : des mois d'attente et le projet restera toujours en suspens. Dans ce même volet, des projets annoncés en grande pompe il y a deux ans ont été complètement abandonnés. On n'a entendu aucun responsable parler du site de Tiddis, le Chemin des touristes, l'ascenseur de Sidi M'cid, le tombeau de Massinissa, le mausolée de Sidi M'hamed El Ghorab, mais aussi les centres culturels dans les communes et le théâtre de la ville d'El Khroub.

S : Comme Salles de cinéma.

Comment peut-on parler de culture quand on commet un crime contre la mémoire de la ville ? En septembre 2014, la ministre du Tourisme, Yamina Zerhouni, annonce la transformation de la Cinémathèque Cirta en restaurant. Une véritable bombe pour les amoureux du 7e art. On assiste à la disparition d'un monument du cinéma à Constantine. Pourtant, neuf mois plus tôt, en visite dans la ville avec son staff, Khalida Toumi, ex-ministre de la Culture, avait confirmé la reprise et la réhabilitation de toutes les salles de la ville, dont celles laissées à l'abandon après la gestion catastrophique de l'APC. Ce ne sera que de fausses promesses. Les salles obscures de la ville resteront fermées.  

V : Comme Vieille ville.

Une grande partie de la médina sauvegardée est déjà en ruine. Le plan de réhabilitation tant attendu s'est avéré un flop. Le programme réservé à certains sites, mosquées, zaouïas, maisons et autres pour un budget de 7,5 milliards de dinars fait face à d'énormes difficultés. Plus d'une année après le lancement des chantiers, les travaux piétinent, alors que dans d'autres lieux ils sont carrément à l'arrêt. Pendant ce temps, des maisons tombent les unes après les autres comme des boîtes en carton. Après des décennies d'abandon, la ville n'aura pratiquement rien à présenter à ses invités, sauf des vestiges pour les adeptes des lamentations.

Z : Comme Zénith.

C'est pratiquement la seule note de satisfaction dans le feuilleton des projets ratés. Une leçon de rigueur et de savoir-faire que les Chinois ont donnée aux entreprises locales. Pourtant, en deux ans, son budget passera de 2,5 à 8,5, puis à 11 milliards de dinars, soit cinq fois son coût initial. Trop cher avec 2000 euros/mètre carré. Une réévaluation qui renseigne aussi sur la manière avec laquelle a été menée l'étude. Mais peu importe le prix payé, surtout que ce «joyau» architectural, dont la réalisation a soulagé les autorités et la ministre de la Culture, sera le «cour battant» de la manifestation. Une vraie consolation qui fera honneur à la ville en ces temps de vaches maigres.    

Arslan Selmane


Le Temps d'Algérie - 2 mars 2015

Constantine, capitale de la culture arabe: les retards de certains projets n'affecteront par la manifestation (commissaire)

Les retards dans la réalisation de certaines infrastructures culturelles n'affecteront pas le programme élaboré pour la manifestation de "Constantine, capitale de la culture arabe 2015" dont le coup d'envoi est prévu le 16 avril prochain, a affirmé, lundi à Oran, le commissaire de cet événement culturel international.

Lors d'une conférence de presse au siège du quotidien "El Djoumhouria", M. Bencheikh Hocine a souligné que le riche programme élaboré dans tous les domaines artistiques "ne sera pas affecté par les retards accusés par certains projets", dont celui de la bibliothèque urbaine confronté au problème de vestiges romains découverts au site de son terrain d'assiette et ceux du musée d'arts contemporains et du palais des expositions.

Dans ce cadre, le même responsable a rassuré que les infrastructures prêtes peuvent combler ce déficit, soulignant que la salle "Zénith", dotée d'une capacité de 3.500 places et de deux étages pour les expositions, peut remplacer les espaces non encore prêts.

La plupart des infrastructures retenues, à l'instar de la salle "Zénith", le palais de la culture Malek Haddad, la salle Mohamed Laid Al Khalifa, le théâtre régional de Constantine sont prêts à abriter la manifestation qui mettra, une année durant, la lumière sur l'histoire de la ville antique de Cirta où 17 civilisations se sont succédé.

L'intervenant a également déclaré que les pouvoirs publics se sont engagés à rendre à la capitale de l'Est algérien son lustre de ville leader dans les domaines culturel et social dans la région. "Un défi qui sera relevé par la coopération et la compréhension".

L'ouverture de cette manifestation verra, le soir du 15 avril prochain au centre-ville de Constantine, une grande parade de 22 véhicules représentant les pays arabes et six autres (6) grandes villes d'Algérie, accompagnée de troupes folkloriques.

Plus de 80 artistes de différentes écoles des Beaux arts du pays prennent actuellement part à la confection du décor de ce défilé qui sera clôturé par des jeux pyrotechniques.

La cérémonie officielle, prévue le lendemain, verra la représentation de l'épopée "Iliade de Constantine", une ouvre de Ali Aissaoui avec la participation de 260 artistes de 23 wilayas du pays évoquant l'histoire de la ville de Constantine à travers les âges.

Concernant le programme élaboré, plus de 30 expositions artistiques seront organisées, dont la moitié consacrée au patrimoine matériel et les autres aux arts plastiques.

Une exposition sera consacrée au roi numide Massinissa et une autre aux Sciences arabes, mettant en relief les contributions et inventions d'ulémas arabes en médecine, physique, mathématiques ayant un grand impact sur la civilisation humaine.

Pas moins de 13 colloques sont programmés pour mettre en exergue l'histoire de Constantine, l'école d'Ibn Badis, la musique, la littérature, le théâtre dans la ville des Gorges de Rummel, de même qu'un colloque sur la pensée arabe avec la participation de chercheurs et universitaires du monde arabe et un autre sur la médecine.

Pas moins de 1.500 titres seront publiés durant cette manifestation revisitant les grands écrivains et romanciers algériens natifs de Constantine dont Malek Bennabi, Malek Haddad, Tahar Ouattar, Ahmed Réda Houhou et Kateb Yacine, a-t-on annoncé.

Au volet cinéma, il a été convenu la réalisation de 15 films dont six longs métrages, neuf (9) documentaires et courts métrages, entre autres, une ouvre sur l'école El Badissia.

Le deuxième anniversaire de la mort de la grande diva de la chanson algérienne, Ouarda El Djazairia, sera aussi commémoré en présence d'artistes algériens et arabes, a souligné M. Bencheikh qui a fait savoir qu'un accord est passé entre les commissaires des festivals de Timgad et Djemila pour permettre aux artistes algériens et arabes, participants à animer des soirées à Constantine et les wilayas voisines. En outre, des semaines culturelles seront dédiées à tous les pays arabes, a-t-on ajouté.

Constantine ne sera pas la seule concernée pars l'organisation de cette manifestation. D'autres wilayas limitrophes abriteront des colloques et des festivals, a-t-il souligné, ajoutant que toutes les wilayas du pays sont concernées par cet événement avec des artistes et hommes de lettres qui animeront des festivals, des expositions et des semaines culturelles de wilayas à Constantine.

A une question sur la probabilité de la venue de Fairouz pour animer la soirée d'ouverture, le commissaire de cette manifestation a répondu qu'aucun contact n'a eu lieu avec la chanteuse libanaise, soulignant que cela a été rapporté par certains médias algériens et Fairouz figure parmi les artistes que le commissariat compte inviter.


Algérie Focus - 3 mars 2015

Constantine n'est pas suffisamment préparée pour être "Capitale de la Culture arabe"

Lors d'une conférence de presse, tenue hier lundi, à Oran, Bencheikh Hocine, le commissaire de l'évènement "Constantine, capitale de la culture arabe 2015? dont le coup d'envoi est prévu le 16 avril prochain, a ouvertement déclaré que la ville de Constantine n'était pas suffisamment préparée pour accueillir un évènement culturel de pareille envergure.

Même si les préparatifs pour accueillir l'évènement "Constantine, capitale de la culture arabe 2015? prévu le 16 avril prochain vont bon train, le commissaire de cette manifestation culturelle a mis l'accent sur les nombreuses difficultés rencontrées par les organisateurs de cet évènement grandiose. « En matière d'infrastructures et de préparatifs, Constantine n'était pas préparé pour accueillir une manifestation aussi importante », a précisé lors d'une conférence de presse au siège du quotidien "El Djoumhouria", à Oran, Bencheikh Hocine.

Le commissaire, a précisé que "le riche programme élaboré dans tous les domaines artistiques ne sera pas affecté par les retards accusés par certains projets, dont celui de la bibliothèque urbaine confrontée au problème de vestiges romains découverts sur le site  et ceux du musée d'arts contemporains et du palais des expositions."

Affichant son optimisme vis-à-vis de l'état d'avancement des infrastructures dont la salle "Zénith", dotée d'une capacité de 3 500 places et de deux étages pour les expositions et qui peut remplacer les espaces pas encore prêts, le commissaire a assuré que les pouvoirs publics algériens sont en train de mobiliser tous leurs efforts pour rendre "à la capitale de l'Est algérien son lustre de ville leader dans les domaines culturel et social dans la région". "Un défi qui sera relevé par la coopération et la compréhension". A propos de la dilapidation de fonds pour parachever les préparatifs de cette manifestation, M. Bencheikh a souligné que les organisateurs ne demanderont pas à l'Etat de nouveaux fonds, mais que « pour préserver la réputation de l'Algérie, tout l'argent a été dépensé de façon raisonnable ».

Interrogé sur la démission de la chargée de communication de « Constantine capitale de la culture arabe », Souici Faouzia qui a démissionné officiellement de son poste le 17 février dernier, dénonçant le commissaire et son adjoint qui ont décidé de «flamber» 450 000 dollars en 20 minutes (commande confirmée par les Chinois) pour les tirs pyrotechniques, il a qualifié cela d'un «non-évènement», en demandant à la concernée de fournir des preuves pour confirmer ses propos, si toutefois elle en possède. Pour rappel, l'ouverture de cette manifestation se fera le 15 avril prochain au centre-ville de Constantine à travers une grande parade de 22 véhicules représentant les pays arabes et six autres (6) grandes villes d'Algérie, accompagnée de troupes folkloriques.

Nourhane. S.


Le Quotidien de Constantine - 4 mars 2015

Cirta lumière voit le jour !

Le projet d'illumination de l'antique Cirta voit la lumière. Longtemps évoqué, il est remis sur la table et ce en prévision des festivités marquant la manifestation culturelle arabe.  Plusieurs édifices culturels et religieux, parmi les plus emblématiques de la ville du Vieux Rocher vont être dotés d'un « système d'illumination festive » en prévision de la manifestation Constantine capitale 2015 de la culture arabe, a indiqué, hier,  le secrétaire général de la wilaya, Aziz Benyoucef. Les palais de la culture Malek Haddad et Mohamed-Laïd Al Khalifa, la grande mosquée Emir-Abdelkader et la Medersa, sont concernés par cette « mise en lumière » qui sera prête avant l'ouverture de la manifestation, a précisé ce responsable au cours d'une tournée d'inspection des différents chantiers ouverts pour cet évènement. Benyoucef qui a assisté, au palais de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa, à un exposé sur les techniques devant être mises en oeuvre pour cette illumination, a appelé les responsables chargés de cette action à travailler en coordination avec les équipes s'employant à la réhabilitation de l'édifice afin qu'il soit livré « rénové et illuminé » avant l'ouverture officielle de la grande manifestation culturelle. Les palais de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa et Malek-Haddad, la Medersa, la salle de spectacles de 3.000 places, l'esplanade réaménagée de la mosquée Emir-Abdelkader, les hôtels Marriott et Panoramic (réhabilité et modernisé) et le théâtre régional (restauré) font partie des structures devant être prêtes avant le 16 avril prochain, date du coup d'envoi de ''Constantine, capitale 2015 de la culture arabe''. Ainsi, à 40 jours du coup d'envoi du rendez-vous électoral, les choses s'accélèrent. Les services de la wilaya mettent le paquet pour être prêts le jour J. Dans ce contexte, le commissaire de la manifestation, Sami Bencheikh L'Hocine, a estimé, avant-hier, que les retards dans la réalisation de certaines infrastructures culturelles n'affecteront pas le programme élaboré pour la manifestation de « Constantine, capitale de la culture arabe 2015?.

Constantine en tant que leader socio- culturel dans la région

Lors d'une conférence de presse au siège du quotidien « El Djoumhouria » paraissant à Oran,  Bencheikh Hocine a souligné que le riche programme élaboré dans tous les domaines artistiques « ne sera pas affecté par les retards accusés par certains projets », dont celui de la bibliothèque urbaine confronté au problème de vestiges romains découverts au site de son terrain d'assiette et ceux du musée d'arts contemporains et du palais des expositions. L'intervenant a également déclaré que les pouvoirs publics se sont engagés à rendre à la capitale de l'Est algérien son lustre de ville leader dans les domaines culturel et social dans la région. « Un défi qui sera relevé par la coopération et la compréhension ». L'ouverture de cette manifestation verra, le soir du 15 avril prochain au centre-ville de Constantine, une grande parade de 22 véhicules représentant les pays arabes et six autres grandes villes d'Algérie, accompagnée de troupes folkloriques. Plus de 80 artistes de différentes écoles des Beaux-arts du pays prennent actuellement part à la confection du décor de ce défilé qui sera clôturé par des jeux pyrotechniques.

La cérémonie officielle, prévue le lendemain, verra la représentation de l'épopée «  Iliade de Constantine « , une oeuvre de Ali Aissaoui avec la participation de 260 artistes de 23 wilayas du pays évoquant l'histoire de la ville de Constantine à travers les âges.

K.N.


El Watan - 13 mars 2015

«Constantine, capitale de la culture arabe», le gouffre de l'argent public

A l'image du spectacle produit par l'ONCI, L'Epopée de l'Algérie, «Constantine, capitale de la culture arabe» continue à faire couler beaucoup d'encre. Des voix se sont élevées pour dénoncer la mauvaise gestion et la dilapidation des deniers publics. Enquête.

Malgré les 4 milliards de dinars, soit 16% du budget annuel pour 2014 alloué initialement par le ministère de la Culture à la préparation de «Constantine, capitale de la culture arabe», les travaux entamés ne seront jamais terminés en temps voulu. Ce sont les organisateurs, eux-mêmes, qui l'avouent. Les promesses faites par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, aux Constantinois, ne seront pas tenues.

Selon des sources locales, à l'exception de la salle Zénith, ce bijou architectural construit par les Chinois pour 11 milliard de dinars, dont la gestion a été exclusivement donnée par le wali de Constantine à l'Office national de la culture et de l'information (ONCI), les travaux ne dépasseront pas le cap d'avancement de 20% avant le début de la manifestation, le 16 avril prochain. Lakhdar Bentorki, directeur de l'ONCI et vice-commissaire de l'événement, rencontré dans son bureau à Alger, estime, sans donner plus de précisions, que le chiffre de 4 milliard de dinars n'est «rien» au regard de l'ampleur de l'événement.

L'expert algérien en politique culturelle, Ammar Kessab, a indiqué à El Watan Week-end, qu'un fonds exceptionnel a été créé pour la préparation et l'organisation de la manifestation. Selon lui, «ce fonds est de 7 milliards de dinars au titre de l'activité culturelle et de 11 milliards de dinars au titre des infrastructures et du patrimoine». Au total, ce sont donc 18 milliards de dinars qui sont gérés à la fois, par le ministère de la Culture et par la wilaya de Constantine. Suffiront-ils pour la réalisation d'un tel projet ? L'expert promet que «non» et que les surcoûts vont s'additionner jusqu'à avril 2016.

Corruption

A qui profite toutes ces sommes quand on sait qu'il ne reste de «Tlemcen, capitale de la culture islamique» qu'une manifestation d'entrepreneurs qui revendiquent encore leur dû ? Tandis que Lakhdar Bentorki estime «qu'il y a forcément un prix à payer quand on veut promouvoir la culture en Algérie», d'autres professionnels du secteur pensent que ce n'est qu'une opportunité de plus pour que certains puissent encore «dilapider» l'argent public.

«En gouvernance économique, la corruption est la seule chose qui pourrait expliquer l'incapacité de réaliser certains objectifs, pourtant modestes, explique Kessab. Aujourd'hui, le secteur culturel est considéré comme une assiette dans laquelle les éléments du régime mangent sans être inquiétés.» Autre argument soulevé par Fouzia Souici, ex-chef du département de la communication et ex-porte-parole officiel de la manifestation, qui a démissionné à la mi-février : le lobbying.

Ce groupe, elle le qualifie de «camp des prédateurs qui ont refusé sa proposition de créer un comité de veille et de surveillance des dépenses des deniers publics», en faisant référence au commissariat et à l'ONCI. Comme à chaque événement organisé par l'ONCI, des voix s'élèvent, démissionnent et dénoncent «la mauvaise gestion» et «les passe-droits».

Lors de «L'Epopée d'Algérie», spectacle organisé par l'ONCI avec la collaboration du ministère des Moudjahidine, dans le cadre de la célébration du 60e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération, le metteur en scène irakien, Jawad Al Assadi,  avait démissionné. Il a été suivi par le scénographe algérien, Ahmed Rezzak, qui a dénoncé, quant à lui, le favoritisme des étrangers dans l'attribution des marchés et la marginalisation des artistes algériens.

Lobbying

Où va tout cet argent ? Le directeur de l'ONCI tente de justifier : «Les repas, l'hébergement et le transport de 1500 personnes mobilisées pour l'événement coûtent très cher.» Ou encore : «Les 400 artistes qui participeront au spectacle d'ouverture percevront entre 200 000 et 300 000 DA chacun.» Mais personne parmi ceux qui dénoncent la gestion n'a présenté une preuve tangible qui l'impliquerait dans ce qui lui est reproché. Certes, ceux qui dénoncent connaissent la maison de l'intérieur, mais oseront-ils un jour présenter ces fameuses preuves ? Quant au lobbying évoqué par Fouzia Souici, plusieurs autres acteurs de la culture confirment.

Dans l'affaire des éclairages qui devaient embellir l'ancienne capitale berbère, Cirta, l'étude des travaux de plusieurs sites, comme le mausolée et le pont Sidi Rached, le palais de la culture Malek Haddad et la mosquée Emir Abdelakder, a été attribuée en 2013 au bureau d'études français Alain Guilhot Lumière. L'estimation soumise par Alain Guilhot, dont El Watan Week-end possède une copie, s'élève à environ 4,8 millions d'euros.

Les projecteurs et le matériel pour le plan lumière ont été réservés à BR Système, société détenue par Redha Bechichi qui ne serait autre que le fils de l'ex-ministre de l'Information, et ancien commissaire d'«Alger, capitale de la culture arabe 2007», Lamine Bechichi, limogé par l'ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, pour un conflit sur la gestion des 5,5 milliards de dinars alloués à l'événement. Ce projet d'éclairage n'a jamais eu lieu. Selon une source locale, l'entrepreneur algérien a tenté de «court-circuiter» le bureau d'études français, mais celui-ci a été rattrapé par son inexpérience.

Caracalla

Le projet a donc été «offert» à Star Lighting, une société chinoise qui avait pour mission l'éclairage de 25 sites et tracés protocolaires pour 15 millions de dollars, d'après l'avant-projet présenté par l'entreprise. L'intermédiaire de la société avec le wali de Constantine, Fatima Rahal, journaliste à la chaîne d'information chinoise CCTV et ancienne chargée de communication de l'ONCI, jointe par téléphone, précise que le coût a été renégocié et réduit à 4 millions  de dollars lors de la réunion des deux parties en décembre 2014.

«Les responsables de Star Lighting ont expliqué au wali que le projet n'était pas réalisable avant le 16 avril. Ils lui ont proposé de faire le tracé protocolaire, l'éclairage public de la ville et celui de 4 sites références avec l'aide de 20 spécialistes chinois et plus de 500 électriciens et travailleurs qualifiés algériens», précise Fatima Rahal.

Dernier rebondissement en date : le wali a décidé, sans prévenir, d'offrir à nouveau le marché à une entreprise «tunisienne dont le responsable est Libanais». Bentorki évoque la primauté des «relations panarabes !»  «Je ne cherche aucun conflit, mais je précise que je ne peux travailler avec les magouilleurs et les saboteurs du pays, précise Fatima Rahal.

Les citoyens de Constantine ont raté un grand projet qui changera l'image de leur ville.» Autre scandale qui couve : un feu d'artifice qui coûtera 450 000 dollars pour une durée de vingt minutes. Alors que Fouzia Souici a dénoncé des contrats dont les prix ont été gonflés, plusieurs artistes font ici le lien avec cette énième invitation à la troupe de chorégraphie libanaise de Caracalla par l'ONCI. Ils accusent Bentorki de servir «son ami» libanais au détriment des chorégraphes algériens.

Meziane Abane


El Watan - 24 mars 2015

Le Zénith des suspicions

Trois semaines seulement nous séparent du coup d'envoi de l'événement de l'année «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», et la feuille de vigne qui devait dissimuler tous les ratés de la préparation de la ville à cette «fête» semble se disloquer, ce qui risque de consumer la dernière paille à laquelle devaient s'accrocher les inconditionnels.

Il s'agit de la salle qu'on a choisi d'appeler Zénith et qui doit accueillir les spectacles d'ouverture, en présence des hautes autorités du pays et de nombreux invités de marque. L'infrastructure imposante et moderne, citée en leitmotiv dans la communication officielle comme symbole de la capacité de l'Algérie à relever les défis, souffre de malfaçons congénitales proportionnelles aux erreurs qui ont accompagné le processus de sa confection. Des erreurs qui font perdre à notre pays la bagatelle de. 160 millions d'euros, coût du projet.

Les autorités doivent des explications sur ce prix excessif d'une infrastructure qui, dans des conditions normales, aurait dû coûter beaucoup moins cher. Qu'on en juge : à titre de comparaison, le Zénith de Saint-Etienne, le dernier de la série et dont l'architecte semble avoir largement inspiré celui de Constantine, a coûté au Trésor français seulement 37 millions d'euros.

Le bâtiment signé par le grand architecte britannique Sir Norman Foster, offre une capacité de 7200 places, dont 5500 assises. Edifiant ! A Constantine, cette salle de seulement 3000 places, la plus chère au monde, n'est qu'un vulgaire hangar, regrettent des opérateurs du secteur du spectacle qui ont suivi les essais techniques, il y a une semaine.

Paroles de pessimistes invétérés ? Pas si sûr, car ces essais ont produit, la semaine dernière, un véritable clash entre les Algériens propriétaires du projet et les Chinois de la «drôlement célèbre» CSCEC (blacklistée par la Banque mondiale), maître d'ouvre. Les ouvriers chinois ont osé interdire l'accès au site pour faire pression sur les Algériens qui montraient des velléités de refus de réceptionner le matériel son et lumière, jugé insuffisant et inadapté par l'ONCI, futur gestionnaire de la salle.Si l'ONCI n'avait pas opposé son veto, le bureau d'études chargé du suivi et le maître d'ouvrage auraient bêtement accepté ce matériel.

Pourtant, cet équipement produit par une marque prestigieuse est effectivement inadapté. Pis, les essais techniques ont révélé aussi des malfaçons dans la toiture de la salle, qui ramènent la qualité acoustique au degré zéro. Le son augmenté pour simuler les conditions d'un concert de rock a, en effet, produit des vibrations effrayantes de la toiture et un bruit assourdissant à l'intérieur de la salle.

Inacceptable. C'est que le chapitre acoustique, qui fait toute la spécificité d'un équipement dédié à la musique, est totalement absent des tablettes des architectes algériens.  Ailleurs, un département d'acousticiens assurerait le suivi des travaux et disposerait d'un pouvoir régalien pour valider ou invalider les travaux. Et ce n'est pas fini. En termes de sécurité, le bâtiment souffre aussi de nombreuses tares.

Cela va des objets coupants et contondants placés en guise de main courante aux marches d'escalier dangereuses. «Les normes de sécurité n'existent pas en Algérie, si ce n'est dans le domaine du GSM. Les règles employées datent de 1978 et sont donc obsolètes. Le banc d'essai utilisé ailleurs comme étape incontournable dans la validation d'un produit est inconnu chez nous», explique Wissem M. architecte et professeur d'université.

Pour le cas de la salle de Constantine, il est inconcevable de réunir 3000 personnes sans assurer aux équipes de la Protection civile des espaces d'intervention. Voilà à quoi mènent le manque d'expertise et le règne de la corruption. Le bateau «Constantine, capitale de la culture arabe» prend l'eau de toutes parts et les discours lénifiants semblent consommés.

Nadia Labidi, venue hier à Constantine en «pompier», a curieusement annulé sa visite à la salle et a été tenue loin de la presse toute la matinée. Tout porte à croire que le projet d'inauguration de cette salle, prévu demain, est tombé à l'eau et que Abdelmalek Sellal ne viendra pas.

Nouri Nesrouche

L'Expression - 14 avril 2015

Constantine sous les projecteurs

Par Ikram GHIOUA

Longtemps oubliée, la ville des Ponts suspendus s'apprête à vivre des moments historiques.

En dépit des nombreuses manifestations qu'elle a abritées par le passé, c'est pratiquement la première fois depuis très longtemps que Constantine va «jouer» le premier rôle à la lumière d'un événement international de grande envergure. 22 pays arabes, 22 cultures et 22 identités seront invités à colorer le Vieux Rocher avec leurs symboles les plus porteurs à travers une multitude d'activités.
Soigneusement «habillée» pour la circonstance, même si des imperfections sur le plan du lifting ont été constatées, Constantine s'apprête donc à vivre des moments historiques.
Désignée «Capitale de la culture arabe 2015», elle aura à coeur de mériter ce titre glorieux qu'elle s'est décidée à investir dans la durée. La portée de la manifestation est universelle, elle est même humaine avant d'être culturelle, elle sera la voix des enfants de la Palestine, celle des Irakiens, des Yéménites, des Tunisiens, des Syriens.
C'est le compte à rebours, la pression monte, le stress s'est emparé des autorités qui ne connaissent presque plus le sommeil depuis une semaine.
L'enjeu de l'évènement est grandiose et seuls ceux sur qui repose la responsabilité en savent quelque chose. Constantine, de par son aspect touristique, est une ville historique, elle est plus ancienne que toutes les villes d'Algérie. Plus de 2500 ans feront de Constantine un berceau historique.
On l'appelle Cirta, Numidie, ville des Ponts, le Vieux Rocher ou encore la ville des Aigles, mais s'il y a un titre qu'elle a autant mérité, c'est d'avoir été choisie pour être la «Capitale de la culture arabe», sans la moindre crainte, d'être privée de son identité amazighe.

2000 policiers en renfort
Un dispositif sécuritaire impressionnant a été mis en place dans le cadre de cette manifestation. Plus de 2000 policiers tous grades confondus ont été appelés en renfort pour sécuriser l'évènement. Pour leur part, les forces de la Gendarmerie nationale ont engagé un réaménagement opérationnel à la hauteur de la manifestation pour assurer la protection des personnalités qui vont assister à la cérémonie d'ouverture officielle.
Le dispositif connaîtra des mesures adéquates devant répondre aux exigences de l'événement. Il s'agit d'un plan stratégique où des moyens de renforcement conséquents ont été mobilisés. Sur un autre chapitre relatif également à la sécurité, les forces de sécurité ont développé les capacités de surveillance avec l'emplacement des caméras dans toute la ville et au niveau de chaque quartier.
Une cellule commune du renseignement entre les trois corps de sécurité est déjà en activité. Ceux-là même sont appelés à coordonner toutes les informations. Le déploiement des éléments sécuritaires devrait enca-drer toute la wilaya. L'Iliade de Constantine portera sur une illustration des cinq grandes périodes historiques traversées par la ville depuis la Numidie jusqu'à l'indépendance en passant par l'avènement de la civilisation arabe et la présence ottomane. Le colonialisme évoqué dans cette Iliade introduit une étape charnière, laquelle a été écrite par le Dr Hamdi Abdellah et mise en scène par Ali Aïssaoui. Au moins 400 jeunes comédiens, venant de tout le pays, seront sur scène pour la présentation du spectacle, vêtus d'un habillement spécifique à chaque époque le 16 avril. Durant cette même journée, un autre spectacle aussi fascinant est prévu pour illuminer le ciel en l'invitant à prendre part à la fête. Il s'agit d'un spectacle aux feux reproduisant des figures thématiques algériennes, au niveau de l'aéroport en face du Zénith.
L'aspect populaire de la manifestation reposera sur un spectacle de rue, avec la participation de 22 pays arabes. C'est avec ce même nombre que des chars habillés avec les couleurs et symbole civilisationnel des pays.
Les chars défileront à travers la ville dans un esprit de partage et d'amitié traduisant les alliances et les traditions. Des troupes artistiques de jeunes danseurs accompagneront le défilé des chars qui portent les étendards, Royaume Hachémite de Jordanie, Emirats arabes unis, Royaume du Bahreïn, République de Tunisie, Djibouti, Royaume d'Arabie saoudite, Soudan, Syrie, Somalie, Irak, Sultanat d'Oman, Palestine, Qatar, Iles Comores, Koweït, Liban, Libye, Egypte, Royaume du Maroc, Mauritanie, Yémen.

Parade de l'amitié et du partage
Plusieurs sites de Constantine, au moins une dizaine, des plus importants seront mis sous l'influence des lumières. Cela va mettre en valeur les ouvrages, certaines habitations et les ponts. L'image qui sera lancée la veille du 16 avril, va refléter toute la beauté de Constantine qui éblouira forcément ses hôtes. Des lumières aux couleurs emblématiques en blanc, rouge et vert. Le décor de la ville est en plein chantier, les Constantinois commencent à sentir la fête et s'attendent à l'émerveillement.
Gardée jalousement par un Rocher, Constantine, la ville d'Ibn Badis retrouvera enfin la place qui lui revient. Longtemps ignorée et livrée à l'humeur de la nature, Cirta renaîtra pour respirer un nouveau souffle. Elle sera ainsi reconduite sur son trône de capitale. Durant toute une année, elle répondra fièrement à toutes les exigences historiques et culturelles pour rappeler à qui veut l'entendre qu'elle est l'un des berceaux des civilisations antiques. Le Centre culturel Al Khalifa qui a connu une transformation spectaculaire dans son esthétique abritera comme le Palais Malek Haddad et les universités de Constantine des colloques et séminaires internationaux sur l'histoire, la science et la culture, mais aussi scientifiques.
Plusieurs pays du monde occidental participeront à cette manifestation à leur demande, comme l'Espagne, la France et la Finlande, mais également la Turquie et l'Inde. Les pays participants viendront avec un programme aussi riche que l'évènement. C'est une aubaine sans prix pour le Vieux Rocher afin de renouer avec le tourisme. La ville a de quoi se vanter avec ses ponts, ses sites romains ses infrastructures singulières et sa beauté naturelle.

«Lumières sur le Rocher»
Constantine possède en plus cette particularité d'être le nid des traditions diverses, sa position stratégique la présente comme une fenêtre ouverte sur les quatre volets du pays. Non loin du Bassin méditerranéen, elle est considérée comme une porte aussi bien vers le sud, que vers le nord.
Vers l'est, elle s'ouvre sur les frontières tunisiennes.
Pour réussir cette fête internationale l'Etat a consacré 7 milliards de DA. Sur un plan plus technique, les travaux engagés ont connu des retards souvent pour des raisons objectives comme pour la bibliothèque. Le terrain proposé pour sa construction s'avère un abri de richesses archéologiques romaines.
Certaines opérations de restauration également qui demandent plus de temps pour préserver des acquis historiques, l'aboutissement des travaux ayant accusé du retard se feront au courant de l'année 2015.
L'on sait en tout que 10% des réalisations seront inaugurées lors de la visite officielle du Premier ministre Abdelmalek Sellal dont le Zénith qui va donner son premier show le 16 avril.


El Moudjahid - 15 avril 2015

Ouverture populaire de la manifestation « Constantine, Capitale de la Culture arabe 2015 » : 22 chars paraderont pour l'amitié et le partage

La ville des mille et une citations

C'est aujourd'hui que sera donné le coup d'envoi populaire de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015». Selon les organisateurs, les citoyens de la ville, de même que ses invités, assisteront à un spectacle haut en couleur, et surtout digne d'un événement d'une telle importance.

En effet, dès 15 heures, un cortège de chars portant les couleurs et les symboles visuels des 22 pays arabes participants, ainsi que ceux de 6 régions représentatives de l'Algérie (Alger, Constantine, Oran, Tlemcen, la Kabylie et le Sud), s'ébranlera du Chalet des Pins en direction de la gare routière de l'Est, située sur le boulevard de la Soummam, et ce en passant par le pont de Bab El-Kantara, puis en remontant l'avenue Larbi-Ben-M'hidi (Trik Jdida), l'avenue Aouati-Mostefa, le boulevard Kennedy et l'avenue Kouhi-Lakhdar (Djenene Ezzitoun). En plus des 22 chars, des délégations d'autres pays marqueront leur présence, à l'image de la France, l'Espagne, la Finlande, l'Afrique du Sud et la Chine. De même que de jeunes danseurs proposeront diverses chorégraphies en rapport avec la nature de l'événement.
Les chars de cette «Parade de l'amitié et du partage» seront par la suite exposés, durant toute la durée de l'événement, au niveau de la salle de spectacles d'Aïn El-Bey, et ce sur proposition de l'Office national de la culture et de l'information (ONCI), gérant de ladite structure.
À partir de 21 heures, dix sites parmi les plus emblématiques de la ville seront illuminés, ainsi que les ponts, à l'image de ceux de Sidi M'Cid, Sidi Rached et Salah-Bey, et des maisons anciennes.  L'ouverture officielle se tiendra demain à 20 heures, au niveau du Zénith d'Aïn El-Bey, en présence du Premier ministre, M. Abdelmalek Sellal, et des chefs des délégations arabes, lesquels assisteront, en compagnie des personnalités invitées, au spectacle  Malhamat Qasantina (l'Épopée de Constantine), regroupant une pléiade de jeunes artistes originaires de toutes les régions du pays et réalisé par Ali Aïssaoui.
À minuit, des feux d'artifice reproduisant des figures thématiques algériennes seront tirés à partir de l'esplanade l'université des frères Mentouri.
Issam B.

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Constantine de nouveau au rendez-vous avec l'histoire
La cité bimillénaire de Constantine, berceau  de la citadinité, a de nouveau rendez-vous avec l'histoire, jeudi, en devenant,  pour la première fois et pour une année entière, capitale de la culture arabe.  Cet honneur, la ville qui a vu naître l'imam Abdelhamid Benbadis, ne le doit pas au hasard, ni même, seulement, à son statut, reconnu de tous, de pôle culturel de premier plan, mais aussi à son envergure historique et son  cheminement à travers les âges. Un cheminement mouvementé, parfois très tumultueux,  souvent bouleversé par des faits d'histoire, mais toujours digne et parsemé  de bravoure et d'actes héroïques résultant du refus obstiné de tous les jougs  avilissants. En fait, même si l'on se plait aujourd'hui à évoquer une cité bimillénaire pour désigner la ville de Constantine, l'histoire du Rocher remonte à un million  d'années comme l'ont prouvé les objets sphéroïdiques à facettes découverts en  1945 sur le plateau du Mansourah, en même temps que des outils d'australopithèques.

Le refus de l'assujettissement
Si le site du "Caillou" a ensuite accueilli de nombreuses civilisations  qui ont toutes laissé des traces : numides, phéniciens, romains, byzantins,  arabes, turcs et français, il fut aussi le terreau de multiples résistances.  Celle de Hadj Ahmed Bey en 1836, celle des hommes du Fida (qui peut  oublier Messaoud Boudjeriou et ses camarades de lutte ?), celle de Zighoud Youcef à Condé-Smendou, celle de toutes les Constantinoises et de tous les Constantinois  qui refusèrent, à l'image de tous leurs compatriotes, de s'assujettir.  Solidement perchée sur un rocher abrupt et majestueux qu'elle a su dompter au fil des siècles, Constantine est aussi une terre de penseurs. Il serait fastidieux  - et quelque part périlleux - de vouloir les citer tous. L'évocation de Constantine  fait aussitôt penser à Abdelhamid Benbadis, fondateur de l'Association des oulémas  musulmans algériens et figure emblématique du réformisme musulman dans le pays.   Benbadis, l'homme qui revendiqua ses origines berbères remontant aux  Zirides et qui écrivit un jour d'avril 1936 "la nation algérienne n'est pas  la France, ne peut pas être la France et ne veut pas être la France". L'évocation de Constantine dirige aussi l'esprit vers Massinissa, fils  de Gaïa, le souverain unificateur tant aimé, Constantin 1er Le Grand dont la  cité du Vieux Rocher porte le nom, Redha Houhou, père du roman algérien d'expression  arabe, Malek Haddad, Kateb Yacine, Mohamed-Tahar Fergani, Ahlam Mosteghanemi,  Benjamin Stora, Taoufik Bestandji, Raymond Leyris, mais aussi, beaucoup plus près de nous, Hassiba Boulmerka, Ali Saïdi-Sief et tant d'autres.   

Cour battant du monde arabe envers et contre tout
Dans quelques heures, Constantine sera le cour battant de tout le monde arabe. Pour que la ville soit fin prête, pour qu'elle soit à la hauteur des attentes, pour qu'elle fasse honneur à l'Algérie, des femmes et des hommes ont sué, nuit et jour, dans un environnement - bizarrement - pas toujours bienveillant,  quelque fois ingrat, voire antagoniste.         
Tout n'est pas parfait, évidemment. Beaucoup (évidemment aussi) trouveront à redire sur chacun des édifices érigés pour l'événement. Cette grande manifestation - la plus importante que Constantine n'ait jamais organisée et vécue - n'a sans  doute pas fini d'alimenter de fielleuses polémiques. Mais l'histoire retiendra que Constantine - La - Monumentale, convoquée une nouvelle fois par l'histoire, aura, le 16 avril 2015, franchi toutes les vicissitudes, de la même manière que ses ponts ont franchi la Rhumel et relevé le défi par la seule grâce de la volonté des hommes.   
Yacine Loutari (APS)

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Un programme riche, prometteur et varié
Ayant mis l'accent sur différents volets de la culture et exploré tous les arts, le programme initial de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» semble prometteur, pour faire de l'ex-Cirta, un pupitre de la culture algérienne et celle des 22 pays arabes participants.  Le coup de starter sera donné ce soir, à partir de 19h, par une mégaouverture populaire. «La parade de l'amitié et du partage», qui constitue une procession de chars portant les couleurs et les symboles visuels des 22 pays arabes participants, ainsi que les six régions d'Algérie (Alger, Constantine, Kabylie, Oran, Tlemcen, et le Sud). La parade sera suivie par un spectacle lumineux intitulé Lumières sur le rocher et qui auréolera dix sites emblématiques de la ville, ainsi que les ponts suspendus, emblème identitaire de la capitale de l'Est.
L'ouverture officielle aura lieu demain en présence de plusieurs ministres, et ce à partir de 20h par un mégaspectacle intitulé Epopée de Constantine, une production de l'Office national de l'information et de la culture (ONCI) mise en scène par Ali Aïssaoui, avec notamment la participation de plus de 450 comédiens et chorégraphes sur les planches de la nouvelle salle de spectacle le Zénith. Des feux d'artifice illumineront le ciel de la ville du Vieux-Rocher reproduisant des figures thématiques algériennes, tirés à partir de l'aéroport en face du Zénith. Un riche programme est prévu également pour la journée du vendredi, en effet, où  la ministre de la Culture, Nadia Labidi, procédera au vernissage de deux expositions, la première sous le nom de «Le royaume numide», suivi d'une visite au tombeau de Massinissa, et la deuxième aura lieu à la nouvelle maison de la Culture Al-Khalifa sous l'intitulé les Manuscrits. L'Orchestre symphonique national (OSN) donnera un long récital le soir du 17 avril, avec la symphonie El-Wiam, sous la baguette du maestro algérien Amine Kouider, au Théâtre régional de Constantine.
L'inauguration du Salon national de l'artisanat et des produits traditionnels aura lieu le même jour au palais de la Culture Malek-Haddad, ainsi que l'ouverture d'un colloque national sur l'ouvre d'Abdelhamid Benbadis.  Au fil des jours, les activités culturelles se multiplieront quotidiennement ou à raison de quatre à cinq activités par jour, sans oublier les expositions qui durent plus d'un mois. Citons les nombreuses conférences qui seront animées par des docteurs et des artistes algériens et arabes, à l'exemple du colloque international «Les élites algériennes et le mouvement El-Islah», entre le 20 et 22 avril à l'université Émir-Abdelkader. Le cinéma algérien sera au cour d'une autre conférence le 3 mai à l'université Mentouri portant sur le parcours de la cinémathèque algérienne, avec un hommage aux pionniers du cinéma algérien. Le quatrième art sera également au rendez-vous avec une dizaine de productions, où nous citons l'Âne, pièce de théâtre adapté de l'Âne d'or, d'Apulée de Madaurc, premier roman de l'histoire qui tire ses origines de l'Algérie prévue pour le 30 avril, ainsi que la pièce Jugurtha, et Salah Bey, figures de proue de l'histoire de l'Algérie. De nombreuses expositions photographiques, plastiques et philatéliques sont au menu de cette manifestation qui durera une année, sans oublier les Journées culturelles de chaque pays arabe et de chaque wilaya de l'Algérie.
Kader Bentounès

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La ville des mille et une citations
Question à brûle-pourpoint, mais néanmoins demeurée pendante de longues années durant : comment l'Algérien d'aujourd'hui - précisément celui qui lit, les autres n'étant pas concernés - comment donc l'Algérien d'aujourd'hui pourrait-il, en l'espace d'une vie, lire et se pénétrer des ouvres innombrables ayant trait à son pays et accumulées aux cours des siècles ?
Il est - et sera toujours - difficile d'y répondre tant le volume éditorial concernant notre pays est énorme, voire colossal. Mais... peut-être est-il possible, malgré tout, d'avoir ne serait-ce qu'un maigre aperçu sur le parcours multimillénaire de la ville de Constantine, considérée à juste titre comme possédant l'un des plus anciens tissus urbains d'Algérie, voire d'Afrique du Nord et de Méditerranée ? Un trop modeste travail de synthèse vient pourtant d'être entrepris sur la ville en question, à travers non pas une sélection d'ouvrages complets - il faudrait, dans ce cas-là, être une véritable anthologie pour ce faire -, mais plutôt des extraits, puisés ici et là qui nous ont semblé significatifs, essentiels de quelques ouvrages clefs auxquels il est possible de se référer rapidement. Nous avons ainsi pensé que par ce biais, nous amènerions un certain nombre de lecteurs à s'intéresser davantage au patrimoine multidimensionnel que recèle la ville rupestre aux nombreux ponts. Cela dit, le passé n'est pas le seul à avoir trouvé place dans notre approche de la ville de Constantine. Nous n'avons pas cru, en effet, nécessaire de nous contenter seulement de citations d'ouvres d'auteurs anciens. Nous avons également ouvert les colonnes de cette page aux auteurs contemporains, pour certains d'entre eux encore vivants. Nous avons ainsi rassemblé quelques-unes des nombreuses citations évocatrices et des extraits d'ouvres diverses : littéraires, anecdotes et relations de voyage qui nous ont semblé posséder une valeur durable et dont les générations futures se souviendront sans doute volontiers. En fait, s'agissant plus particulièrement de Constantine, c'est sur la base même de la sphère culturelle maghrébine, voire nord-africaine à laquelle cette "inénarrable" ville appartient, que nous avons procédé. C'est donc de cette synthèse que nous avons tenté, dans la présente approche, qui ne peut être tout au plus indicative, d'être les interprètes fidèles.                                                          

Kamel Bouslama


Le Matin - 15 avril 2015

Constantine "arabe", une sauterie à coup de milliards de dinars

Décidément on ne recule devant aucune dépense, ni folie financière pour tromper son monde et faire accroire à une vie culturelle en Algérie.

Les autorités ont une conception clinquante de la culture. Le tape-à-l'oil, l'escroquerie de l'histoire en lieu et place de l'encouragement sérieux et sincères des artistes et des lieux de culture algériens. Entre le festival Panaf et Constantine capitale "arabe", il y a eu les 60 ans de l'indépendance que le pouvoir a oublié de célébrer avec tous les égards nécessaires à un événement pareil.

Les tenants de la politique culturelle sont d'impénitents récidivistes.

Au-delà de l'insupportable escroquerie de l'histoire dont relève l'intitulé de cette manifestation, et de l'insulte à l'antique Cirta, il y va ici aussi de l'argent dépensé et de l'absence d'une véritable politique de production culturelle en Algérie. Sept milliards de dinars sont mobilisés pour une manifestation culturelle dont les retombées directes sur la culture en Algérie sont très improbables. 700 milliards de centimes qui auraient pu améliorer la vie des Constantinois, voire permettre la construction de structures culturelles pérennes.

Alors que le contexte économique est des plus moroses, les autorités maintiennent leurs dispendieuses dépenses pour une manifestation qui n'aura qu'un très faible, sinon aucun impact pour les artistes et la production culturelle algérienne. La ville sera bien sûr liftée, sobrement rafraîchie pour la circonstance. Un coup de peinture par-çi, des nids-de-poule bouchés par-là. Pas plus. Les artistes moyen-orientaux auront comme souvent la part du lion et bénéficieront de tous les égards de la part des organisateurs.

Exemple : la star libanaise Nancy Ajram se produira le 21 mai à La coupole. Son montant révélé par El Khabar : 4 milliards de centimes. La somme sera répartie en deux tranches. La part du lion, soit 2 milliards de centimes pour la seule chanteuse. Et l'autre moitié pour son staff composé de 25 personnes. 

5000 gendarmes seront mobilisés pour assurer la sécurité de ce carnaval. Un réseau de barrages sans précédent sera tissé tout autour de la ville. Des milliers de caméras sont mises en place pour veiller sur la quiétude des carnavaliers. A quel prix ?

Que restera-t-il pour les générations futures de cette manifestation ? Rien, absolument rien. Hormis des caisses vidées au profit de chanteurs venus d'ailleurs.

Les milliards avec lesquels les autorités ont arrosé des artistes étrangers ne serviront qu'à leurrer un temps le public et chatouiller l'orgueil d'organisateurs soucieux beaucoup plus des apparences que d'établir un véritable politique culturelle pour les jeunes Algériens. Constantine se réveillera de cette sauterie avec la gueule de bois, car une fois le rapide lifting tombé, les Constantinois reviendront à leur quotidien et seront oubliés à leurs problèmes.

Qui se souvient du Panaf et les coquettes sommes qu'il a coûté ? Il sera de même de ce Constantine capitale "arabe".

Le désert avance, la culture recule.

Hamid Arab

El Watan - 15 avril 2015

Le centre-ville transformé en décharge

Les promesses des responsables de la ville de réceptionner dans les délais les travaux de réhabilitation du centre-ville, se sont fondues comme du beurre au soleil.

Hier, et à la veille du lancement de l'évènement culturel de 2015, le centre-ville offrait l'image d'une grande décharge à ciel ouvert. C'est le constat amer que les Constantinois ne cessent de faire depuis des mois. Ainsi, nous avons choisi de faire un tour dans les principales artères de la ville, en suivant l'itinéraire que devrait suivre aujourd'hui le défilé marquant l'inauguration des festivités.

Au point de départ de l'avenue Zaâmouche, les travaux semblent s'éterniser sur un tronçon, dont une partie demeure encore à l'état de piste, alors que des bouchons se forment à longueur de journée, rendant la circulation automobile infernale, notamment aux heures de pointe.

Au passage par le pont de Bab El Kantara, on notera l'état délabré des trottoirs, même si des groupes d'ouvriers ont été mobilisés pour nettoyer la chaussée, et donner un coup de pinceau à la rambarde. A la rue Larbi Ben M'hidi, principal axe de la ville, la chaussée poussiéreuse à été retapée à la hâte en plusieurs endroits. Le décor des saletés qui s'amassent depuis des jours sur des trottoirs défoncés, des eaux stagnantes et des échafaudages jetés dans les ruelles adjacentes, saute aux yeux.

«Dans certains immeubles, les travaux de peinture ont été complètement bâclés, alors que des entreprises ont été pressées de plier leur matériel, même si elles n'ont pas achevé ce qu'elles devaient faire», nous dira Hadj Aïssa, gérant d'un magasin de vêtements à la rue Larbi Ben M'hidi.

A proximité du lycée Soumia, l'image des ouvriers de l'entreprise de collecte des ordures renseigne sur l'ampleur des dégâts. Une dame de passage ne manquera pas de faire cette remarque : «c'est bien de nettoyer la ville, mais soyez sûrs que les déchets des commerçants vont encore s'amasser dès le lendemain».

Des déblais partout
Partout où l'on passe, des tas de déblais s'entassent sur la plupart des artères du centre-ville. Comme si les opérations de nettoyage annoncées par les autorités, et qui ont mobilisé des dizaines d'engins, ramenés des autres wilayas, se sont  avérées du pur mensonge. Il suffit de faire un tour du côté de la rue Bouali Saïd (ex-Casanova), la rue Maârouf Mohamed, située entre la rue Ben M'hidi et la rue Didouche Mourad, la rue Benchicou Saïd se trouvant à proximité de la Medersa, mais aussi du côté de Souk El Asser, et près du siège de la BNA à la place du 1er Novembre.

Mais la grande «catastrophe» a pour théâtre le fameux quartier de Saint-Jean, qui semble être complètement oublié. Déjà à l'entrée du boulevard Boudjeriou, les trottoirs n'ont toujours pas été achevés, mise à part quelques mètres près du siège du pôle judiciaire.

Le reste est resté à l'état depuis des mois. Au boulevard Belouizdad, ce sont carrément des dizaines de sacs de détritus qui trônent sur la chaussée et près des magasins depuis des semaines. Un décor qui se répète aussi au quartier du Coudiat, notamment sur les rues de L'indépendance et de la Liberté. «Et dire que les autorités nous ont promis de terminer les travaux dès le mois de mars, mais on n'a finalement rien vu venir ; on est condamnés à vivre cette situation pour longtemps encore», regrette un commerçant.

Cette situation agace encore les riverains, mais aussi les piétons qui continuent de circuler sur la chaussée, alors que les échafaudages s'installent dans la durée. Pour de nombreux Constantinois, l'opération en elle-même n'a été qu'un grand bluff, si l'on voit qu'un immeuble tout entier a été repeint, alors qu'il est encore en chantier.  

Arslan Selmane

TSA - 17 avril 2015

Les ratés et les attentes de Constantine, capitale de la culture arabe 2015

Par Amina Boumazza

Constantine a officiellement lancé hier soir sa grande année culturelle. 2015 sera donc celle du rayonnement de la culture arabe et de l'Algérie. Un rendez-vous que la ville des ponts, mais surtout le pays, ne doit pas rater. Pas seulement pour mériter une dimension internationale dans le monde arabe auquelle elle veut tant adhérer, mais pour impulser une réelle culture algérienne.

Il ne suffit pas de découper un ruban pour relancer la culture en Algérie. C'est sans doute ce que nous a appris l'ouverture officielle de Constantine, Capitale de la culture arabe. Tout le beau monde présent hier pour cette inauguration ne suffira pas à convaincre que Constantine a enfin sa consécration.

Nous pourrions vous raconter combien cette journée fut fastueuse, avec la visite de nombreuses infrastructures alliant modernité et tradition, construites pour cette occasion. Les milliards de dinars qu'elles ont demandés. Nous pourrions parler de cette cérémonie d'ouverture très solennelle, durant laquelle la langue et la culture arabe ont été mises en valeur. Ou encore de l'ambiance extraordinaire obtenue grâce aux milliers de Constantinois qui arpentaient les rues à cette occasion.

Nous pourrions également nous extasier sur l'attention internationale apportée au rocher. Un airbus A330-220 flambant neuf qui dépose sur le tarmac de l'aéroport Mohamed Boudiaf, une délégation de choix. Quasiment la moitié du gouvernement algérien, Premier ministre, ministre de la Culture, ministre des Affaires étrangères, du tourisme. Des hôtes de l'événement international comme de la pléthore d'ambassadeurs, ministres étrangers ou émissaires spéciaux envoyés par les 22 pays arabes participant à Qasantina 2015.

La moitié de la ville en chantier

Mais ce serait se limiter au côté élitiste de l'événement. Dans les coulisses, on remarque que Constantine est seulement à l'aune de devenir Capitale de la culture. La moitié de la ville est encore en chantier. Les grues creusent l'horizon constantinois. Les façades sont habillées d'échafaudages. L'air sent la peinture fraîche, et la poussière des rues ancestrales. Dans son message prononcé hier soir par  son conseiller Mohamed Benamar Zerhouni, le président Abdelaziz Bouteflika estime que la  « promotion de la culture constituait le meilleur et le plus efficace moyen d'éveiller le sentiment d'appartenance à une même nation ». Sauf que pour l'heure les Algériens ne sont pas réellement concernés par ce nouveau statut de ville monde culturelle. Eux ont eu le droit la veille à une belle parade lumineuse, dans une ambiance carnavalesque, avec comme seul loisir de se photographier devant la fameuse statue d'Ibn Badis avec femmes et enfants. Souvenir impérissable.

Consolider, ne pas bâcler

Constantine 2015 n'a donc pas commencé hier mais plutôt demain. Cette année n'est qu'un départ, et l'agitation autour du lancement officiel n'est gage de rien pour le moment. Espérons que son lendemain ne soit pas à l'image de l'organisation de l'inauguration. À vouloir trop bien faire, les autorités algériennes se prennent les pieds dans le tapis. L'envie est là en tout cas. Coup de peinture jusqu'à la dernière minute. On perce, on troue pour prouver que les Algériens peuvent avoir leur capitale arabe.  « Ils ont commencé au dernier moment, donc ils ont dû accélérer le rythme, jusqu'à la veille de la parade, ils ont du faire des travaux », explique une commerçante constantinoise qui a vécu au rythme des marteaux-piqueurs cette dernière année.

Dispositif de sécurité digne d'un état de siège

Un dispositif sécuritaire digne d'un état de siège mais qui ne parvient pas à s'organiser. Au point où des embouteillages monstrueux paralysent la ville et que même des journalistes sont empêchés d'accéder sur les lieux culturels, qu'ils étaient censés couvrir. Quant à la soirée d'inauguration, les discours à rallonge  en arabe classique et sans traduction pour les étrangers qui ne comprennent pas un mot d'arabe. Celui du Président qui a duré près de 40 minutes, n'aura pas été du goût de tous. La longueur et surtout l'incompréhension de la langue a fait fuir certains ambassadeurs et représentants officiels avant la fin du spectacle. Le lendemain encore on en parlait parmi les invités prestigieux, « le spectacle était beau, mais les discours surtout celui du Président étaient trop longs », soufflaient encore certains diplomates.

Beaucoup d'argent dépensé. C'est une certitude. À bon ou à mauvais escient ? Seul l'avenir nous dira si l'investissement en valait la peine. Si le somptueux hôtel Marriott amènera un tourisme haut de gamme. Si le Zénith de 3000 places accueillera régulièrement des spectacles. Enfin si les nouveaux lieux de culture seront le tremplin pour l'émergence d'une culture et d'un art populaire, poussant les Algériens de l'est à échanger et à devenir curieux.

Rendre à Constantine ce qui est à Constantine

Au-delà d'une inauguration ce sont les Constantinois qui doivent profiter de l'événement les années à venir. « Il ne faut pas oublier que nous vivons sur un rocher, nous sommes très fermés. Etre capitale arabe ça nous permettra de voir des étrangers, de nous ouvrir », estime une habitante. D'autres sont plus durs. « Un ami m'a dit qu'il aurait fallu changer la population avant de changer la ville », plaisante une Constantinoise, la cinquantaine, qui appelle ses concitoyens au civisme et à la valorisation de leur patrimoine, pour prolonger les effets de Qasantina.

Attente et manque de loisirs

En tout cas à Constantine, il y a une attente. Un peuple prêt à attendre pendant près de 5 heures sous le soleil tapant le passage furtif de son Premier ministre est forcément en demande de loisirs et d'attention. Comment leur donner envie ? Pas forcément avec de la grandeur ou du luxe, mais de manière simple et efficace.  « Nous attendons de voir les résultats sur l'année. J'ai entendu la ministre à la radio expliquer que tous les cinémas seraient réhabilités c'est ce genre de nouveautés que nous attendons. Nous manquons de loisirs. C'est pour ça que les jeunes traînent dans la rue », estime de son côté un jeune homme originaire de la ville.


El Watan - 17 avril 2015

Des architectes passionnés en colère

«Ce n'est pas en repeignant les façades qu'on fait ressortir l'histoire culturelle de la ville. Une véritable restauration aurait comme résultat de dire 'voilà sa culture, son histoire', or il y a eu juste un rapide maquillage de la cité, pas plus.» Othmane Touileb ainsi que ses camarades architectes «dissidents» sont en colère face aux «travaux d'aménagement» qu'a subi Constantine.

«Comment parler d'année culturelle alors qu'on détruit les repères culturels de la ville, ses souvenirs, ses mémoires», s'insurge Azeddine Belahcene. Au début des années 1970, raconte Belahcene, architecte militant et passionné de Constantine, Tahar Ouettar piqua une colère noire au célèbre café Nedjma quand on lui parla de virer les artisans de la vieille ville pour installer des commerce «plus rentables» ; de cette colère naquit en partie son El Zilzal ! «Je ne m'identifie plus à Sahat Chouhada (ex-La Brèche), je ne m'identifie plus à beaucoup d'endroits de ma ville», soupire Nordine Khelifa, président de l'association des architectes A25, qui énumère les catastrophes des opérations récentes. «Ils ne nous ont pas écoutés, ils nous ont pris pour des ponts dans la ville des ponts et sont passé par-dessus.

Et aujourd'hui, même le chef de projet de la restauration reconnaît qu'ils n'ont pas les moyens de réaliser le suivi des travaux», lance-il, expliquant que rien que dans les restaurations, le manque d'étude et l'abandon des constructions qui ont été décapées sous la pluie vont causer l'effondrement d'une bonne partie des vieux édifices. Sans parler du fait que «la destruction des réseaux de drainage, comme dans les rues Didouche Mourad et du 19 Juin, causera des affaissements dans moins d'un an»...

Les nouvelles réalisations aussi posent problème : «Le Palais de la culture, l'ancien garage Citroën qui a plus de cent ans, présente plusieurs fissures qui ont été cachées. Avec cette surcharge nouvelle, il y a danger, et même le CTC n'a pas été sollicité, alors que c'est cet organisme qui est garant de la responsabilité civile.» «Mais surtout, en quoi Constantine serait une capitale de la culture arabe si on ne met pas en valeur son héritage arabo-musulman ?, s'interroge l'architecte Ahcène Nefla. Où sont les mosquées, les fondouk, les zaouïas, etc. ?» «Parlons aussi du Zénith de 3000 places : a t-on vraiment besoin d'un tel équipement ? Qui va assurer sa maintenance ?

Combien ça va coûter ? Pourquoi est-il situé entre deux importantes servitudes que sont l'autoroute et l'aéroport ?», intervient Khelifa. «S'ils veulent vraiment sauver cette manifestation, faudrait aller vers les Constantinois et oublier le wali, aller vers les gargotiers et les artisans et leur demander de faire ressortir ce qu'ils ont de Constantine en eux, tranche Azeddine Belahcene. Constantine ce n'est pas du tout des édifices géants et flambant neuf, c'est les échoppes et les artisans, les cafés et les ruelles qui rappellent des souvenirs, le passage de Ouettar ou d'un autre écrivain. La culture, ce n'est pas un énième concert de Mohamed Tahar Fergani, c'est plutôt écouter du Fergani assis dans un vieux café qui a une histoire, une mémoire. Et cela, ça ne coûte pas des milliards...»

Adlène Meddi


El Watan - 29 avril 2015

Engouement et grande ferveur sur le Vieux Rocher


Exposition à la maison de la culture El Khalifa

En dépit de toutes les polémiques nées suite aux couacs de l'organisation de la fameuse Malhama de Constantine à la salle Zénith, avec les accusations échangées entre le responsable du commissariat de la manifestation et celui de l'ONCI, et toutes les chroniques journalistiques qui s'en suivirent, le public constantinois, qui semble ne plus accorder beaucoup d'importance à ce débat, a montré par contre un grand engouement pour les activités programmées depuis l'inauguration de l'événement culturel, le 16 avril dernier. Le rush des Constantinois vers la salle au lendemain de la cérémonie d'ouverture renseigne sur le vif intérêt pour toute activité culturelle dans une ville sevrée de ce genre d'événement depuis de longues années.

Il fallait voir aussi les longues files qui se formaient chaque jour devant le palais de la Culture Mohamed Laïd Al Khalifa, situé à la place des Martyrs, en plein cour de Constantine, devenu la destination privilégiée des mélomanes et de tous les curieux. «C'est bien de choisir ce lieu, car il arrange mieux les simples citoyens ; en plus, cela nous permet d'avoir des informations sur le programme de la manifestation», explique Saïd, enseignant dans un CEM. Au vu du grand monde qui s'attarde devant les différentes expositions organisées, on a l'impression que les gens ne veulent rien rater de cette manifestation.

Expositions consacrées au «Royaume Numide»

Cela s'est vérifié surtout lors des expositions consacrées au «Royaume Numide», aux «Manusrits» et à «la rétrospective de l'artiste Kamel Nezzar». Cela s'est vu également à l'occasion de la semaine culturelle des wilayas de Tipasa et Tamanrasset, où la salle des spectacles était archicomble.

«Des dizaines de familles, dont certaines sont venues des wilayas limitrophes, mais aussi des centaines de jeunes sont venus assister aux concerts de Amel Zen et des troupes targuies Imzad et Imerhene, ceci sans parler de ceux qui n'ont pas y assister faute de places, ce qui nous a créé des problèmes pour contenir ce beau monde», nous confie un des organisateur au palais Al Khalifa.

Hier, dans le même palais Al Khalifa, la Semaine culturelle de la Palestine a attiré un monde fou, au point où la délégation palestinienne a trouvé des difficultés pour satisfaire toutes les curiosités.

Si pour le public cette manifestation était la bienvenue pour les faire sortir de la routine qui les tue au quotidien, le reproche est fait pour les responsables chargés de la programmation, car jusqu'à présent il n'y a aucun canal de communication fiable et efficace qui puisse permettre aux Constantinois d'être informés sur les différentes activités.

«Pourtant, les supports publicitaires existent, mais ils sont inexploités ; par exemple, pourquoi a-t-on installé un écran géant à la place des Martyrs et qui demeure toujours éteint, au lieu de l'utiliser pour afficher les programmes de la manifestation ?» s'interroge Riadh, étudiant universitaire.

La question demeure encore posée, surtout que ni le commissariat de la manifestation, ni l'ONCI, ni même la direction de la culture de la wilaya n'ont pu (ou ne veulent pas) accorder leurs violons et dépasser les mésententes pour assurer la réussite de l'événement, du moins pour le moment.

Arslan Selmane


Liberté - 4 mai 2015

Capitale de la culture arabe depuis une semaine
Cirta a-t-elle été au rendez-vous ?

Voilà plus de 10 jours que "Constantine, capitale de la culture arabe 2015" a été lancée, rassemblant quelque 10 000 personnes dans les vieilles rues de l'antique Cirta. Les chars de "la parade de l'amitié" surmontés des symboles des 22 pays arabes, fendaient alors une foule en liesse. À l'image de la soirée d'inauguration qui a eu lieu le 16 avril, en présence du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et quelques représentants de diplomaties étrangères, d'autres manifestations, organisées durant la première semaine de la manifestation, ont relevé le défi de réunir les Constantinois, même si d'un point de vue artistique, on avait relevé, ici et là, quelques déceptions relatives notamment au manque de créativité. Néanmoins, ce genre d'événements gratuits et populaires a eu le mérite de révéler l'engouement, longtemps étouffé, des Constantinois, même si cet intérêt soudain relève plus de la curiosité que d'une passion tardive pour l'art et la culture. Dans les faits, la manifestation "Constantine capitale culturelle arabe 2015", renforcée par la nécessité de faire sortir la culture de son hibernation, a contribué à la réappropriation de l'espace public, par les habitants, dans une ville où il n'y avait aucune tradition de grandes expositions culturelles, contrairement à Alger. L'enthousiasme des Constantinois a, en effet, progressivement pris le pas et ressuscité une vie nocturne longtemps absente. Mais pas seulement, la capitale culturelle est le premier projet à caractère métropolitain. Plusieurs activités sont organisées dans les wilayas de l'Est, à l'image des semaines culturelles arabes et locales.
Aux côtés de ces activités hétéroclites, on aura également réussi à impulser quelques nouvelles infrastructures dans la ville du Vieux rocher. Elles ne seraient peut-être jamais sorties de terre, sans cette manifestation culturelle. La plus importante reste la salle du Zénith, construite sur les hauteurs de Zouaghi et baptisée salle Ahmed-Bey. Viennent ensuite les projets de rénovation du centre culturel Malek-Haddad et le palais de la culture Mohamed-Laïd-El-Khalifa, même si ce dernier est toujours en cours de travaux. Ce contretemps n'a, cependant, pas empêché l'exposition rétrospective consacrée à l'artiste Kamel Nezzar  de connaître un franc succès. De même pour l'exposition "Les manuscrits".

Les envoyés spéciaux de France 24 et TV5 plient bagage dès la première nuit !
Si en termes d'affluence, les organisateurs de la manifestation "Constantine capitale de la culture arabe 2015" peuvent s'en féliciter - même si nous ne sommes qu'à la première semaine - il n'en demeure pas moins que des ratés, il y en a eu également. Certains événements annoncés en grande pompe n'ont toujours pas vu le jour. La raison est que les bâtiments devant les abriter sont toujours en travaux.
De même pour les infrastructures hôtelières dont certaines sont toujours en réhabilitation et ne seront livrées qu'à la fin de l'année en cours.  Seul l'hôtel Marriott a ouvert ses portes. durant trois jours et a aussitôt fermé.
Aussi, contrairement aux invités d'honneur logés à bonne enseigne, les quelque 200 journalistes locaux et autres envoyés spéciaux, eux, se sont retrouvés dans la rue dès la première nuit. C'est le cas des équipes de télévision des chaînes françaises TV5 et France 24.
Ces dernières ont dû plier bagage et rentrer chez elles - le jour même de leur arrivée - car à l'hôtel Ibis où elles devaient être hébergées, il n'y avait plus de chambres. Selon le directeur du département de la communication du commissariat, Kamel Belkacem, les hôtels opérationnels avaient tous été réquisitionnés par la wilaya, ce qui a créé une véritable anarchie, à cause de désaccords insolubles entre le commissariat de l'événement et l'Onci. D'ailleurs, les représentants de ces deux institutions, censées cohabiter, n'ont eu de cesse, depuis le lancement de la manifestation, de défendre désespérément, chacun de son côté, leur bilan par médias interposés. Mais l'événement le plus particulièrement navrant de cette première semaine reste la statue d'Ibn-Badis exposée en plein cour du centre-ville. Offerte par un promoteur, elle aura suscité l'indignation non seulement des habitants du Vieux rocher, mais aussi de la famille du allama, et qui voyaient en cette représentation "minimaliste et honteuse", que du mépris envers cette figure emblématique du mouvement réformiste musulman.
Enfin, les visiteurs venus des quatre coins du pays, ainsi que des pays arabes, doivent composer avec des bouts de trottoirs manquants, des routes abîmées, des amas de déchets et prendre garde à ce que le ciel ne leur tombe pas sur la tête, car la ville. est toujours en chantier.

L. N.


El Watan - 5 mai 2015

Qassantina 2015
Des annulations sans préavis

Nous ne sommes qu'au début de la manifestation Constantine capitale de la culture arabe 2015, et voilà que déjà des événements sont déprogrammés. Tel était le cas jeudi dernier.

Des mélomanes constantinois et autres venus des quatre coins du pays ont fait le déplacement spécialement pour assister au concert de jazz prévu le 30 avril. Les intéressés avaient vu l'annonce sur le site web de la manifestation Constantine capitale de la culture arabe 2015 quelques jours avant la date convenue.

Hélas, la salle Ahmed Bey (Zénith) était déserte, car le spectacle a été annulé et aucun événement n'a eu lieu, ce qui a suscité l'ire des Constantinois et ceux venus de loin, qui ont dû rebrousser chemin après un long voyage. Des musiciens biskris ayant fait le déplacement ont été surpris de voir le désert sidéral régner dans le Zénith.

Ce qui a amplifié la déception générale, c'est qu'aucune explication concernant cette annulation n'a été donnée, ce qui a été perçu comme un mépris de la part des organisateurs. La date du 30 avril coïncide avec la Journée internationale du jazz, et les gens ont fait le déplacement particulièrement dans l'espoir de trouver une scène digne de la réputation de la ville, connue par son festival international de jazz, le Dimajazz.

Mais à quoi est due cette déprogrammation ? Il s'agit clairement d'un manque de communication entre le comité exécutif du commissariat de la manifestation Constantine capitale de la culture arabe 2015 et les différents départements de l'organisation, car ce n'est pas le premier événement dont la programmation a été annulée : pièce théâtrale annulée, concert reporté, exposition qui change de lieu.

Constantine n'est qu'au début de la manifestation et les gens se sentent un peu perdus. Les différents départements du commissariat doivent manifestement accorder leurs violons et une mise à jour du programme affiché sur le site web ne ferait que du bien au public potentiel.

Ilhem Chenafi


L'Expression - 25 octobre 2015

Constantine: le chantier permanent

Par Ikram GHIOUA

Sept mois déjà depuis le début de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe». Quel est le bilan à faire? Comment les Constantinois vivent cet évènement? Et que peuvent-ils espérer des cinq mois qui restent? La situation n'est guère celle qu'on souhaitait! Plusieurs travaux sont à la traîne, des trottoirs impraticables, ne semblant pas gêner les autorités locales qui ne se soucient même pas de l'image d'une ville qu'ils représentent et dont ils sont responsables.

Un vrai gâchis, notamment quand on constate que certains travaux lancés à 15 jours de la manifestation sont en veille. Il s'agit des opérations de réhabilitation des immeubles du centre-ville, des routes et accès entre les cités, de certains hôtels comme le Panoramic devant être réceptionné en septembre, que dire de l'hôtel Cirta dont les travaux n'avancent pas. La cité Kadour Boumedous qui devait connaître aussi une réhabilitation, les travaux sont à l'arrêt depuis la chute mortelle de deux jeunes ouvriers. C'est dire que rien ne va plus sur ce plan. Le chef de l'exécutif se donne beaucoup de peine pour gérer la situation, mais nul ne répond à ses instructions. Des visites sont programmées parfois deux fois par semaine, mais ça bloque toujours.

Exit les Constantinois
Les entrepreneurs à qui on a confié la réalisation de certains projets ne sont pas en mesure d'assumer leur rôle, par incompétence et c'est souvent le cas, mais aussi par inadvertance. L'on constate aussi la saleté de la ville. Le manque d'incivisme des citoyens qui n'ont pas la moindre honte à jeter leurs ordures partout, ignorant que la ville reçoit des invités de qualité, mais c'est aussi la faute aux services concernés qui n'ont aucun problème à voir la ville sale, manquant d'apporter une réflexion à cette absence d'hygiène. Un comportement d'incivisme devrait être pénalisé, mais on n'en est pas encore à ce stade de civilisation. Sur un autre chapitre, relatif aux manifestations culturelles, l'on constate que la population demeure en marge de ce qui se passe.
On n'arrive toujours pas à expliquer le retrait des Constantinois par rapport à une manifestation d'une dimension internationale! Dans la rue beaucoup accusent le manque de communication, pour eux l'information ne passe pas, sinon que très rarement. Concernant par exemple les évènements organisés au niveau de la grande salle de spectacle Ahmed Bey, les responsables sont contraints d'amener en bus des étudiants depuis leurs résidences universitaires pour remplir la salle constamment vide. Ce qui se passe à Constantine comme manifestation est inaperçu. Par contre on retrouve un site qasantina2015.org, qui rapporte régulièrement des informations sur les évènements et une revue «Maqam» dont le dernier numéro date du mois d'août qui met en valeur les artistes qui se sont produits dans le cadre de «Constantine, capitale de la culture arabe», variant ses articles, entre le cinéma, le théâtre en passant par la musique.
Le prochain numéro en cours de validation par le commissaire de la manifestation, Sami Bencheikh est prévu dans les quelques jours à venir. Mais autrement dit, on s'aperçoit que la population est de moins en moins impliquée. Nous avons rencontré quelques citoyens dans la rue qui sont tous d'accord pour dire qu'ils sont déçus et qu'ils attendaient plus de cette manifestation. Certains ont même préparé leurs demeures pour accueillir des invités venant d'autres pays. Mais les choses ne se passent pas comme on le souhaitait.
Pour Nabil «il y a comme une absence d'enthousiasme, pour cette manifestation, pourtant méritée par une ville comme Constantine, vu son histoire, son patrimoine, ses vestiges et sa situation géographique qui lui donne le droit d'être une ville particulière», Besma pensent que «les autorités locales semblent désintéressés, à l'exception de l'ouverture qui a été extraordinaire, l'on sent que tout s'est produit le 16 avril et puis plus rien après. L'on sent comme un malaise, hormis les visites du ministre qui donnent un plus aux évènements, rien de bien particulier qui peut renseigner que la ville vit une grande fête internationale». Tout résume au fait que la culture est un comportement et c'est exactement «ce comportement» qui est remis en cause.
Le manque de motivation en serait-il la cause? Cependant, quelle en est la cause dès lors que l'on a l'impression que la manifestation ne concerne qu'une poignée de personnes? Difficile de répondre à la question quand on ne trouve pas des personnes capables de répondre à cette attente. Cette déception pensent certains est due également à la population qui n'est pas intéressée. L'Etat a consacré 700 milliards de centimes pour la manifestation, afin d'assurer une bonne couverture, dont la prise en charge des invités, cet argent devait aussi servir de l'avis des citoyens de mener des campagnes de sensibilisation pour motiver les Constantinois et certes, pour les impliquer, néanmoins ces derniers refusent de vivre pleinement cet évènement. La société civile décide de boycotter la grande salle de spectacle. La cause est liée au comportement des agents de sécurité qui brutalisent les citoyens. Les hommes et femmes de culture connus dans la ville décident de répondre uniquement à des manifestations «du goût» faisant la distinction parfois arbitraire entre telle et telle wilaya lors des semaines culturelles, alors que celles-là sont censées apporter un plus à la capitale de la culture. Est-il trop tard pour rattraper le coup? Que peut- on espérer à l'avenir? Comment intéresser le citoyen à cette manifestation qui est la sienne? Il ne reste que cinq mois pour la fête, pour tout rattraper cela paraît impossible, mais du moins on doit faire l'effort pour engager les Constantinois. C'est une question de finalité autrement dit y introduire un objectif pour la manifestation.

La société civile boycotte
Car ce n'est pas une question relevant de l'organisation des spectacles musicaux, de production des pièces de théâtre ou de parler seulement du cinéma, encore moins de programmer des fêtes où l'on échange des cadeaux. L'objectif est de faire de cette ville une destination aussi bien pour les étrangers que pour les Algériens, de partager une culture, de créer des canaux de communication et surtout de faire de cet évènement une expérience devant servir d'exemple à l'avenir à d'autres villes de l'Algérie et pourquoi pas à d'autres pays. Pour atteindre cet objectif, c'est l'effort de tous qui est souhaité.
Le commissaire de la manifestation l'avait exprimé à chaque fois soulignant que «seul, je ne pourrai pas atteindre l'objectif souhaité de cette manifestation», rassurant, qu' «il ferait de son mieux pour être à la hauteur de sa responsabilité». Pour sa part, le directeur de la culture au niveau de la wilaya de Constantine Djamel Foughali, présent à toutes les manifestations a fourni tous les efforts pour réussir à apporter un plus à Constantine, lui qui se prépare à accueillir des troupes du malouf venant d'Espagne, de Belgique, du Liban, de la Syrie et de l'Irak pour ne citer que ces pays, dans le cadre du Festival international du Malouf qui est à sa neuvième édition. Cette année, le festival est programmé sous l'égide du commissariat de «Constantine, capitale de la culture arabe». De son côté, le ministre de la Culture avait constaté une défaillance dans la communication et avait déclaré lors d'une conférence de presse que cette défaillance sera rattrapée.
L'on espère toujours cette étincelle qui va tout changer !